Parasha 15 Bo… (Va… Viens…)
La Torah: Exode 10:1 à 13:16
La Haftarah: Jérémie 46:13 à 28
La Bessora: Marc 14:32 à 44
Luc 2:22 à 24
Jean 19:31 à 37
Actes 13:16 et 17
Apocalypse 8:6 à 9:12
Apocalypse 16:1 à 21
La Torah: notre instruction
Situation historique
Dans cette Parasha nous est rapporté le récit des trois dernières plaies, les instructions pour la Pâque ainsi que la sortie du pays de l’esclavage.
Comme déjà évoqué, ces plaies sont un jugement de l’Eternel sur les dieux égyptiens. En hébreu, le nombre dix symbolise quelque chose de complet. Dans les Ecritures nous trouvons, par exemple, l’histoire des dix vierges qui symbolisent tous les croyants de la terre, les dix orteils de la statue de Nebucadnetsar représentant l’entièreté des nations et les dix paroles résumant toute la Torah.
« Ces dix plaies sont donc un jugement complet de l’Egypte, puissance mondiale de l’époque. Les habitants du pays sont brisés à un niveau spirituel (leurs dieux ont été jugés), économique (les sauterelles ont dévoré la récolte à venir), social (le premier-né représentant la future génération). » Lucas Micciche
Les Ecritures relèvent à plusieurs reprises l’attitude du Pharaon, oscillant entre un refus total de laisser partir les enfants d’Israël et une ouverture à les laisser aller au désert afin de servir l’Eternel.
Le Houmach (terme employé dans le judaïsme pour désigner le Pentateuque et ses commentaires) relève un point intéressant en parlant du roi d’Egypte: « Ce ne sont ni la foi en Dieu ni le scepticisme qui déterminent le monarque, mais uniquement le danger qui le menace. Chaque fois qu’il sent que sa vie est en danger, Pharaon se montre prêt à capituler; sinon il se montre inflexible. »
Un autre point faible de ce dirigeant est son ego. En réalité, il ne veut pas perdre la face devant son peuple. C’est pourquoi, lorsque la situation devient trop tendue, il lâche un peu de lest mais se ravise aussitôt que les choses rentrent dans l’ordre.
Ce phénomène se voit dans le déroulement des événements:
– Après la 4ème plaie (Ex. 8:21), Pharaon dit: « Allez, offrez des sacrifices à votre Dieu dans le pays. » En effet, au travers de cette épidémie, il craint pour sa vie. Une fois le danger écarté, il refuse de laisser partir le peuple. Ex. 8:28
– Après la 7ème plaie, le souverain promet qu’il ne les retiendra plus. Ex. 9:27-28
« Le grondement du tonnerre et le feu du ciel vont terrifier toute l’Egypte, faisant redouter une destruction aussi totale que celle de Sodome à l’époque d’Abraham. » Commentaire tiré du Houmach
Néanmoins il se ravise dès que la grêle et le feu cessent. Ex. 9:34-35
– Avant la 8ème plaie, Moïse et Aaron se présentent devant Pharaon avec cette question: « Jusqu’à quand refuseras-tu de t’humilier devant moi…? » En parlant de l’Eternel, ils Le présentent comme étant « le Dieu des Hébreux ». Ex. 10:3
Yves Coënne fait remarquer que:
« C’est la question cruciale parce que c’est la question qui fâche aujourd’hui… ou qui va fortement inciter les nations à se fâcher contre Israël dans les années à venir. En effet, pourquoi les nations devraient-elles plier le genou devant l’Eternel, le D.ieu d’Israël ? (…) Tous ceux qui se disent chrétiens devraient aussi reconnaître le D.ieu des Hébreux comme étant aussi leur D.ieu au travers de Yeshoua. N’ont-ils pas tous été greffés sur la racine d’Israël, sur le cep ainsi qu’il est écrit dans Rom. 11:17-24 et Jean 15:1-8 ? »
A nouveau Pharaon se ravise et n’autorise finalement que les hommes à partir. Les sauterelles dévorent alors tout ce que la grêle n’avait pas encore détruit. Devant cette invasion, Pharaon dira: « J’ai péché contre l’Eternel, votre Dieu, et contre vous. Mais pardonne mon péché pour cette fois seulement; et priez l’Eternel, votre Dieu, afin qu’il éloigne de moi encore cette plaie mortelle. » Ex. 10:16-17
Mais Dieu sait que le roi n’est pas sincère, aussi continue-t-Il d’endurcir son cœur. Les sauterelles éliminées, Pharaon refuse effectivement de laisser partir le peuple. Ex. 10:20
– C’est alors que sévit la 9ème plaie. Ex. 10 :21
Dès qu’elle prend fin, Pharaon propose de laisser partir le peuple mais impose à nouveau une condition inacceptable: seuls les animaux resteront dans le pays. Ex. 10:24
A nouveau l’Eternel endurcit le coeur de Pharaon et, à partir de ce moment, le monarque devient inflexible et menace même Moïse qui ne comparaîtra plus en sa présence.
