Parasha 3
Lekh lekha… (Va pour toi…)
La Torah: Genèse 12:1 à 17:27
La Haftarah: Esaïe 40:27 à 41:16
La Bessora:
Marc 10:28 à 40
Actes 7:1 à 8
Romains 3:19 à 5:6
Gal. 3:15 à 18 et 5:1 à 6
Col. 2:11 à 15
Héb. 7:1 à 19 et 11:8 à 12
La Torah: notre instruction
Avant d’entrer dans la Parasha à proprement parler, quelques mots du contexte dans lequel Abram vivait avant d’être appelé par Dieu à quitter sa patrie pour aller dans le pays que Dieu lui montrerait.
Yves Coënne résume bien l’aspect historique et culturel de l’époque:
« Quand Abraham vivait à Ur en Mésopotamie, il vivait dans un pays où il était obligatoire d’adorer les idoles. Les pratiques religieuses étaient telles qu’il était quasi impossible de vivre autrement. De plus, Nimrod interdisait d’adorer le Dieu unique et faisait tout pour détruire tout ce qui pouvait permettre de connaître l’Eternel. Celui qui le faisait risquait d’être dénoncé et jeté dans une fournaise.
Rachi nous rapporte que Térach, sous l’oppression de Nimrod et parce qu’il avait peur des représailles, avait même dénoncé son propre fils Abraham parce que ce dernier avait brisé les idoles officielles qui étaient imposées à tous. Abraham ne voulait pas adorer de faux dieux.
La tradition juive rapporte qu’Abraham fut jeté dans la fournaise. Son frère, Haran (père de Loth) le vit et s’engagea à suivre le Dieu d’Abraham s’il s’en sortait. La tradition juive enseigne que Dieu délivra Abraham et que Haran s’engagea alors à suivre l’Eternel. A son tour, il fut jeté dans la fournaise sous les yeux de son père. Gen. 11:28
Il mourut en présence de son père ce qui indique que ce fut là un châtiment infligé par Nimrod au père qui n’avait pas su garder ses enfants dans l’idolâtrie. »
La fin de la Parasha Noah nous dit que Térach prend Abram et sa famille pour aller au pays de Canaan. Gen. 11:31-32
C’est à 75 ans qu’Abram quitte son père Térach qui veut rester à Haran (le nom de cette ville est le même que celui du fils qu’il a perdu dans la fournaise). Gen. 12:4
Abram vit 60 ans dans le pays de Canaan puis Térach meurt. Gen. 11:32
Abram a alors 135 ans (75+60), Isaac en a 35 et Saraï 125. On en déduit que Térach est mort deux ans avant la mort de Saraï.
Le nom de cette Parasha s’intitule « Lekh lekha », ce qui veut dire:
– Va pour toi… Va par toi-même… Va au bout de toi-même…
– Va au bout de ta mission, au bout de ta destinée, de ce que Dieu a pour toi…
Alors qu’il vit dans le pays de Canaan, Abram reçoit deux promesses: celle d’une postérité et celle d’un pays. Gen. 12:7
Le Pharaon prend Saraï pour femme Gen. 12:14-20
Suite aux promesses de l’Eternel, le pays est touché par la famine. Abram descend alors en Egypte.
Deux événements sont en train de se passer dans ce récit:
Nous avons vu que Dieu a promis une descendance et un pays à Abram.
Ces promesses sont en lien avec la destinée du futur peuple, Israël, appelé à témoigner d’un Dieu unique et à être la lumière des nations. Ceci permettra à tous les hommes d’avoir l’occasion de connaître le Dieu unique et vrai afin de se tourner vers Lui.
Dès le départ, l’ennemi fait tout pour empêcher le plan divin de s’accomplir:
– Il rend la terre infertile par une famine sévère. Gen. 12:10
– Il tente d’empêcher la descendance d’Abram de voir le jour: Saraï est stérile.
– De plus, elle se fait enlever par les grands de Pharaon afin de devenir sa femme. Gen. 12:15
L’ennemi veut non seulement empêcher une descendance mais souiller le couple par qui viendra cette descendance.
