La Torah: Genèse 6:9 à 11:32

La Haftarah: Esaïe 54:1 à 55:5

La Bessora: Marc 10:17 à 27

Matt. 24:36 à 44

Luc 17:26 à 37

Actes 2:1 à 16

1 Pierre 3:18 à 22

 

La Torah: notre instruction

 

Cette Parasha parle de la construction de l’arche, du séjour à l’intérieur durant le déluge et de la sortie après une année. Gen. 8:14

Il s’ensuit quelques règles données par l’Eternel: 

– « Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre. » Gen. 9:1

– « Seulement, vous ne mangerez point de chair avec son âme, avec son sang. » Gen. 9:3-4

A partir de là, l’être humain a la permission de manger de la viande avec cette consigne.

 

Ces versets concernant la nourriture sont interpellants

 

Actes 10:9-16 décrit Pierre priant sur le toit de son hôte à Joppé. Il a la vision d’une nappe remplie d’animaux impurs. Le fait de refuser de tuer et de manger ces animaux dénotait que ce disciple était attentif à ce qu’il mangeait. Il devait certainement observer les règles alimentaires données dans le livre du Lévitique.

Il s’ensuit l’épisode de Corneille et des premiers Gentils qui accueillent la Bonne Nouvelle et sont baptisés du Saint-Esprit.

Ce changement majeur donne lieu au premier concile de Jérusalem narré dans Actes 15. 

A propos du sang, il est dit: « … qu’on leur écrive de s’abstenir des souillures des idoles, de l’impudicité, des animaux étouffés et du sang. » Ac. 15:20                     

Le sujet est suffisamment central pour que la consigne soit répétée au verset 29 ainsi qu’en Actes 21:25. Si cette question, rapportée par les apôtres, apparaît dans la Brit Hadasha (Nouveau Testament), elle vient alors interpellante pour nous aujourd’hui encore. Nous y reviendrons dans le livre du Lévitique.

 

La Parasha se poursuit avec la généalogie des fils de Noé que l’on trouve à la fin du chapitre 9 et au début du chapitre 10.

Elle se termine avec le récit de la tour de Babel au chapitre 11, sujet sur lequel il est important de s’arrêter quelques instants.

 

Se faire un nom

L’humanité a été séduite au point de se prendre pour Dieu 

Les hommes utilisent la même expression que Dieu:

« Allons ! Faisons des briques… » Gen. 11:3

Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image. » Gen. 1:26

L’analyse thématique (qui est une recherche de mots et de thèmes communs entre les textes) est un outil précieux pour comprendre les Ecritures plus en profondeur et les interpréter de manière toujours plus précise. Cet épisode enseigne que la génération de la tour de Babel est séduite au point de se prendre pour Dieu. Elle se prend pour le Créateur et va jusqu’à parler comme Lui. 

Elle essaie de créer quelque chose, comme Dieu.

Dieu a créé les cieux et la terre.

Ces hommes déclarent vouloir construire une ville et une tour qui connectera la terre au ciel. 

L’homme veut se glorifier au point de se croire égal au Créateur. L’erreur de la tour de Babel prend une odeur religieuse en voulant toucher le ciel: il y a un mélange des choses du ciel (voies de Dieu) avec celles de la terre (voies de l’homme).

Cet aspect est aussi souligné par le nom de Babylone qui comporte la notion de mélange. »     Tony Robinson

L’homme désobéit à Dieu, il ne veut en faire qu’à sa tête

A la création de l’homme et de la femme, il est écrit dans Gen. 1:28:

« Dieu les bénit, et Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez, et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre. » 

 Dans Gen. 11:4 il est écrit: « … Allons… bâtissons… faisons-nous un nom… afin que nous ne soyons pas dispersés… »

 

Cette génération désobéit volontairement au plan divin qui était de remplir la terre.

En réalité, la construction de la tour de Babel est une rébellion ouverte contre Dieu.

L’humanité veut se faire un nom, être dans un lieu

Dans sa rébellion, l’homme veut construire une ville, une tour et se faire un nom. Ainsi, en choisissant de rester dans un lieu particulier, refusant de « remplir la terre », il désobéit au Créateur.