– Cet événement conduit à la 10ème plaie qui va toucher le Pharaon en plein cœur… Le Houmach précise: « La résistance de Pharaon se trouve vaincue parce qu’il est lui-même un premier-né. »
Pharaon, de plus en plus endurci, essaie de sauver la face en faisant des compromis ou voulant décider lui-même… C’est illusoire !
Par contre, Moïse reste inébranlable face aux ordres reçus de l’Eternel. Il ne fait aucun compromis devant le Pharaon qui cherche à l’intimider.
Son attitude révèle sa fidélité envers Celui qui l’a appelé.
Comme le relève l’auteur de l’épître aux Hébreux, il est un modèle:
« Pour Moïse, il a été fidèle dans toute la maison de Dieu, comme serviteur, pour rendre témoignage de ce qui devait être annoncé. » 3:5
Aujourd’hui… comme hier ?
Les événements rapportés, l’attitude du Pharaon font étrangement penser à ce que le monde vit. Jadis comme aujourd’hui, un esprit d’opposition est à l’œuvre, tentant de séparer l’Eternel de Sa création par l’assimilation ou l’éradication. L’angoisse, la fabrication des briques (pourrait-on parler de mobbing de nos jours ?), l’augmentation du stress, les difficultés ainsi que les persécutions ont pour objectif de nous empêcher d’écouter la voix de Dieu. Les distractions, les amusements font partie de cette stratégie de détourner l’être humain afin qu’il n’ait ni le temps de réfléchir au sens de sa vie, ni de s’asseoir aux pieds du Seigneur pour L’écouter, à l’exemple de Marie. Luc 10:41-42
Du temps des Romains déjà, le poète Juvénal conseillait: « Pour gouverner, il faut donner au peuple pain et jeux. »
Plus proche de nous, au XXème siècle, un scénariste belge de bandes dessinées, exprime un point de vue similaire: « Donne au peuple du pain et des jeux, il ne se révoltera pas. Donne-lui la peur et l’inconfort, il se baissera pour prendre un pavé au sol. » Jean Dufaux
Jadis comme aujourd’hui, voilà où se trouve le combat. C’est dans la persévérance, malgré les jougs que ce monde tente de mettre sur nos épaules, que nous aurons la victoire. La liberté de poursuivre notre route devient possible lorsque notre ennemi a été vaincu et qu’il ne peut plus nous nuire. Nous rejoignons alors ceux qui sont dans le monde sans être du monde. L’ennemi nous fait encore la guerre mais n’a plus de prise sur nous.
Jn 17:17 et 1 Jn 4:4
Comme les Israélites en Egypte, nous sommes face à un empire, Babylone, dont la stratégie est de nous combattre par l’éradication, l’assimilation ou la persécution. Ce système prend progressivement la main dans les domaines religieux, économique, politique, social, éducatif, familial, artistique, sportif… afin de faire la guerre aux saints.