Abram avait dressé deux autels au pays de Canaan avant d’aller en Egypte. Par là il signifiait qu’il voulait servir le Seigneur. Gen. 12:7-9
Arrivés là-bas, Abram et Saraï ont été confrontés à beaucoup d’autels dressés à de faux dieux, ceux de l’impudicité et de l’adultère en faisaient partie.
La notion d’autels
La chute a eu comme conséquence dramatique la coupure de la relation avec le Créateur. Cela a signifié une mort spirituelle pour l’être humain, mais aussi une mort physique.
L’autel est un point de contact, un lien entre le ciel et la terre, une manière de s’approcher de Dieu. Lorsque Celui-ci s’adresse à Abram pour lui faire des promesses, ce dernier construit un autel à l’Eternel.
Un peu plus loin, il construit un deuxième autel et invoque le nom de son Dieu. Gen. 12:7-9
Suite à l’ordre que l’Eternel donne à Gédéon de délivrer Israël de Madian, Gédéon Lui offre un sacrifice. Il construit aussi un autel suite à l’apparition de l’ange de l’Eternel. Jg 6:19-24
L’homme sans Dieu construit des autels à des faux dieux. En offrant des sacrifices à ces faux dieux, il entre en relation avec eux, le sacrifice étant le signe d’une adoration, et donc d’une communion. Le père de Gédéon en est un exemple, lui qui a construit un autel au dieu Baal. Jg 6:25-26
Dieu ne tolère pas de mélange. Il est le seul digne d’être adoré et servi. C’est pourquoi il est essentiel de briser les mauvais autels.
C’est là ce que Dieu a demandé à Gédéon, sans quoi il n’aurait pas reçu l’autorité nécessaire pour être vainqueur de ses ennemis.
Dieu veut un seul autel dans nos vies. L’autel étant tout à la fois un lieu de relation, de communion, d’adoration, de révélation et de justice, il ne peut être qu’unique.
Toute l’histoire de l’humanité avec Dieu s’est construite petit à petit au travers de l’établissement d’autels comme lieux de rencontres entre l’homme et son Dieu.
La vie des patriarches s’est construite autour de moments de rencontres, autour d’autels à chaque occasion importante.
Dieu a donné à l’homme ce moyen pour lui permettre de retrouver une relation et même d’entrer dans une communion avec Lui.
Abram construit un autel en relation avec la révélation qu’il reçoit de Dieu. C’est le début d’un cheminement. Il marque alors ce territoire comme un lieu de communion et de révélation. Gen. 12:6-7 Abram et les patriarches suivants s’approchaient de Dieu en apportant des offrandes sur ces autels.
La tiédeur de Loth
Dans le chapitre 13, Abram et Loth se séparent. Il laisse Loth choisir où il veut s’établir.
Ce dernier choisit ce qui lui paraît le meilleur, c’est-à-dire les vertes plaines du Jourdain et s’installe à Sodome. Loth est attiré par le confort, la facilité, ce que la ville et le monde peuvent lui apporter.
Il évolue dans un milieu spirituellement difficile et pollué.
Même si le neveu d’Abram ne vit pas comme les habitants de Sodome, on dirait qu’il est devenu tiède. Nous le voyons dans la Parasha suivante. Les anges doivent insister puis le saisir, lui et sa famille pour le faire sortir de Sodome sur le point d’être détruite. Gen. 19:15-16
La circoncision
Dans Genèse chapitre 15, Dieu fait une Alliance avec Abram.
Cette Alliance est le signe que Dieu accomplira Ses promesses: donner une terre et une postérité à Abraham.
Elle est suivie de l’institution de la circoncision (Gen. 17:9-14), le signe marquant que ce peuple appartient à l’Eternel, qu’il a été choisi pour témoigner d’Elohim seul et être la lumière des nations, un peuple qui montre le chemin du retour au seul vrai Dieu.
Lors d’une circoncision, un bout de chair est enlevé. C’est un signe visible de la chair qui doit mourir…
Il faut couper dans la chair pour que l’Alliance puisse se faire.
