Parasha 13

Shemot…  (Noms…)

La Torah: Exode 1:1 à 6:1

La Haftarah: Jér. 1:1 à 2:3

La Bessora: Marc 14:10 à 21

          Luc 20:27 à 44

          Matt. 22:23 à 33; 22:41 à 46

          Actes 3:12 à 15; 5:27 à 32; 7:17 à 36

          Actes 22:12 à 16; 24:14 à 16

          Hébreux 11:23 à 26

 

La Torah: notre instruction

 

Situation

Le livre de la Genèse se termine par la mort de Jacob, puis celle de Joseph.

Le début de l’Exode (Shemot en hébreu) parle de la mort de toute cette génération et ajoute que les enfants d’Israël se multiplient grandement et deviennent de plus en plus puissants. Ex. 1:6-7

Lorsque Jacob et sa famille arrivent en Egypte, ils sont soixante-dix. Les Ecritures précisent que le peuple est resté environ 400 ans dans le pays d’Egypte. Gen. 15:13 ; Ac. 7:6 ; Gal. 3:17

Une année après leur sortie de ce pays, ils sont 603’550 hommes au-dessus de 20 ans. Nb 1:46

 Du temps de Joseph, ce peuple vivait à part, dans la région de Goshen.

En se multipliant, ils ont également dû occuper d’autres régions du pays… La Torah précise : « Et le pays en fut rempli. » Ex. 1:7

Plus le peuple croissait, plus il était pris en aversion et plus il était réduit à la servitude. 

Ex. 1:12-14

 

Afin de freiner cette croissance qui devenait une menace pour eux, les Egyptiens tentèrent de les affaiblir et de les assimiler. 

Il devenait alors difficile pour les Israélites de vivre selon leur foi et leurs coutumes.

 Cette tentative n’étant pas concluante, les Egyptiens changèrent de stratégie. Ils passèrent de l’assimilation à la persécution et à la destruction. Le Pharaon ordonna de faire mourir tous les nouveaux-nés mâles. Ex. 1:16

De plus, la tradition juive mentionne que les astrologues de Pharaon lui auraient dit qu’un fils naîtrait et sauverait les Hébreux. 

C’est certainement une des raisons pour laquelle Pharaon voulait tuer tous les jeunes mâles.

Dans le Nouveau Testament, il nous est rapporté un épisode similaire:

Hérode apprenant que des mages cherchent le roi des Juifs pour l’adorer, fait mourir tous les enfants de moins de deux ans afin de protéger son règne. Matt. 2:1-8,16

Il est interpellant de constater qu’avant la venue d’un homme par qui le peuple allait connaître une grande délivrance, un dirigeant ordonne la mort des nouveaux-nés…

Dieu avait promis à Abraham (Gen. 12:2-3) qu’il aurait une postérité nombreuse, qu’elle deviendrait une grande nation, qu’Il la bénirait et que toutes les familles de la terre seraient bénies en sa descendance. L’ennemi avait tout intérêt à contrecarrer ce projet…

 

Ce peuple ne s’est pas laissé assimiler, il a tenu ferme dans la persécution, tout en criant à l’Eternel pour sa délivrance.

Dieu a choisi Moïse pour faire sortir Israël d’Egypte. En effet, la promesse faite à Abraham (Gen. 15:13-16) allait s’accomplir. Ex. 3: 6-10

Afin de pouvoir retourner sur la terre promise à ses ancêtres et accomplir sa destinée, Israël avait besoin de sortir de l’esclavage, d’un monde idolâtre et de la mort.

Parallèle avec la situation actuelle

Après la mort, la résurrection et l’Ascension du Messie, la Bonne Nouvelle s’est propagée dans le monde entier.

Durant toute l’Histoire, il y a eu des « pharaons » qui ont tenté d’assimiler ou de persécuter l’Eglise.

Comme aux temps des enfants d’Israël en Egypte, un « pharaon » hostile au Dieu d’Israël et à la Torah se lèvera à la fin de cette ère.

 « L’Egypte est une image du monde. Un Empire est en train de se lever, un Empire qui n’a pas connu Yeshoua, comme le pharaon du temps de Moïse n’a pas connu Joseph. L’esprit de ce pharaon est un esprit qui résiste à Dieu et à Son peuple.

Aujourd’hui, il y a des persécutions morales, psychiques véhiculées par les médias.

La marque de la bête c’est d’abord un nom, le nom de celui qui règne sur nos vies et qui n’est pas le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Si Dieu est Celui qui règne sur notre vie, Il est notre Maître.