Le Pharaon était le précurseur de la bête décrite dans l’Apocalypse et qui agit maintenant sous différentes formes.
Dans les années 30, un auteur américain écrit dans un de ses romans: « La dictature a évolué. Elle a l’apparence de la démocratie, mais c’est une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s’évader, un système d’esclavage où les esclaves auraient l’amour de leurs servitudes. » A. Exley
Face à la subtilité de cet esclavage, deux conseils nous sont donnés:
« Sortez de Babylone. » Apoc. 18:4 et « Purifiez-vous ! » Es. 1:16
Car les plaies du jugement final tomberont sur les iniques. Néanmoins il ne faut pas confondre le jugement réservé aux impies avec la guerre faite aux saints et qui entraînera toutes sortes de persécutions.
Apoc. 12 et 13
Sortir de Babylone est un processus nécessaire, incluant de vivre l’accomplissement de la rédemption, ceci afin d’être préparé pour la seconde venue de Yeshoua. Phil. 1:6
La Parasha Bo en révèle la sortie: seul le sang, porteur de pardon et de purification, nous conduit vers cette maturité.
Quant à la circoncision donnée à Abraham, elle est le signe de l’Alliance faite avec Dieu ainsi que de l’appartenance à Son peuple. Gen. 17:9-14
Cette Alliance a pu être conclue suite à la confiance du patriarche en Dieu et en Ses promesses. Gen. 15:5-21
La circoncision est donc le signe de la justice obtenue par la foi.
A la sortie d’Egypte, elle deviendra aussi le sceau de la délivrance.
Dans l’Alliance renouvelée, il est écrit que la véritable circoncision est celle du cœur (Rom. 2:29). Elle se manifeste par le dépouillement de notre vieille nature (Col. 2:11-13), le péché n’ayant plus de pouvoir sur le vieil homme mort. La nouvelle nature peut ainsi se développer, ayant des oreilles attentives à la voix de Dieu. Le cœur circoncis a pour sceau de justice le Saint-Esprit venu demeurer en nous. 1 Cor. 6:19
Ces étapes vécues conduiront à la sacrificature, cette mise à part permettant de sortir de Babylone.
En d’autres termes, quand le sang aura trouvé toutes ses réalisations en nous, nous serons en mesure de quitter le système babylonien.
Vaincre ce système qui nous retient dans l’esclavage implique une véritable ténacité, une entière persévérance, les yeux fixés sur Yeshoua. Seuls les « circoncis » ayant reconnu le Fils pourront être au bénéfice du sang de l’Agneau, seule issue à Babylone l’impure.
La Pâque
Le mot hébreu pour dire « Pâque » signifie: sauter, passer au-dessus, car l’Eternel a passé au-dessus des enfants d’Israël, préservant ainsi leur vie.
Cette nuit-là, l’ange de la mort a agi en force, épargnant les maisons marquées du sang.