Afin d’actualiser ces différents éléments :
Notre « Lekh lekha »
Quand Dieu nous dit « Lekh lekha », Il nous dit:
« Va pour toi… Va par toi-même… Va au bout de toi-même… »
Plus encore, Il nous dit par-là:
« Va au bout de ta mission, au bout de ta destinée, au bout de ce que J’ai pour toi… »
Cela amène à une réflexion profonde:
* Qu’est-ce que cela signifie dans sa propre vie ? Aller au bout de soi-même, au bout de sa destinée spécifique nécessite la connaissance de cette destinée…
* Quels sont les changements et l’établissement nécessaires pour que cette destinée s’épanouisse dans chaque vie ?
L’Epouse de Christ souillée par le monde
De la même manière que Pharaon a voulu Sarah pour épouse, l’ennemi a touché à la future Epouse de Christ. Par la tiédeur, le compromis, le manque de purification, de consécration, d’obéissance… il a posé sa main sur l’Epouse appelée à se préparer.
Dans Sa grâce, Dieu nous invite à nous laisser purifier encore et encore, afin de devenir cette Epouse sans tache ni ride. Eph. 5:27
Démolir nos faux autels, construire un seul autel
Tous les faux autels doivent être abattus… afin de construire l’autel unique, authentique, celui du Seigneur.
Les faux dieux de l’époque sont toujours là. Ils ont peut-être pris un autre visage, revêtu un déguisement plus subtil mais les fruits n’en demeurent pas moins ceux de la chair.
Baal, le dieu de la sexualité pervertie, attire beaucoup de monde de nos jours.
Le dieu travail est bien assis sur son autel. Qui servons-nous lorsque le travail dicte notre conduite, nous donne un sentiment de valeur ?
Le dieu Mamon est aussi très actif. « L’amour de l’argent est une racine de tous les maux. »
1 Tim. 6:10
Quant à l’humanisme, il s’invite chaque fois que l’être humain est placé au centre…
Ce sont là quelques exemples.
* La question est de savoir qui est sur l’autel de notre cœur ? Qui servons-nous ?
Pour le dire autrement: qui a autorité sur notre vie ? qui conduit nos pensées ? nos actions ? nos paroles ?
Aujourd’hui encore, le moyen de s’approcher de Dieu est de venir en apportant une offrande.
En tout premier lieu, nous nous présentons à l’Eternel en croyant que l’offrande suprême est celle de Yeshoua qui s’est offert comme offrande expiatoire. Nous nous approchons en croyant que notre Dieu nous voit purs car Il nous voit au travers du sang de Yeshoua qui nous purifie de tout péché.
Ensuite, nous venons avec nos propres offrandes.
Il est intéressant de se pencher sur le sens du mot « offrande » qui se dit « corban » en hébreu.
La racine de ce mot est « kerev » qui veut dire « s’approcher ».
L’autel est vraiment un lieu de communion, de relation où nous sommes attendus.
« Approchons-nous donc avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d’une mauvaise conscience, et le corps lavé d’une eau pure. » Héb. 10:22
Tout le livre du Lévitique décrit comment accomplir le service et apporter les offrandes à l’autel. Les sacrifices sont là pour recréer la communion.
Résumons brièvement les sacrifices décrits dans le Lévitique.
– L’offrande de communion était l’aliment apporté sur l’autel: une nourriture partagée entre Dieu et l’homme.
Cette offrande était faite pour exprimer un remerciement ou un témoignage de reconnaissance. Lév. 3:11
De nos jours, il s’agit en fait d’un sacrifice de louange et d’adoration.
– L’offrande végétale appelée « minha » était le pain de l’Alliance qui se faisait autour d’un repas. Lév. 2
Un autel est une table vers laquelle nous nous approchons pour nous nourrir, communier avec Dieu, partager quelque chose avec Lui. Il se produit alors un échange. Dieu vient à notre rencontre avec une dimension de révélation. Jean 6:50-5
– L’holocauste est le sacrifice où tout est consumé. Lév. 1
Lorsque Paul parle dans Rom. 12:1 d’offrir nos corps en sacrifice vivant à l’Eternel, c’est un sacrifice de ce type-là dont il est question: celui de nos vies abandonnées entre Ses mains, notre chair ayant été crucifiée. Parce que nous sommes morts à nous-mêmes, nous choisissons de faire uniquement la volonté de Dieu.
– Lév. 4 et 5 décrivent les sacrifices pour l’expiation des péchés. Nous n’avons plus besoin de sacrifier un animal, Yeshoua ayant accompli la Torah.
