Dans le livre des Actes des Apôtres et particulièrement dans les épîtres de Paul, , nous voyons que l’intercession tenait un rôle primordial dans l’assemblée des croyants. Car l’intercesseur, dans la langue grecque, signifie celui qui « se tient entre » D.ieu et ceux qui méritent sa juste colère et son jugement. L’intercesseur est celui qui tend ses mains vers D.ieu et fait appel à sa grâce pour manifester sa miséricorde envers ceux qui « ne savent pas ce qu’ils font ». Jésus à la Croix, a poussé à l’extrême, sa position d’intercesseur, entre D.ieu et nous.

Jusqu’à son dernier souffle, sur la Croix, Il a intercédé en notre faveur en se livrant à l’ignominie de la Croix pour porter nos iniquités et nous racheter de la puissance de la mort et du péché.

Dans l’Ancien Testament, les intercesseurs ont toujours été ceux qui entretenaient une intimité profonde avec Dieu.

Un des premiers grands intercesseurs fut Abraham. Au chapître 18 de la Genèse, Abraham va tenter de « négocier » avec Dieu pour sauver la ville de Sodome, sachant que son neveu Lot habite avec sa famille dans la cité. Abraham connait la justice de Dieu et il sait que Dieu ne veut pas punir le juste dans la ville, en même temps que le méchant. Finalement, Abraham arrive à son dernier défi: « Et s’il n’y avait que dix justes dans toute la ville, l’épargnerais-tu pour ces dix ? » Et le Seigneur se se laisse fléchir et affirme qu’il l’épargnerait !

 Moïse, qui était l’ami de Dieu, était aussi un remarquable intercesseur. Sur le Sinaï, (Exode 32:30-32) Moïse apprend par Dieu, que le peuple, lassé d’attendre son retour, demanda à  Aaron de lui fabriquer un veau d’or, et il en fit un dieu et l’adora, au milieu des chants et des danses. Dans sa colère, Dieu propose à Moïse de supprimer ce peuple, pour refaire un peuple qui le serve, à partir de Moïse et de sa famille. Moïse qui se tient entre Dieu et Israël, va refuser, en faveur du peuple.

 Lorsqu’il redescendra pour constater l’infidélité d’Israël, Moïse retourne vers l’Eternel et dit : »Ah, ce peuple a commis un grand péché. Ils se sont fait des dieux d’or. Pardonne maintenant leur péché, sinon, je t’en prie, efface moi de ton livre que tu as écrit ». Voilà le véritable intercesseur ! Il dit ceci à Dieu: »  Dieu, ils méritent que tu les frappes, pardonne leur sinon Seigneur, fais venir leur jugement sur moi ».

L’intercesseur est toujours celui qui se tient entre  D.ieu et l’objet de sa juste colère. En rappelant cet anecdote, le Psaume 106 précise que: « Moïse son élu, qui se tint sur la brêche devant lui, pour détourner sa fureur et l’empêcher de les exterminer. »

Moïse se tenait à la brêche commise par le péché du peuple de Dieu, et il disait ceci: « je bouche le trou. Ton coup ne peut tomber sur eux sans tomber sur moi ».

De nouveau, après la révolte de Koré, le peuple va murmurer et reprocher à Moïse et Aaron d’avoir fait mourir le peuple de l’Eternel. La nuée va couvrir la tente de la rencontre. Moïse et Aaron vont se tenir devant la Tente de la Rencontre. L’Eternel leur ordonne de se retirer du milieu de la communauté afin d’exterminer le peuple en un instant.  » Ils tombèrent face contre terre » ( Exode 32: 41-45).

Nous voyons là, la position de l’intercesseur : prostré la face contre terre, sachant que le jugement va tomber incessamment.

L’intercession est toujours une position de courage et de foi, entre  la mort et le jugement qui est imminent.

Dans Ezéchiel 22;23-31, devant la situation désespérée du peuple, alors que prophètes, intercesseurs et princes ont tous échoué, Dieu avait cherché, mais en vain, un intercesseur qui puisse se tenir à la brêche et élèver une clôture, afin qu’il puisse épargner toute la nation. Il suffisait qu’un seul intercesseur se soit levé pour que Dieu ne déverse pas son couroux sur le peuple ! Un seul homme aurait pu sauver toute la nation !

Pour toute cette décennie, le principal ministère du croyant est celui de l’intercession. Il est essentiel face aux évènements houleux qui se profilent à l’horizon. L’Eglise a-t-elle véritablement compris ce ministère et l’appel prophétique pour intercéder dans la perspective du Retour de Jésus et de la dernière Grande Moisson finale.

Les intercesseurs sont, au sein de tout notre réseau, le véritable et principal moteur qui fait fonctionner  toute l’oeuvre que le Seigneur nous a confiée. Sans eux, l’oeuvre ne pourrait croître.

Aussi faut-il auparavant, entretenir une réelle, profonde intimité avec le Seigneur et avoir la révélation de ce que signifie se tenir à la brêche.

Aujourd’hui l’intercesseur est celui qui libère la parole créatrice de Dieu au moyen de la foi de Dieu en lui. Il proclame et appelle à l’existence ce que Dieu veut libérer et créer dans nos vies. « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu,…elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes » (Jean 1; 1-4).

L’intercesseur libère la parole révélée, par la foi dans ce que Dieu fait à l’instant où elle est proclamée. Ainsi, l’intercesseur met en lumière la volonté de Dieu sur la Terre. L’intercesseur, au travers de la foi de Dieu en lui, et de la parole proclamée, libère de par l’autorité de Christ en lui, un puissant détonateur dans le Ciel, qui  « amène à l’existence ce qui n’existe pas ». Le monde aujourd’hui, est en train de changer à cause de la puissance de l’intercession qui est libérée par ceux qui « se tiennent courageusement à la brêche » de nos nations à la dérive, et pour leur rédemption.

C’est pourquoi, le véritable intercesseur doit avoir une conviction absolue de la justice de Dieu et de sa miséricorde accomplie à la Croix.

–                Ensuite, il doit être très concerné par la gloire de Dieu, et comme Moïse, il recherchera avant tout la Gloire de Dieu sans jamais rechercher son propre intérêt.

–                Il doit entretenir une relation intime et régulière avec D.ieu. C’est pourquoi il doit être baigné de l’atmosphère du Ciel et il reste  très sensible au St Esprit et à son onction.

–                Etre un intercesseur demande une sainte audace. Nous devons risquer notre vie pour nous tenir entre la mort et la menace du jugement, et affirmer avec conviction, la puissance de sa grâce, au moyen de la révélation de sa misériocorde.

Il n’y a pas de plus grand appel que celui de l’intercesseur. Car seul l’intercesseur est celui qui peut règner avec Christ et il manifeste Son règne sur la Terre, par la puissance de sa parole. Il ne peut être visible aux yeux des hommes, car il se tient au delà du second voile, mais dans le Royaume de Dieu, sa vie compte déjà pour ce temps comme pour l’éternité ! C’est pourquoi, il est tant redoutable pour le prince de ce monde, car il sait que seuls, de tels hommes, mais aussi de telles femmes  de cette trempe seront véritablement capables de le vaincre, car « ils n ‘ont pas aimé leur vie jusqu’à craindre la mort ».(Apoc 12, 11b).

 

Pierre-Daniel MARTIN



Bao (Alice) Tan