Le peuple a été libéré très précisément un 15 Nissan après un séjour de 430 ans au pays de la servitude. « La tradition juive compte 400 ans à partir de la naissance d’Isaac à la sortie d’Egypte. Les 30 autres années seraient le temps écoulé entre la promesse faite à Abraham en Genèse 15:13 et la naissance d’Isaac… Mais rien ne prouve que cette hypothèse soit juste. Bien au contraire, le séjour en Egypte doit plutôt être de 430 ans. » Yves Coënne
Tony Robinson va dans le même sens en écrivant: « Le passage en Exode 12:40 ne nous indique pas quand la période des 430 ans a commencé. Avec l’aide d’une table généalogique, nous pouvons vérifier que ces 430 années couvrent la période de l’Alliance faite avec Abram en Genèse 15 et la libération d’Israël d’Egypte. Les 400 années se réfèrent à la période d’exil, qui commence avec la naissance d’Isaac, le 15 du mois d’Aviv. » (Aviv veut dire printemps en hébreu)
Concernant le 15 Nissan, jour de la libération des Hébreux, Yves Coënne ajoute:
« La tradition juive et Rachi affirment qu’Abraham a reçu la promesse de la libération de la descendance un 15 Nissan, qu’Isaac, le fils de la promesse, est né un 15 Nissan et que D.ieu a scellé l’Alliance faite à Abraham en passant entre les animaux découpés un 15 Nissan (…) En conséquence, je crois aussi que Yeshoua a été crucifié un 15 Nissan car il est l’Agneau de D.ieu qui a été immolé et qui ôte le péché du monde. Yeshoua est l’accomplissement de la Pâque de l’Eternel (…)
Il est passé sur les péchés du peuple qu’Il s’est acquis. La délivrance parfaite ne s’accomplit que par Yeshoua: Héb. 7:25. Ainsi, l’Eternel par le sang de Yeshoua qui a coulé, passe au-dessus de tous les péchés de ceux qui croient (…) En conséquence, il est impossible bibliquement parlant que le sacrifice de Yeshoua ait eu lieu à une autre date… que le 15 Nissan. » Yves Coënne
La Torah déjà nous enseigne que tous ceux qui placent leur confiance en Dieu seront sauvés. Un premier exemple est celui d’Abraham, le père des croyants: « Abraham eut confiance en l’Eternel, qui le lui imputa à justice. » Gen. 15:6
Un deuxième exemple est celui des enfants d’Israël à la veille de leur délivrance. Alors que la dixième plaie sévit en Egypte, ils ont eu confiance, qu’en étant à l’intérieur des maisons badigeonnées de sang, ils auraient la vie sauve.
Lors de cette terrible nuit dans laquelle tous les premiers-nés égyptiens sont morts, les premiers-nés hébreux sont gardés. C’est pourquoi l’Eternel dit à Moïse: « Consacre-moi tout premier-né, premier à ouvrir la matrice, parmi les enfants d’Israël, tant des hommes que des animaux: il est à moi. » Traduction Rachi
Yves Coënne explique:
« En hébreu cela donne peterre kol rerem, ce qui veut dire: tout ce qui ouvre le sein de la mère (…) Le sens de cette expression nous montre que le premier qui sort de l’endroit où est conçu le bébé ouvre la porte de la vie (…) Le premier-né a, aux yeux de D.ieu, une importance toute particulière car c’est celui qui ouvre la voie à la vie pour les autres. Cette notion se retrouve dans la Brit ‘Hadasha (nouvelle Alliance) où il est dit de Yeshoua qu’il est le premier-né de la famille de D.ieu, car c’est Lui qui ouvre à la vie de D.ieu. Rom. 8:29; Col. 1:15,18; Apoc. 1:5 (…) Dans le même sens, spirituellement, le premier-né dans une famille est celui qui donne le premier son cœur et sa vie à Yeshoua.
Celui-là est le premier-né spirituel de la famille. C’est lui qui est l’ouverture spirituelle possible à une grâce totale pour toute la famille. Ac. 16:31; Jn 3:16; Ac. 2:38-39 »
La Haftarah: un regard complémentaire
Le prophète commence par dépeindre le contexte général du passage: Dieu va exercer une nouvelle fois Ses jugements sur l’Egypte par le roi de Babylone, Nebucadnetsar.
Un mouvement est mis en marche dans l’annonce prophétique de Jérémie: « Fais ton bagage pour la captivité… le destructeur vient du septentrion… la fille de l’Egypte est confuse… livrée… » Jér. 46:19,20,24
Contrairement aux jugements de l’Exode exercés au travers d’animaux ou de catastrophes naturelles, il vient ici au travers d’une armée nombreuse.