Yeshoua a dit dans Matthieu 6:24: Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un, et aimera l’autre; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. Autrement dit, pour éviter cette marque de la bête sur nos vies, il s’agit de se positionner en choisissant uniquement Dieu comme Maître. Ceux qui se positionnent ainsi montrent qu’ils ne veulent pas vivre à la manière du monde; ils ont été persécutés et le seront encore. » 

Lucas Micciche

Jusqu’à ce que Constantin devienne empereur de l’Empire romain, les chrétiens ont connu la persécution. Mais lorsque cet empereur a fait du christianisme une religion d’Etat, les persécutions ont cessé. Une autre stratégie a été mise sur pied:

« Si on n’arrive pas à anéantir les croyants, assimilons-les. »

C’est à ce moment-là que le christianisme a été vaincu. En pliant le genou devant Rome, les chrétiens se sont inclinés. »

Ainsi le christianisme a été mis sous le joug de l’Empire romain et a été assimilé à la religion de l’Empire. Les croyants ont alors perdu la puissance déléguée aux disciples du premier siècle.

Dans l’Histoire des premiers siècles de notre ère, nous retrouvons le même principe que dans le début de l’Exode.

D’abord, la persécution: il faut annihiler ce peuple qui dérange, qui ne veut pas se soumettre au système souvent inique et immoral.

Devant l’échec de cette méthode, l’ennemi met en place une autre stratégie au travers des hommes qui gouvernent: l’assimilation.

La stratégie vise à ne plus lutter contre les croyants. Désormais, leurs croyances seront acceptées mais elles seront aussi déguisées. Dans l’apparence, on aura l’impression que rien n’a changé et que ces croyances sont encore respectées. Mais sous cette apparence, d’autres dieux règnent de manière invisible mais bien réelle.

 

Les Pharisiens et les Sadducéens / L’Eglise organique

Dans le livre « Le christianisme paganisé (p.19) », les auteurs donnent une description clarifiante des Pharisiens et des Sadducéens de l’époque de Yeshoua:

« Les Pharisiens ont rajouté des choses à la Bible. Ils obéissaient à la loi telle qu’elle était interprétée et appliquée par les scribes experts de la loi qui vivaient pieusement et dans la discipline.

En tant qu’interprètes officiels de la Parole de Dieu, les Pharisiens étaient dotés du pouvoir de créer de la tradition. Ils collaient à la Parole de Dieu des tartines de lois humaines qui étaient transmises aux générations ultérieures. Ce cortège de coutumes vénérables souvent appelé la tradition des anciens est arrivé à jouir de la même considération que l’Ecriture sainte elle-même.

L’erreur des Sadducéens allait dans l’autre sens. Ils escamotaient des parties entières de l’Ecriture, estimant que seule la loi de Moïse devait être observée. Les Sadducéens niaient l’existence des esprits, des anges, de l’âme, de la vie après la mort et de la résurrection.

L’Histoire se répète de nos jours. Le christianisme contemporain est tombé simultanément dans les erreurs des Pharisiens et des Sadducéens. Même ainsi, les Pharisiens et les Sadducéens nous enseignent de concert cette leçon trop souvent ignorée: il est nuisible de diluer l’autorité de la Parole de Dieu, que ce soit par addition ou par soustraction. Nous brisons tout autant les Ecritures en les ensevelissant sous une montagne de traditions humaines qu’en ignorant leurs principes. » Frank Viola et Georges Barna

Ces deux hommes ajoutent qu’il existait, en dehors des Pharisiens et des Sadducéens, une communauté vivante de disciples de Yeshoua qu’ils nomment « l’église organique » (p.29-30):

« L’Eglise organique est une expression du Corps de Christ vivante, animée de souffle dynamique, comportant la participation mutuelle de chaque membre, centrée sur Christ et communautaire. »

 

Des formes de paganisme dans l’Eglise ?

Robert Heidler, l’auteur de « L’église messianique se lève », donne plusieurs exemples qui permettent de mieux comprendre l’évolution de l’Eglise au cours des siècles.

Nous avons déjà parlé de Constantin qui a séparé les croyants de leurs racines juives, un choix lourd de conséquences pour l’Eglise de l’époque.

Voici quelques exemples:

Exemple 1: La mort des églises de maison (p.51-52)

Avant Constantin, les croyants se retrouvaient dans les maisons où ils louaient et adoraient Dieu. Les ministères étaient librement exercés.  Cette atmosphère simple et spontanée dans laquelle chacun était participant faisait de L’Eglise une famille de croyants.