En croyant au sacrifice de Yeshoua sur la croix, en demandant pardon pour nos péchés, nous avons l’assurance que Dieu nous pardonne et nous purifie de tout péché. 1 Jn 1:9
Au travers de cette démarche, nous expérimentons les sacrifices d’expiation décrits dans ces deux chapitres.
L’autel est une notion qui demeure au-delà des temps anciens.
Aujourd’hui, nous sommes invités à devenir nous-mêmes des autels, c’est-à-dire des points de contact entre le ciel et la terre.
Dieu a besoin de ces endroits entre ciel et terre afin de déverser Sa révélation alors que nous sommes en communion avec Lui. Ces lieux existent grâce à l’adoration.
Comment construire un autel aujourd’hui ?
– Il s’agit d’établir un autel à l’intérieur de nous-mêmes car nous sommes le temple du Saint-Esprit. Cela implique de s’abandonner au Seigneur et de Le suivre.
Rappelons que c’est le titre de cette Parasha:
« Va pour toi… Va par toi-même… Va au bout de toi-même…
Va au bout de ta mission, au bout de ta destinée, de ce que Dieu a pour toi… »
La construction d’un autel est aussi valable de façon collective, chacun de nous étant une pierre vivante dans le temple que constitue l’ensemble des croyants.
Dans la communion et l’unité, il devient alors possible de bâtir l’autel composé de pierres vivantes.
Ces pierres assemblées les unes aux autres forment le Corps de Yeshoua. Nous rendons ainsi à Dieu un culte de manière collective.
En apportant notre sacrifice comme nous venons de le voir dans le livre du Lévitique, nous recevrons alors Ses directives. En invoquant Son Nom, nous manifestons Sa Présence.
Sortir de notre tiédeur
La tiédeur de Loth peut être un exemple au travers duquel le Seigneur nous instruit afin d’aller plus loin:
* Dans quelle mesure l’atmosphère ambiante nous influence-t-elle ?
* Nous retrouvons-nous dans le personnage de Loth ? peinant à quitter un lieu néfaste ? un confort qui nous rend passifs ? Apoc. 3:14-22
Circoncire nos coeurs
Pour sortir de la tiédeur, la circoncision du cœur est indispensable.
Couper dans la chair afin qu’une Alliance puisse se faire… Elle ne peut exister qu’au prix d’un retranchement. Col. 2:11-13
La circoncision du cœur c’est accepter la main de Christ qui nous dépouille de cette nature pécheresse et de ses instincts mauvais.
Nous sommes morts. Nous sommes ensuite ensevelis.
A ce stade, nous sommes prêts à accueillir la nouvelle créature.
Le salut, au sens hébraïque, est un salut complet.
« … Marche devant ma face, et sois intègre (ou entier). » Gen. 17:1
Nous en avons un aperçu dans ce qui est arrivé au paralytique descendu par le toit. Ses péchés ont été pardonnés et il a été guéri de son infirmité. Matt. 9:5-6
La tradition juive explique qu’Abram a passé dix tests pour parvenir à l’Alliance, le dernier étant la ligature d’Isaac. Gen. 22:17-18
Aujourd’hui, l’Epouse est aussi face à des tests afin d’aller vers elle-même pour devenir ce qu’elle est amenée à être. Elle a aussi son « Lekh lekha ».
Conclusion
Notre Père nous encourage à aller au bout de nous-mêmes, de notre salut, de notre mission, afin d’être entier, complet et à Son image.
Dans une semence, il y a tout ce qu’il faut pour que la plante croisse. Aller au bout de soi, n’est-ce pas passer par la mort en Christ afin de revivre ?
Aller au bout de sa mission, n’est-ce pas saisir le salut qui nous rend entiers, complets, capables de donner le meilleur dans la mission qui nous est confiée ?
N’est-ce pas un cheminement où chaque jour nous sommes un peu plus sauvés, un peu plus complets, un peu plus guéris ?
C’est un chemin que de se purifier… un parcours à vivre maintenant car c’est le moment de nous préparer à rencontrer l’Epoux. L’interpellation est importante, les temps pressent et sont mauvais.