Les thèmes communs entre la Torah et la Haftarah sont percutants:
– A nouveau, le jugement divin vise Pharaon, les hommes qui se confient en lui ainsi que les dieux égyptiens. Jér. 46:25
– L’armée babylonienne, comparée à un essaim de criquets, est connectée à l’invasion des criquets qui détruisent l’Egypte.
En hébreu, c’est le mot criquet qui est employé tant dans Jér. 46:23 que dans Ex.10:4. Les criquets (contrairement aux sauterelles) se déplacent en groupes imposants, peuvent anéantir des récoltes entières et même attaquer des arbres. Les habitants les craignent à cause d’une menace de famine, voire d’un présage de catastrophes à venir. Source: wikipedia.org
– Le texte biblique se termine par l’annonce de la délivrance d’Israël et de son retour en terre promise.
Rappelons que les prophéties peuvent avoir plusieurs accomplissements. Concernant la délivrance et le retour d’Israël, la sortie d’Egypte est un premier accomplissement de la Parole de Dieu.
Jér. 46:27 semble clairement être une promesse de délivrance du joug de Babylone, emprise qui aura duré 70 ans. Jér. 25:12
Quant au verset suivant (46:28), ne serait-il pas la promesse d’un retour lié à notre époque ? L’Aliyah commencée timidement à la fin du XIX ème siècle et allant croissant au fil du temps, la reconnaissance de l’Etat d’Israël en 1948, Jérusalem à nouveau sous juridiction juive en 1967, le déplacement de l’ambassade américaine dans la capitale en 2017… ces événements ne sont-ils pas tous des signes de la promesse faite dans le verset 28, et qui sont en train de s’accomplir sous nos yeux ?
Autrefois comme aujourd’hui, le message de Jérémie fait réfléchir. En effet, le prophète ne peut pas rester indifférent à la manière de gérer la géo-politique d’Israël. Il tente de faire prendre conscience à Israël que c’est en Dieu seul qu’il faut mettre sa confiance.
A ce sujet, Rony Akrich lance également un appel qui va dans le même sens que les Ecritures. Il fait des liens saisissants entre l’attitude de son peuple à l’époque de la captivité babylonienne et la situation contemporaine. En tant que Juif craignant Dieu, il s’interroge:
« A qui Israël fait-il allégeance de nos jours ? A une super puissance ou à l’Eternel ? » Il ajoute: « Aujourd’hui, Israël est l’obligé des Etats-Unis (…) Quand le général Winter a envoyé une missive laissant entendre que nous n’étions pas à Gaza simplement par notre force, mais que nous demandions l’aide de Dieu, il a été rabroué, empêché d’avancement… car les hommes pensaient que toute la force résidait en eux, que toute la puissance leur appartenait (…)
Je crains fort pour notre armée s’il y avait aujourd’hui un véritable conflit au Moyen-Orient. Y aura-t-il un sursaut ? Je ne sais pas si un sursaut seul nous permettrait de tenir la route de la confrontation qui serait nécessaire jusqu’à la victoire. »
L’interpellation de Jérémie est toujours d’actualité. Au cours de l’Histoire, des hommes ont manifesté leur confiance en Dieu qui seul peut sauver. David, Josué, Gédéon… partaient en guerre sur un ordre de l’Eternel et comptaient sur Sa force. Aujourd’hui aussi, des témoignages de soldats israéliens nous parviennent: ils prient et reviennent à Dieu de tout leur cœur.
« Béni soit l’homme qui se confie dans l’Eternel, et dont l’Eternel est l’espérance !
Il est comme un arbre planté près des eaux, et qui étend ses racines vers le courant; il n’aperçoit point la chaleur quand elle vient, et son feuillage reste vert; dans l’année de la sécheresse, il n’a point de crainte, et il ne cesse de porter du fruit. » Jér.17:7-8
La Bessora: une Alliance allant vers son accomplissement
Après avoir dit quelques mots sur la Pâque que Yeshoua a pleinement accomplie lors de son sacrifice sur la croix, voici encore quelques exemples d’accomplissement des Ecritures:
– Ex. 12:46 dit que « pas un de ses os ne sera brisé », précision que Jean souligne en Jn 19:36.