Après Constantin, l’Eglise est devenue un bâtiment dans lequel les fidèles se rendaient.

Les premiers édifices étaient des basiliques ayant une architecture bien précise: une abside au bout du bâtiment pour le clergé, avec un trône pour l’évêque. Ce trône marquait la nouvelle position du responsable en tant que serviteur fidèle de l’empereur. La nef, prolongement de l’abside, accueillait les fidèles venus pour écouter le prédicateur. 

Le cadre était rigide et formel. L’Eglise avait passé d’une famille de croyants à un bâtiment.

Exemple 2: L’évolution de l’adoration (p.53-54)

Avant Constantin, la louange et l’adoration étaient conduites par le Saint-Esprit de façon intime. Il y avait peu de formes établies ou de liturgies dans ces moments. 

Après Constantin, les cultes d’adoration deviennent des cérémonies publiques, solennelles. Des formes fixes de l’adoration sont écrites.

« Il y a quelques années, la Chaîne de la Connaissance à la télévision a passé une série en quatre parties sur l’Empire Romain, appelée Rome, le Pouvoir et la Gloire. Les dernières minutes de cette série contenaient une déclaration très profonde. Le narrateur disait: il est intéressant de constater à quel point le souvenir de la Rome impériale est toujours présent dans l’Eglise, qu’elle a pourtant persécutée, d’ailleurs. Regardez une église, et ce que vous voyez de son architecture est celle de la salle du trône impérial. Asseyez-vous dans une église, et ce que vous entendez est le Cérémonial de la cour impériale: la solennité, la chorale et les hymnes proviennent tous des cérémonies de la Cour impériale romaine. C’est l’héritage de Constantin. » Robert Heidler p.53

Exemple 3: Déplacement de la fête de la Pâque renommée Pâques (Easter en anglais) par Constantin. Robert Heidler écrit à la page 59:

« Cela ennuyait beaucoup Constantin que les chrétiens célèbrent la mort et la résurrection du Christ à Pâque, une fête juive. A Nicée, il fit mettre hors la loi cette célébration et ordonna que la mort et la résurrection du Christ soient célébrées le dimanche suivant la première pleine lune après l’équinoxe du printemps, un temps associé avec la fête de la fertilité du printemps. C’était aussi un jour de fête pour les Romains. Comme il s’agissait de la déesse de la fécondité, le symbole d’Ishtar

(ou Eastre) était l’œuf. Les anciens païens décoraient des oeufs et les offraient en cadeaux pour célébrer cette fête. 

Le résultat de Nicée fut que la résurrection du Christ fut retirée de son contexte biblique et célébrée dans le contexte d’une fête païenne. Ce qui est le plus curieux peut-être pour cette fête, c’est que le monde anglophone n’a même pas changé le nom. Lorsque les chrétiens qui parlent anglais dans le monde entier célèbrent la résurrection du Christ, ils ne disent pas: nous célébrons le dimanche de la résurrection, ils disent: nous célébrons Easter (Eastre !). Nous célébrons la résurrection du Christ en invoquant le nom d’une déesse païenne. »

Ces quelques exemples montrent comment un processus d’assimilation peut se mettre en place. Constater les fruits qui en résultent doit nous inciter à résister à un tel mélange.

Et résister au mélange et au syncrétisme, n’est-ce pas une manière de sortir de Babylone, du système anti-Dieu qui se met en place dans  ce monde ?

Si de nos jours de plus en plus de gens sont allergiques à la notion du « bien » et du « mal », chacun ayant sa propre définition et ses propres repères dans ce domaine, le slogan de mai 68 affirmait déjà: « Il est interdit d’interdire… »  

Lorsqu’un être humain vit dans une atmosphère d’assimilation, il est généralement amené à faire taire toutes les voix exprimant la vérité et les valeurs du Royaume de Dieu, ceci afin de vivre en cohérence avec ses choix. Cette absence de points de repères vrais et solides finit par créer une confusion dans le cœur.

C’est pourquoi, l’apôtre Paul donne un précieux conseil pour sortir de cette impasse: être renouvelé dans notre intelligence. Rom. 12:2

Cesser de se conformer au siècle présent est un pas important qui conduira celui qui se positionne ainsi à devenir un résistant, marchant à contre-courant des valeurs de ce monde et de tout ce qui s’oppose à la Parole de Dieu…

En résistant au monde et à ses valeurs, nous serons sous le regard protecteur de l’Eternel qui ne déversera pas son courroux sur nous. En effet, parce que Yeshoua a pris sur Lui le châtiment que nous méritions, nous ne passerons pas par le jugement.