Une question se pose: Pourquoi est-il si important pour l’être humain de se faire un nom dans un lieu particulier?

Utiliser l’analyse thématique permet de mieux comprendre que le plan de Dieu était de choisir un lieu qui deviendrait une ville, ville dans laquelle Il allait construire un Temple afin d’y faire demeurer Son Nom.

Au travers de ce récit, quelques motivations profondes de cette génération sont révélées.

Bien que Jérusalem ne soit jamais mentionnée dans la Torah, au niveau prophétique le lieu se réfère à cette ville. Deut. 12:11 ; 14:23 ; 16:6 et 11 ; 26:2

 

Tony Robinson fait remarquer qu’il existe un lien entre Gen. 11:1-9 et Es. 2:1-4.

« La génération de la Tour de Babel se rassembla dans une vallée.

Adonaï rassemblera toutes les nations sur Sa montagne.

Dans les deux passages, le peuple utilise la phrase: Allons/Montons. La génération de la Tour de Babel est autocentrée sur l’homme, alors que dans la prophétie d’Esaïe le but est de glorifier l’Eternel.

Les deux passages parlent des habitants de la terre se rassemblant dans une ville.

La maison d’Adonaï sera haut placée au-dessus des montagnes (près des cieux). C’est près des cieux que la génération de la Tour de Babel voulait élever sa tour (maison). »

Il ajoute: « Cette génération avait pour but l’établissement et la propagation d’un faux système religieux, Babylone: la déification suprême de l’homme… L’humanité a essayé d’accomplir le plan d’Adonaï toute seule – en établissant un lieu, dans une ville (Shinear comparée à Babylone), avec une maison d’adoration (la tour), où l’humanité aurait pu se faire un nom (au lieu d’invoquer/de faire appel au nom de YHVH) avec une seule voix (langage)…

Au lieu de s’unir pour invoquer le Nom du Seul Véritable Elohim, cette humanité s’unit pour invoquer le nom de l’homme. 

Sophonie nous dit que des lèvres pures seront données aux peuples, afin qu’ils invoquent le Nom de YHVH. »

 

Le besoin de se faire un nom, de régner sans Dieu apparaît au chapitre 10 où Nimrod, descendant de Cham, est décrit comme quelqu’un qui commence à être puissant sur la terre, « un vaillant chasseur devant l’Eternel. » Gen. 10:8

Yves Coënne donne une explication intéressante concernant la description qui est faite de Nimrod:

« Cette expression veut dire qu’il savait captiver les foules pour les entraîner à la rébellion contre Dieu.

Il était très habile pour prendre les foules au filet et les amener contre l’Eternel. Il faisait tout pour que la connaissance de Dieu ne se répande pas parmi le peuple. Il imposa le culte aux idoles et celui qui n’adorait pas les idoles était jeté dans une fournaise ardente (tradition juive).

Dieu fait avorter l’ambition de Nimrod. Il disperse les hommes sur toute la surface de la terre. Ces événements eurent lieu du temps d’Héber, fils de Schélach: 

Il naquit à Héber deux fils: le nom de l’un était Péleg, parce que de son temps la terre fut partagée… Gen. 10:25

Nimrod était l’arrière-petit-fils de Noé (Noé, Cham, Cusch, Nimrod). Noé est encore vivant. Nimrod sait donc les raisons qui ont entraîné un tel jugement (déluge). Malgré cela, Nimrod s’en va provoquer et affronter Dieu en entraînant tous les hommes de la terre.

Dans Sa bonté et Sa miséricorde, Dieu n’élimine pas les révoltés mais les disperse et confond leurs langages…

Noé a vécu 350 ans après le déluge. 

Abraham a connu Noé durant les 60 premières années de sa vie. Il a aussi connu tous ses pères depuis le déluge. Il a vécu du temps de Nimrod. Il a vu la construction de la tour de Babel, la dispersion des hommes, la confusion des langages.