– Jean cite une prophétie de Zacharie en écrivant: « Ils verront celui qu’ils ont percé. » Un peu avant, il précise: « Ces choses sont arrivées, afin que l’Ecriture fût accomplie. » Jn 19:36
La prophétie donnée par Zacharie trouve un premier accomplissement au travers de la foule, témoin de la crucifixion. L’accomplissement final aura lieu lorsqu’Israël, en tant que peuple, aura une révélation de l’identité du Messie. Zach. 12:10
L’Evangile parle d’une sombre nuit spirituelle où les forces du mal se déchaînent à Gethsémané. La tristesse, la frayeur et les angoisses de Yeshoua, ses disciples accablés par un sommeil profond sont quelques signes manifestant l’atmosphère lourde et morbide de l’instant.
Pourtant, de la même manière que la nuit de la dixième plaie a ouvert la porte à la libération d’Israël, de même la nuit présente dans le jardin des oliviers conduit à la plus grande victoire de tous les temps: la vie a triomphé de la mort !
Dans le livre de la Révélation, Jean annonce des événements importants qui auront lieu peu avant la seconde venue de Yeshoua; cet événement majeur sera une libération pour notre monde, car le Messie exercera Son autorité sur la terre entière. De la même manière que la libération de l’esclavage égyptien a été précédée de dix plaies, de la même manière le retour en gloire de Yeshoua sera précédé de « plaies » appelées trompettes et coupes par Jean.
Dans son livre sur « la Pâque », Dan Juster fait remarquer que beaucoup des châtiments décrits par l’apôtre sont similaires aux plaies d’Egypte mais narrés dans un ordre différent. Y verrons-nous une confirmation de la Torah qui est l’ombre des choses à venir ?
Le mot prophétique
Les plaies se succèdent, la pression augmente, la destruction du pays s’étend… et par la mort des premiers-nés le jugement se fait final, complet. Au moment où le peuple est libre, c’est un pays dévasté que les Israélites laissent derrière eux.
Et si ce qui est conté dans l’Exode évoquait un autre processus, où des contractions successives mènent à une naissance… processus où une pression croissante va permettre une expulsion… jusqu’à apporter… la délivrance ? Processus sur lequel d’ailleurs il fut aussi question d’un jugement, il y a longtemps, lorsqu’au moment de la chute Dieu avait déclaré à la femme qu’Il rendrait ses accouchements douloureux…
Il est intéressant de remarquer que les deux poteaux et le linteau de la porte badigeonnés du sang, tel que prescrit par l’Eternel, sont trois bois dont la forme est celle d’une lettre hébraïque: le het… lettre qui représente l’abréviation du mot « vie » (haïm). Il est possible d’en conclure que lorsque nous obéissons aux commandements, comme ici dans le rituel de la Pâque, nous avons la vie…
Dans le prolongement de ceci, Tony Robinson dit: « Intuitivement, nous pouvons voir l’événement de l’Exode comme la naissance d’une nation. Avant la nuit du Passage (Pessah/la Pâque), les Israélites avaient enduit les montants de leur porte avec le sang de l’agneau. Ils ne quittèrent pas leur maison durant toute la nuit. Lorsqu’ils se sont couchés cette nuit-là, ils étaient toujours esclaves. Au milieu de la nuit, ils ont entendu des cris perçants de douleur et d’angoisse à travers toute l’Egypte, comme lors d’un accouchement naturel. Tôt ce matin-là, les Israélites sont sortis de chez eux par leur porte tachée de sang: ils sont une nation libre, tout comme un enfant sort de l’orifice sanglant. Une nouvelle nation venait littéralement de naître, rachetée par le sang d’un agneau. Ils n’étaient plus esclaves. »
Si cette « naissance d’Israël » est liée à la Pâque et au sang de l’agneau qui les a protégés, l’autre élément est qu’« aucun incirconcis n’en mangera. » Ex. 12:48
La circoncision et le sang de l’agneau pascal permettent de parler de naissance… la circoncision du cœur et le sang de l’Agneau sont les deux signes qui évoquent, quant à eux, une nouvelle naissance. C’est l’image de l’enfant hébreu dont le jour de naissance marque le commencement d’une nouvelle existence, mais qui au 8ème jour (8 = nouveau / renouveau) sera circoncis et recevra alors son nom, celui-ci ayant valeur d’identité. Ce 8ème jour devient ainsi « une seconde mise au monde », un jour nouveau, un moment où l’enfant entre dans l’alliance faite entre Dieu et ses pères, et y reçoit son nom, son identité, établissement fondamental pour tout être humain appelé à prendre sa place après avoir reçu le don de sa vie.