Mais par contre, en refusant d’adopter les valeurs du monde, nous le défierons de plus en plus. C’est certainement ce positionnement qui amènera des formes de persécutions pouvant aller jusqu’au martyr.

Notre consécration permettra à Christ de briller et d’agir au travers de nous. Nous serons alors des lumières d’espérance et des signes du Royaume qui vient.

« Quand ces choses commenceront à arriver, redressez-vous et levez vos têtes, parce que votre délivrance approche. » Luc 21:28

« … Vous aurez des tribulations dans le monde; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde. » 

Jn 16:33

« Vous, petits enfants, vous êtes de Dieu, et vous les avez vaincus, parce que celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde. » 1 Jean 4:4

 

Réflexion et prière 

– Qu’est-ce que la notion d’assimilation évoque en moi ?

– Par rapport à la foi biblique, y a-t-il quelque chose que le Seigneur veut retrancher dans ma manière de croire, de vivre la foi ? 

– Y a-t-il quelque chose qu’Il désire purifier ?

 

La Haftarah: un regard complémentaire

Jérémie, fils d’un sacrificateur d’Anathoth, est natif de cette ville lévitique donnée à la tribu de Benjamin. (Jos. 21:17-18) Dieu l’appelle durant les règnes de Josias, Jojakim, Jojakin et Sédécias, tous rois de Juda. Josias devient roi à huit ans (2 Rois 22:1) et entreprend une Réforme profonde en entendant les paroles du livre de la loi. 2 Rois 22:3,11,13,19-20

En mettant ainsi les Ecritures en pratique, il participe à la destruction des idoles et à la reconstruction du royaume selon le cœur de Dieu. (Jér. 1:10) En effet, son grand-père Manassé et son père Amon avaient mis le comble à l’idolâtrie durant leur règne sur le pays. 2 Rois 21

Quant aux successeurs de Josias, ils ne poursuivront pas le travail commencé, mais ils retourneront plutôt aux idoles. 2 Rois 23:31 à 25:7

C’est pourquoi, dans Son amour, le Seigneur lève un prophète afin de susciter une prise de conscience et une repentance. Avant d’envoyer Jérémie vers Israël, Dieu l’encourage lui disant que, dès le sein de sa mère, Il le connaissait, l’avait consacré et établi (Jér. 1:5).

Devant ce choix divin, Jérémie répond: « je ne sais pas parler car je suis un jeune garçon. » Jeune se dit « naar » en hébreu. Ce mot a aussi le sens de faire bouger. Rony Akrich précise: « Le jeune est vaniteux, égocentrique, persuadé de tout connaître. Il ne sait pas parler ce que veut l’Eternel mais il sait parler ce qu’il pense devoir parler. » Il ajoute que Jérémie se sent orgueilleux, ce qui l’empêche de servir la Parole. Devant la réaction du prophète, Akrich souligne aussi la pensée profonde de Dieu qui lui dit: « Tu ne seras que le porte-parole de l’Eternel (…) Tu pensais que tu devais faire entendre ta voix… mais ta vanité, ton orgueil ne sont rien pour moi étant donné que tu ne seras que l’objet de mon verbe. »

Tout d’abord, Jérémie refuse, mais Dieu lui fait comprendre qu’il a une vocation qui lui appartient en propre. Akrich fait remarquer que Jérémie n’a pas le choix, parce qu’il a reçu une fonction portant une dimension de responsabilité collective.

Néanmoins, le prophète entendra l’appel divin: « Tu iras… tu diras… ne les crains point… je suis avec toi pour te délivrer… ceins tes reins… ne tremble pas… » A Moïse, il avait été donné Aaron comme porte-parole. Jérémie, quant à lui, reçoit cette promesse de l’Eternel: « Voici, je mets mes paroles dans ta bouche. » Jér. 1:9

Vient alors l’ordre de mission: arracher, abattre, ruiner, détruire, bâtir, planter. L’Eternel veillera sur sa Parole pour l’exécuter. Dans le verset 10, Akrich fait remarquer qu’il y a une forme de dualité dans le sens que la destruction annonce une reconstruction. Détruire a pour but de faciliter une prise de conscience au peuple qui court à sa perte et à l’exil. Néanmoins, dans son Amour, le Seigneur laisse toujours une porte d’espérance ouverte. Ici c’est l’annonce d’un retour soixante-dix ans plus tard. Ce retour ne sera possible que parce qu’il y aura eu la possibilité d’un nouveau devenir à cause de la construction, de la plantation…

Au verset 11, nous arrivons au cœur du sujet: Dieu montre une branche d’amandier.