Ceci nous donne une idée de la façon dont Abraham, le père des croyants, a pu vivre tous ces événements chaotiques et garder la foi en l’Eternel… »

 

L’histoire de Nimrod et celle de la tour de Babel révèlent les conséquences dramatiques pour avoir mangé de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

Comme il a été dit dans la Parasha Bereshit, manger de cet arbre revient à:

– Etre son propre dieu

– Décider de ce qui est juste ou faux, bien ou mal

– Rédiger ses propres lois

– Faire sa propre volonté sans en référer à Dieu

– Refuser d’être en relation avec le Créateur

– Vouloir une connaissance et un savoir déconnectés d’une relation vivante avec Lui.

 

L’homme et la femme avaient une relation avec Dieu, ce qui leur permettait de recevoir des révélations de Sa part. Ils ont choisi de rechercher une connaissance dont Dieu n’était plus la source, une connaissance faisant abstraction de la relation.

Aujourd’hui encore, nous sommes dans une situation qui nécessite un choix:

Aspirer à une connaissance et un savoir auxquels nous allons accéder en nous promenant avec Dieu dans le jardin, mangeant jour après jour de l’arbre de vie… Ou être attirés par un savoir qui devient un but en lui-même, afin d’obtenir une reconnaissance, et ceci sans relation avec le Créateur.

Ce principe est aussi vrai en ce qui concerne la lecture de la Bible.

En effet, nous pouvons la lire à partir de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. La Parole devient alors une source de mort parce qu’issue d’un arbre qui nous coupe du Créateur. Par conséquent, elle devient une information théorique et intellectuelle.

Cette même Parole est une source de Vie lorsqu’elle est mangée à partir de l’arbre de vie. Elle devient alors révélation et nourrit l’être tout entier.

Pour le dire autrement, l’arbre de la connaissance du bien et du mal offre un savoir sans la beauté de la relation, sans l’attente patiente du moment où Dieu va libérer la révélation.

Manger les Ecritures à partir de l’arbre de vie développe une relation profonde avec le Seigneur, Sa vie coule alors continuellement en nous et peut produire un fruit. Jean 15:4-5 

Et aujourd’hui ?

 

Au travers de l’histoire de la tour de Babel, il y a la volonté de créer une société centrée sur l’homme.

Le désir d’être son propre dieu est très présent et le besoin de se faire un nom est une aspiration profonde. Gen. 11:4 

Aujourd’hui, les temps sont secouants, voire chaotiques. Ils amènent beaucoup de troubles, d’insécurité, d’anxiété et de perte de repères.

Dans ce sens, les lois votées dernièrement dans nos pays seraient-elles de nature à nous ramener à une forme de tohu bohu ?

N’est-il pas interpellant d’entendre, de la bouche de nos dirigeants, qu’un N.O.M. (Nouvel Ordre Mondial) serait la solution aux problèmes de la planète ? Un N.O.M. qui parle d’un système unique à mettre en place, remède à tous les maux ?

 Pourtant, l’être humain créé à l’image de Dieu est appelé à invoquer le Nom de l’Eternel.

Mais, contrairement au projet divin, les hommes ont voulu se faire un nom. Ils ont voulu copier Dieu.

En français, le nom et le N.O.M. ont la même consonance. Y a-t-il quelque chose à entendre ?

L’auteur de l’épître aux Hébreux dit que la Torah est l’ombre des choses à venir. Héb. 10:1

Cela veut dire que les récits de la Torah, événements qui se sont réellement passés, sont aussi des images prophétiques d’événements futurs.   

Réflexion et prière

 

De quelle manière le récit de la tour de Babel nous enseigne-t-il à propos de ce que nous vivons aujourd’hui ?

– Face à un ordre nouveau qui se met en place en Occident, quelle prise de conscience, quelle préparation envisager ?