« Ainsi, mes bien-aimés, comme vous avez toujours obéi, travaillez à votre salut avec crainte et tremblement, non seulement comme en ma présence, mais bien plus encore maintenant que je suis absent. » Phil. 2:12
La Haftarah: un regard complémentaire
Un lien essentiel entre la Torah et la Haftarah est celui de la destinée.
A Abraham, il a été dit: « Va pour toi, va au bout de toi-même, de ta destinée. »
Dans la même mouvance, Esaïe encourage le peuple d’Israël à reprendre conscience de sa destinée.
« C’est le Dieu d’éternité, l’Eternel, qui a créé les extrémités de la terre; il ne se fatigue point, il ne se lasse point; on ne peut sonder son intelligence. Il donne de la force à celui qui est fatigué, et il augmente la vigueur de celui qui tombe en défaillance. » Es. 40:28-29
Adonaï a appelé et choisi Israël, Il le fortifie, le soutient et vient à son secours. Il l’équipe afin qu’il aille au bout de lui-même, de sa mission, accomplissant ainsi pleinement son appel.
Es. 41:8-10 et 13-14
Esaïe enchaîne en nommant une facette de sa destinée: « Je fais de toi un traîneau aigu, tout neuf, garni de pointes…. » Es. 41:15
A l’époque, un traîneau était une espèce de char pour extraire le grain hors de la balle et pour briser la paille.
Les Ecritures mentionnent à plusieurs reprises que le grain doit être séparé de la balle et la paille emportée au loin. Ps. 1:4 ; Ps. 35:5
Plus tard, Yeshoua parlera aussi de ce tri nécessaire où la paille est brûlée et le blé stocké dans le grenier. Matt. 3:12; Luc 3:17
Dans ce même chapitre, le Seigneur s’adresse également aux nations représentées par les îles. Dieu les invite à faire silence et les met en garde face à l’idolâtrie. Es. 41:1,5-7
Cette Haftarah dévoile donc le cheminement qu’Israël est amené à vivre afin d’accomplir ce pour quoi il a été créé.
Afin de recevoir la persévérance à aller au bout des combats, le peuple est exhorté à mettre toute sa confiance en l’Eternel. Es. 40:31
A la suite d’Abraham, le père des croyants, Israël est appelé à poursuivre la vocation donnée au premier patriarche: être le témoin du seul vrai Elohim. Cette vocation nécessite une purification et une longue préparation empreinte de tests conséquents.
Alors qu’Israël est en exil à Babylone, Esaïe tente de consoler ce peuple qui se sent dans l’incapacité de répondre à l’appel de sa vocation:
« Pourquoi dis-tu, Jacob, pourquoi dis-tu, Israël: ma destinée est cachée devant l’Eternel, mon droit passe inaperçu devant mon Dieu ? » Es. 40:27
A ce désespoir, le Seigneur répond par un puissant encouragement dans lequel Il se présente tout à nouveau comme Celui qui ne se fatigue point, qui augmente la vigueur de celui qui tombe en défaillance et dont on ne peut sonder l’intelligence…
A cette description Il ajoute une promesse: « Ceux qui se confient en l’Eternel renouvellent leur force. » Es. 40:28-31
Dès le départ, la fidélité de Dieu s’est manifestée envers ceux qu’Il avait choisis pour Le dévoiler au monde. Au cours des siècles, l’Histoire n’a cessé de révéler l’attention et la protection du Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob envers Son peuple qui ne peut pas être détruit. Même dans des circonstances extrêmes, les Juifs se sont relevés, manifestant une résilience hors du commun.
Dieu est Dieu et Il règne. Il fait refleurir les déserts et retourne le mal en bien… jusqu’à la victoire finale à la venue du Messie.
En conclusion, voici une citation d’un rabbin: « En agissant en réponse à l’appel de Dieu, nous pouvons collectivement changer le monde. » Haïm Ouizemann
La Bessora: une Alliance allant vers son accomplissement
Dans l’Evangile de Marc au chapitre 10, il est question de tout quitter pour annoncer l’Evangile. Yeshoua en montre le chemin: Il est devant pour aller à Jérusalem, lieu du sacrifice. Dans ce même passage, Il annonce sa mort sur la croix. Par la suite, les disciples suivront ses traces. Les deux fils de Zébédée, désireux d’être assis l’un à sa droite et l’autre à sa gauche, s’entendront dire qu’il y a une coupe à boire avant de recevoir une position dans le Royaume.