Amandier se dit shaqed. Se hâter se dit shoqed… Deux mots ayant la même racine : sh / q / d.

Ajoutons que l’amandier a la particularité rare de fleurir bien avant l’apparition de ses feuilles. Il est aussi le premier à annoncer le printemps et sa fleur se transforme en fruit en 21 jours. 

Voilà déjà tout un message: face à la situation douloureuse de l’exil, l’Eternel promet un retour et hâtera les choses en leur temps.

Précisons aussi que l’amande est amère à l’origine. Mais lorsqu’elle grandit, elle se fructifie et devient douce. Akrich commente ainsi le verset 12 « Tu as bien vu… » : « Tu as bien perçu, Jérémie. »

En effet, le prophète a perçu le sens de cette phrase: à l’origine, cette amande était amère puis est devenue douce… d’où la métaphore donnée par l’Eternel pour parler de l’exil: que l’amande passe de l’amertume à la douceur donne de l’espoir aux exilés à Babylone.

 

La Bessora: une Alliance allant vers son accomplissement

Parmi les textes proposés, un thème revient fréquemment: celui de la vie et de la résurrection. A Moïse comme aux hommes du 1er siècle, Adonaï se présente comme « le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ». Aux Sadducéens qui ne croient pas à la résurrection, Yeshoua montre que les sept frères et la femme qu’ils ont eue pour épouse sont vivants auprès de Dieu. Il fait réfléchir les Pharisiens sur l’identité du Messie, que David appelait « Seigneur » et qui existait avant Abraham.

° « En vérité, en vérité, avant qu’Abraham fût, je suis. »  Jn 8:58

° La résurrection est une manière dont le Père a glorifié Son Fils. Ac. 3:13 

Elle manifeste aussi la réalité de notre statut éternel: « Ils ne pourront plus mourir… seront fils de Dieu, étant fils de la résurrection. » Luc 20:36 

° En tant que disciples ayant reçu Sa Vie, nous devenons alors témoins de la résurrection. 

Au souverain sacrificateur parlant de Yeshoua comme quelqu’un de mort, les apôtres lui répondent: « Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus… Dieu l’a élevé par sa droite comme Prince… »  Ac. 5:30-31

Devant le gouverneur Félix, l’apôtre aura ces paroles: « … ayant en Dieu cette espérance… qu’il y aura une résurrection des justes et des injustes. C’est pourquoi je m’efforce d’avoir constamment une conscience sans reproche devant Dieu et devant les hommes. »  Ac. 24:15-16

° Pour terminer, rappelons que notre témoignage émane d’une attitude de foi.

A l’exemple de Moïse qui a préféré être maltraité avec le peuple de Dieu, renonçant à la jouissance du péché et aux trésors de l’Egypte, nous sommes invités à suivre ses traces, les yeux fixés sur la rémunération. Héb. 11 :24-26

« Les distinctions éternelles dépendront de ce que nous aurons accompli nous-mêmes, par la grâce de D.ieu qui est donnée, en proportion de notre disposition à nous engager dans les œuvres de D.ieu et à les accomplir. » Arthur Katz

 

Le mot prophétique

« Les Israélites furent féconds, proliférèrent, se multiplièrent et devinrent de plus en plus puissants. Et le pays en fut rempli. »  Exode 1:7                  

 « Mais plus on l’accablait, plus il se multipliait et s’accroissait; et l’on eut de l’aversion pour les Israélites ». Exode 1:12

« S’accroissait, se répandait » sont les traductions classiques de la plupart de nos versions françaises, les traducteurs des Ecritures ayant à faire des choix permanents face à une langue aussi riche que l’hébreu. Mais il y a plus à comprendre. Et regarder l’ensemble des significations de ce mot « parats » apporte une autre profondeur à ce verset. Ce verbe veut dire « rompre, briser, éclater, faire une brèche, détruire, abattre. » S’il signifie bien « augmenter et étendre », il veut aussi dire: « ouvrir ou déchirer (d’une matrice ou d’un enclos) ».  Dictionnaire Strong.  Quelle richesse… et quelle difficulté pour tout traducteur ! 