« Tu es Image, Israël, ne l’oublie pas. Tu es né, tu as été créé, engendré pour cela, pour représenter, pour illustrer, pour signifier. Ton nom est Image, Israël, c’est celui que je t’ai donné de toute éternité. Celui dans lequel ton destin est scellé ». Père Luc Dumas dans « Lettre éternelle aux Juifs », p.44
Naissance… nouvelle naissance… le principe est fondateur de l’Eglise même à son origine. Décliné dans toutes les couleurs dénominationnelles, rien ne surprend depuis Nicodème. Excepté un élément important: si la nouvelle naissance est constitutive de l’Eglise primitive, aujourd’hui il est question de l’Eglise finitive, d’un Corps appelé à devenir Epouse, annonçant une intimité différente exigeant une mise à part, une purification. Mais laquelle, et comment aller plus loin encore dans ce qui est enseigné sous les clochers depuis deux millénaires ?
« La sortie de Babylone se réalisera lorsque le sang aura trouvé toutes ses réalisations en nous. » » (L.Micciche) Dit autrement, c’est en appliquant le sang sur les linteaux de nos vies et non seulement en contemplant l’agneau que la délivrance s’accomplit. Les Hébreux n’ont pu se contenter d’immoler l’agneau, il fallut s’emparer du sang pour le déposer sur leur porte afin d’être mis à part cette nuit-là. Le secret de cette nouvelle humanité est là, et seul un peuple qui saura se saisir du sang deviendra un peuple nouveau… un peuple qui sort.
Introduction à l’alphabet hébraïque
HÊT: huitième consonne de l’alphabet
Sens premier: barrière
Sens dérivé: obstacle qui peut devenir relais stimulant, dynamisme neuf, on peut s’y briser en s’enfermant sur soi ou le traverser
Valeur numérique: 8, nouveauté de vie et trans-formation

Elabortion et rédaction: Catherine Lambert
Vision et mot prophétique: Cathy Raeber Grobéty
Relecture et intercession: Hansjörg et Lucienne Wolfer
Mot prophétique: Cathy Raeber Grobéty
Relecture et intercession: Hansjörg et Lucienne Wolfer
Sources: Tony Robinson: www.restora5ono6orah.org
Lucas Micciche: www.bethyeshoua.org
Jacques Sobieski: www.bethyeshoua.org
Chris
Le Filet du Maître est une association chrétienne interconfessionnelle qui a pour objectif de tisser un vaste filet d'hommes et de femmes de bonne volonté, unis ensemble, par des relations de cœur à cœur, et désirant servir pour le Royaume de Dieu... Elle a pour but de détecter les dons et les compétences de chacun, Leur apporter une formation théorique et pratique, Leur offrir le moyen de servir en équipe dans les églises, les cellules, et les groupes en connexion avec l'association à laquelle ils font appel pour son savoir-faire.