En parlant de la Babylone de Nimrod, l’apôtre Jean donnait ce conseil: « Sortez du milieu d’elle, mon peuple! » Apoc. 18:4

 

Sortir de Babylone, n’est-ce pas revenir à la relation d’intimité avec Dieu où la connaissance est donnée par révélation ? N’est-ce pas marcher à contre-courant en refusant le mélange et le compromis ? Dans ce sens, seuls des cœurs métamorphosés permettront de sortir de Babylone, afin d’être toujours plus sel de la terre et lumière du monde, sur l’encouragement de Yeshoua:

 « Que votre cœur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en moi. » Jn 14:1

 « Quand ces choses commenceront à arriver, redressez-vous et levez vos têtes, parce que votre délivrance est proche. » Luc 21 :28

La Haftarah: un regard complémentaire

Les liens thématiques entre le passage de la Genèse et ce qu’Esaïe écrit sont frappants. Les promesses que le Seigneur fait à Noé après le déluge sont réaffirmées dans la bouche d’Esaïe.

Il est parlé de multiplication et d’élargissement. Gen. 9:7 / Es. 54:1-4

Dans Gen. 9:9-17, il est question d’une Alliance avec tous les êtres vivants. 

Esaïe ajoute que cette Alliance avec l’homme est semblable à l’alliance entre un époux et une épouse. Es. 54:5-6

Après le déluge, Dieu promet de ne plus détruire la terre. Gen. 9:11

Par Esaïe, Dieu ajoute qu’Il ne s’irritera plus contre Sa créature. Es. 54:9

 

En fin de compte, le jugement d’Adonaï ne durera pas toujours. Il est temporaire et il viendra un temps où le peuple sera délivré. C’est l’espérance dont le prophète est le messager. 

Parce que le Messie annoncé portera le péché d’Israël et celui du monde entier, Il offrira la vie éternelle à tous ceux qui mettent leur confiance en Lui. 

Pour les croyants, le jugement de Dieu sera « comme les eaux de Noé »: nous étions par nature des enfants de colère, mais le Seigneur rempli de miséricorde nous a rendus à la vie avec Christ. Eph. 2:3-5

S’il est promis à Noé une Alliance pour les générations futures dans Gen. 9:12, Esaïe nous dévoile que cette Alliance fait d’Israël un témoin auprès des nations qui accourront vers lui. Es. 55:4-5

En écoutant des commentateurs juifs, on peut constater une forte résilience dans les situations les plus difficiles, fondée sur une manière de penser très différente de la mentalité occidentale:

 

« Il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le premier jour. » Gen. 1:5

Dans la pensée juive, la journée commence le soir, au coucher du soleil, lorsque la nuit vient. Par conséquent, être dans la nuit ne peut que conduire à la lumière. Etre en exil ne peut qu’annoncer un retour sur la terre d’Israël… C’est d’ailleurs ce qu’ont annoncé plusieurs prophètes.

 

Dans le chapitre 54, Esaïe encourage Jérusalem à se réjouir alors qu’elle se trouve dans un contexte d’exil dans lequel elle est stérile et n’enfante plus. Inspiré par le Seigneur, le prophète promet des fils et encourage la délaissée, l’exilée à élargir l’espace de sa tente, à se répandre à droite et à gauche. 

« Jérusalem, chante pour ton Dieu. Toi qui n’enfantes plus, qui es dans la honte, le déshonneur et le veuvage, toi qui portes encore les marques de l’abandon… Fais éclater ton allégresse car l’exil touche à sa fin, tu reviens sur ta terre. Tes ennemis seront vaincus, tes villes désertes seront reconstruites et repeuplées. Et je serai à nouveau ton Epoux, dans une alliance de paix qui ne chancellera point… 

Le prophète fait ensuite la description d’une Jérusalem étincelante, ressemblant étrangement à la Jérusalem qui descendra du ciel. Es. 54:11-14; Apoc. 21:10-27

 

En conclusion, cette Haftarah est une des sept Haftarot dites de consolation: elle annonce la restauration de toutes choses. 

Alors que le retour de l’exil se poursuit, que des villes désertes sont reconstruites, l’attente fervente du Messie augmente. 

Quelle joie, quel sujet d’espérance de savoir qu’Il reviendra habiter parmi les Siens! 

Le voir régner au milieu de Son peuple et devenir avec Lui une source de bénédiction pour toutes les nations fait partie des consolations majeures du peuple de Dieu.