Cette coupe est celle de notre propre sacrifice prenant la forme d’une mort à soi-même.
Rom. 12:1-2
Paul rappelle que l’homme est justifié par Dieu en mettant toute sa confiance en Lui, et en croyant que la libération est reçue au travers du sacrifice de Yeshoua, et non en mettant son espérance dans l’application de la loi pour être sauvé. Gal. 5:1-6
Par conséquent, le fruit de ce cheminement intérieur est la circoncision du cœur qui est, comme l’explique l’apôtre Paul, le dépouillement de notre nature pécheresse et l’accueil de notre nouvelle nature. Col. 2:11 à 15
Pour tous ceux qui laissent agir l’Esprit Saint, il s’ensuit une Alliance renouvelée. En ce qui concerne Israël, cette Alliance prend la forme d’un retour aux promesses faites à Abram. Quant aux Gentils, ils entrent dans cette Alliance en rejoignant le peuple d’Abram à qui Dieu a dit: « Toutes les familles de la terre seront bénies en toi. » Gen. 12:3
Ainsi Juifs et Gentils forment désormais l’homme nouveau. Eph. 2:13-18
La caractéristique principale de cette Alliance renouvelée sera de voir la loi (le mot hébreu est Torah) de l’Eternel inscrite dans les cœurs. Jér. 31:33
Le chapitre 7 des Actes, quant à lui, livre de précieuses informations pour se préparer à entrer dans notre destinée, dans notre terre promise qui n’est autre que le territoire que Dieu nous confie. Il s’agira donc de le conquérir par l’intercession et la proclamation des promesses reçues de Dieu.
Cette conquête se fait en plusieurs étapes dont les actions principales sont: envahir, occuper, transformer:
– Envahir par la force du combat spirituel:
L’ennemi a été vaincu à la croix. Il s’agit donc de lui rappeler qu’il a perdu tous ses droits.
« Il (Dieu) a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d’elles par la croix. » Col. 2:15
« Il a tout mis sous ses pieds, et il l’a donné pour chef suprême à l’Eglise, qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous. » Eph. 1:22-23
– Occuper le territoire soumis et le transformer en y établissant les valeurs et les lois du Royaume de Dieu:
Occuper l’espace passera par le fait de résister à l’opposition et d’avoir des actes concrets d’amour et de service, amenant ainsi l’atmosphère du Royaume.
– Transformer:
Cette action se manifestera essentiellement par la persévérance à aller à contre-courant des valeurs du monde, par une saine manière de réagir, aussi dans l’esprit opposé si nécessaire.
En développant ce style de vie, nous entrerons de plus en plus dans notre destinée en apprenant à co-régner avec Christ, suivant la direction de l’Esprit, pour la plus grande gloire de Dieu qui a toujours voulu habiter au milieu des hommes.
Le mot prophétique
« Lekh lekha »: Va pour toi-même, vers toi-même, va au bout de la destinée de ta vie. Et voilà Abraham qui obéit, et s’ouvre à une nouvelle saison. « Lekh lehka »… et c’est le basculement vers l’inconnu. On s’ouvre à ce qui n’est pas encore, à une conquête certaine, une plénitude promise.
Aujourd’hui en 2022-2023, les voix prophétiques parlent d’un temps de transition, d’une traversée. D’une année particulière qui permette à tous ceux qui se veulent réceptifs à l’Esprit, non seulement de prendre conscience des alertes diverses (sanitaire, climatique, économique, politique,…), mais d’en mesurer l’intensité et la gravité. Afin de se préparer, de se mobiliser, de s’aligner sur la volonté du Créateur qui, au travers des crises, des soubresauts et contractions de ce monde, poursuit Son plan. Pour mener Son peuple jusqu’à la terre promise, aujourd’hui encore. Pour permettre la restauration de toutes choses, telle que promise par les prophètes (Act.3.21)
Reset… Réinitialisation. Un mot à consonnance informatique, qui est sorti de son cadre premier pour se trouver de nouveaux champs à défricher. En 2018, Mike Bickle de la Maison d’Adoration de Kansas City parlera d’un reset nécessaire pour le peuple de Dieu, transition indispensable, remise à zéro incontournable pour entrer dans cette nouvelle saison.