Et voilà que là où nos traductions nous proposent deux synonymes (plus il se multipliait et s’accroissait), l’hébreu parlerait de percer, de faire une brèche, d’ouvrir même une matrice ! 

Si la croissance démographique des Hébreux est devenue un problème en soi pour les Egyptiens, la racine de leur crainte pourrait bien être plus profonde. Cette seule famille venue s’installer en Egypte pour cause de famine au temps de Joseph est en croissance perpétuelle, telle une gestation où les cellules se multiplient… afin de devenir un corps… un peuple, qui à un moment donné se fera visible. Et toute cellule est ainsi faite qu’elle contient en elle une force, une dynamique, une capacité de développement qui la mène vers un objectif codé dans son ADN… 

Abraham, Isaac et Jacob ont reçu des promesses de la part du Créateur lui-même, et sont les dépositaires, dans leur nom, dans leur personne, de cette prédestination annoncée, de cette destinée dont ils sont les germes. Ils portent en eux tout ce que Dieu a déposé sur ce peuple en devenir, tel un ADN divin. 

Il devait être troublant pour les Egyptiens de réaliser que plus l’on accablait ce peuple et plus il se multipliait, telle une impuissance à le maîtriser, à dominer sur lui. Seule solution désormais: une mise à mort des enfants mâles à la naissance. Mais les sage-femmes résisteront aux pressions.

Il est intéressant de se souvenir que l’un des jumeaux que Juda eut avec sa belle-fille Tamar, fut appelé Perets pour avoir ouvert une brèche au moment de sa naissance.

C’est bien une brèche qui se prépare là, au travers des descendants des patriarches. Une brèche par laquelle Dieu pourra juger l’Egypte. Mais il faut que les Hébreux descendent dans la pire des misères pour que leur sauvetage manifeste toute la Gloire du Maître de l’univers. 

Les plaies qui vont suivre seront des calamités, des sanctions, des frappes, des signes et des prodiges. Elles seront donc tout à la fois punitives, révélatrices et extra-ordinaires. Servant à juger et sanctionner, elles viendront répondre à la question du Pharaon:  « Qui est l’Eternel, pour que je lui obéisse en laissant partir Israël ? » Ex. 5:2

Et Dieu va se révéler par trois séries de plaies. D’abord en concurrence avec les magiciens qui, dès la 3ème plaie reconnaîtront « le doigt de Dieu ». Puis une seconde série où les Hébreux seront épargnés. Enfin une 3ème série, à partir de laquelle même certains Egyptiens écouteront Moïse pour se prémunir. Les avertissements du prophète sauront toucher les oreilles d’un certain nombre d’hommes qui voient leur vie, leurs biens être détruits sous la résistance implacable du Pharaon (Ex. 9:20). Certains supplieront Pharaon de laisser partir les Juifs (Ex. 10:7), leur offriront des objets avant leur départ (Ex. 12:36), et certains iront même jusqu’à les suivre (Ex. 12:38). 

Si la Torah est préfiguration de ce qui vient, ces Egyptiens sont alors une voix pour nos temps troublés…

Introduction à l’alphabet hébraïque

VAV: sixième consonne de l’alphabet

Sens premier: jonction

Sens dérivé: relier partout et toujours:

la droite et la gauche, l’homme et la femme, le monde d’en-haut et le monde d’en-bas

Valeur numérique: 6, accomplir l’œuvre de la création: projet pour toute l’humanité

 

 

Elabortion et rédaction: Catherine Lambert
Vision et mot prophétique: Cathy Raeber Grobéty
Relecture et intercession: Hansjörg et Lucienne Wolfer

Mot prophétique: Cathy Raeber Grobéty

Relecture et intercession: Hansjörg et Lucienne Wolfer

Sources:  Tony Robinson: www.restora5ono6orah.org

Lucas Micciche: www.bethyeshoua.org

Jacques Sobieski: www.bethyeshoua.org

Chris

Le Filet du Maître est une association chrétienne interconfessionnelle qui a pour objectif de tisser un vaste filet d'hommes et de femmes de bonne volonté, unis ensemble, par des relations de cœur à cœur, et désirant servir pour le Royaume de Dieu... Elle a pour but de détecter les dons et les compétences de chacun, Leur apporter une formation théorique et pratique, Leur offrir le moyen de servir en équipe dans les églises, les cellules, et les groupes en connexion avec l'association à laquelle ils font appel pour son savoir-faire.