La Bessora: une Alliance allant vers son accomplissement

Yeshoua étant venu pour accomplir la Torah et non l’abolir, repérer les thèmes communs entre les textes du Tanakh (première Alliance) et ceux de la Brit Hadasha (Alliance renouvelée) va donner du relief aux Ecritures et permettre de mieux comprendre la pensée de Dieu afin de s’y aligner.

L’Eternel a choisi de révéler Son plan progressivement. La Torah ne présente pas chaque thème de manière précise et détaillée. Elle utilise des ombres et des images pour nous enseigner d’importantes leçons. Elle est l’ombre des choses à venir. Héb. 10:1

Elle a été écrite de cette manière pour que le Seigneur puisse révéler Ses mystères selon Son calendrier. Eph. 3:1-11

Le récit du déluge est un exemple pertinent de la révélation progressive utilisée par Adonaï. Cet événement est relié de façon thématique à la fin des temps et au Jour du Seigneur.

Entre les jours de Noé et le Jour du Seigneur, les hommes impies s’amusent, achètent et vendent, plantent et bâtissent. Ils ne se doutent de rien jusqu’au moment où ils sont emportés en vue de la destruction et du jugement.

L’attitude des hommes de ces deux époques est très semblable.

En effet, ceux de la génération de Noé ont dû voir cet homme à l’œuvre puisque la construction de l’arche a duré une centaine d’années. Ils n’ont pas pris au sérieux le projet de Dieu de détruire la terre et ne sont pas entrés dans l’arche avec Noé et sa famille.

Dans le même sens, les hommes des temps de la fin ne croiront pas au retour du Seigneur. Ils seront moqueurs, comme le relève l’apôtre Pierre dans sa deuxième épître. 2 Pie. 3:3-7

Y aurait-il une analogie entre les croyants du temps de Noé (sa famille), qui ont été préservés par l’arche qui s’élevait sur les eaux, et les croyants de la fin des temps appelés à être élevés à la rencontre du Seigneur, sur la nuée, au moment de Son retour? 1 Thess. 4:14 à 17

Si la Torah est l’ombre des choses à venir, le déluge est alors une image du jugement à venir pour les pécheurs et une image de l’accomplissement du salut pour les justes.

Le déluge nous dépeint le jugement qui aura lieu « au Jour du Seigneur». Comme les impies du temps de Noé, les hommes rejetant le salut à la fin des temps seront emportés afin d’être jugés et détruits.

Matt. 24:36-41 parle de cet événement important communément appelé « enlèvement ». 

Le contexte de ce passage est celui du jugement des impies. Ceux qui sont emportés le sont pour le jugement. 

Luc 17:26-37 va dans le même sens. Cet épisode a lieu « le Jour du Seigneur », ce qui laisse supposer que ce temps se situerait après la tribulation appelée à venir sur le monde.

L’expression « emporter, prendre » est un terme hébreu qui signifie ici « détruire, tuer ». « Etre enlevé » dans le contexte de Matt. 24 signifierait donc être pris, non pour être uni au Messie, mais plutôt pour la destruction et le jugement. Quelle interprétation surprenante s’il en est. Dans le Tanakh, il existe de nombreuses références à ce sujet, « être pris » ayant le sens de « être détruit ». Es. 40:24; Es. 57:13; Es. 64:6; Ez. 30:4; Dan. 11:12; 2 Rois 12:3

En conclusion, cette Parasha encourage à invoquer le Nom du Seigneur en Lui rendant gloire et honneur.

Il est le Créateur, Il a fait Alliance avec Sa création et veut bénir l’homme qui se confie en Lui. Dans Son amour, Il avertit aussi les incrédules de ce qui les attend au Jour du Seigneur. 

A ceux qui se tournent vers Lui, une destinée glorieuse est promise: Le représenter sur cette terre et prendre soin de la Création sous Son autorité.

Le mot prophétique

Babylone et Jérusalem… deux villes aux consonances fortes, aux parfums entêtants, symboles universels… deux villes que tout oppose, aux mentalités aussi éloignées que l’Orient l’est de     l’Occident. Et pourtant.                                                                       

Sortir de Babylone… pourquoi et pour quoi ? si ce n’est pour aller à Jérusalem ? Mais où est donc le chemin qui permette réellement de sortir de cette ville tentaculaire aux allures de labyrinthe, dont tant de fois l’on a cru s’extraire pour ne se trouver en fait que dans le quartier d’à-côté ?