Mais ce terme aura aussi sa place dans un contexte tout autre, celui d’un Ordre Nouveau pour ce Monde. Sous diverses plumes il sera question d’un grand reset pour toute l’humanité. Le principe est toujours le même: librement consenti pour le peuple de la Lumière, imposé et subi pour le peuple des ténèbres. Le grand reset dont il est question et qui pourrait bien signer la fin d’un temps ne fait pas exception.
Mais qu’est précisément la réinitialisation dont parle ce terme ?
C’est le redémarrage d’un ordinateur qui a buggé et le rétablissement du système informatique à son état premier, à son fonctionnement normal.
En ce qui nous concerne, l’état initial est l’identité et la destinée initiales reçues au moment où le Père nous a engendrés. Une remise à zéro s’impose à tous dans ce temps de transition, afin de nous affranchir de tous les bugs provoqués par des années à fonctionner de la mauvaise manière, pour nous ramener vers nous-mêmes. Ceci afin de nous permettre d’être et d’agir dans une normalité nouvelle qui réponde aux normes du Royaume et que Dieu désire ramener dans nos vies, dans une intensité renouvelée.
Le temps est venu, l’objectif est clair, le défi conséquent: une véritable remise à zéro signifie annuler les habitudes anciennes si résistantes à tout changement, les automatismes autant que les impasses du système… afin de retrouver un fonctionnement qui soit celui prévu dès nos origines. Si d’un côté le monde se dirige vers un nouvel ordre dont le contrôle nous échappe, en parallèle Dieu nous guide vers une remise à zéro à l’allure de restauration de ce que la chute a brisé.
Un reset prenant la forme d’un retournement, c’est le sens-même de la repentance: shouv en hébreu, qui a donné teshouva signifiant revenir, retourner, se repentir. Une repentance qui ne soit pas un acte répété telle une litanie à chaque manquement. Non. Une repentance devenant un style de vie qui engendre une transformation continuelle, un message disant à tous ceux qui nous lisent que nous entrons dans cet autre héritage acquis par Yeshoua à grand prix. Une repentance seule susceptible de nous mener de Gloire en Gloire, de nous transformer à l’image de Celui qui a déjà vaincu ce monde. But ultime de la destinée enfouie au cœur de chacune de nos vies, et qui nécessite un « lekh lekha » pour faire de nous un peuple de Lumière, un peuple saint, et mis à part pour Lui, un peuple de sacrificateurs appelés à servir Sa Gloire et manifester le Royaume à venir, en puissance.
Non, l’appel de Dieu à Abraham n’est pas dépassé. Plus actuel que jamais c’est l’appel à quitter nos Babylones, nos comportements idolâtres, nos anciens modes de vie. A nous retourner pour revenir vers le Jardin perdu. C’est le retour d’un exil long et douloureux. Mais l’Esprit nous dit qu’avec son aide l’impossible devient possible, et que le défi est celui de l’Eternité.
Elabortion et rédaction: Catherine Lambert
Vision et mot prophétique: Cathy Raeber Grobéty
Relecture et intercession: Hansjörg et Lucienne Wolfer
Mot prophétique: Cathy Raeber Grobéty
Relecture et intercession: Hansjörg et Lucienne Wolfer
Sources: Tony Robinson: www.restora5ono6orah.org
Lucas Micciche: www.bethyeshoua.org
Jacques Sobieski: www.bethyeshoua.org
Chris
Le Filet du Maître est une association chrétienne interconfessionnelle qui a pour objectif de tisser un vaste filet d'hommes et de femmes de bonne volonté, unis ensemble, par des relations de cœur à cœur, et désirant servir pour le Royaume de Dieu... Elle a pour but de détecter les dons et les compétences de chacun, Leur apporter une formation théorique et pratique, Leur offrir le moyen de servir en équipe dans les églises, les cellules, et les groupes en connexion avec l'association à laquelle ils font appel pour son savoir-faire.