Seule une compréhension profonde de la nature de cette opposition peut permettre de baliser une voie de sortie.

*   Tout d’abord les briques. En Egypte déjà les briques avaient été symbole d’esclavage. A Babylone, les voilà qui réapparaissent. Seuls lieux bibliques où la pierre n’est pas le matériau privilégié: taillée par l’homme pour les constructions terrestres, par Dieu lorsqu’il s’agit de faire de Ses enfants « des pierres vivantes » (1Pi.2.5), la pierre est le matériau de Dieu, Christ étant la pierre angulaire, le rocher, la première pierre vivante… et non la brique première !       

La brique formate et rend uniforme. Sortie d’un moule elle se reproduit à l’infini, photocopie et non création. Gommant tout particularisme, elle mélange et confond… alors que Dieu crée des êtres uniques qu’Il établit et unit.

*  « Avec du bitume », symbole du péché, de la corruption… Christ bâtissant Son Eglise avec pour ciment le respect et l’amour…

* « Bâtissons-nous une ville » est le modèle humain. Jésus dit quant à lui : « JE bâtirai mon Eglise » (Matth.16.18). Notre église, est-elle bien Sa construction à Lui ?

*   Enfin, le nom… « Faisons-nous un nom » ! Indépendance au parfum arrogant de l’humain qui s’extrait de la main du Créateur pour chercher son propre marquage. Attitude opposée à celle de l’Eternel qui, par Ses prêtres, « mettra Son nom » sur Son peuple, tel un sceau divin, reconnaissance d’appartenance consentie. Nbr. 6

Tout comme le peuple hébreu est sorti de sa captivité babylonienne au temps de Dieu, de même un appel à se démarquer du monde ambiant résonne pour le peuple de l’Eglise depuis toujours. Juste plus fort et plus pressant aujourd’hui, il reste un écho au cœur d’un Père dont le projet premier est de se mettre à part un peuple susceptible d’être la lumière des autres peuples… au travers d’une intimité où seul l’amour serait le ferment d’une obéissance libre et volontaire. Mais être mis à part, c’est difficile, douloureux même… et l’être humain n’a jamais guère apprécié. 

Quitter l’exil pour revenir en Terre promise c’est exigeant, d’ailleurs beaucoup d’Hébreux sont restés au pays de Cyrus, n’ayant pas le goût du retour sur les terres de leurs ancêtres. C’est délicat aussi, l’identification de nos idolâtries étant du ressort de l’Esprit seul tant elles sont subtiles et difficiles à cerner. 

Que la lumière se fasse sur nos chemins et nous guide dans les embranchements délicats… entre Babylonien pratiquant et Pèlerin de la Jérusalem céleste. 

Seigneur, puisse l’Esprit parler… et nos oreilles entendre.

 

Quelques perles révélées à partir de l’hébreu

Un mot hébreu est généralement construit à partir de trois consonnes qui forment une racine. Cette dernière est précieuse car elle dévoile le sens profond du mot dont elle est porteuse.

S’il s’agit d’une personne, cette racine peut dévoiler un trait de caractère, une mission ou encore une destinée. Si elle fait référence à un verbe, à une expression, elle donne des précisions soulignant plus profondément le sens d’une phrase.

Ainsi, par exemple, le mot « Noah », titre de cette Parasha, contient des perles dévoilant la personnalité de ce patriarche ainsi qu’un aspect de sa mission.

Noah signifie repos, tranquillité. Il a la même racine que nehama voulant dire consolation

(En phonétique, h souligné se prononce /r/.)

Une première compréhension serait de dire que, dans sa nature, Noé est construit pour donner du repos et apporter une consolation.

« Noé était un homme juste et intègre, dans son temps; Noé marchait avec Dieu. » Gen. 6:9

Jacques Sobieski donne une explication riche de l’expression « marcher avec Dieu » en écrivant: « En réalité, Noé se fait marcher lui-même, il se conduisait lui-même vers Dieu de manière réfléchie… » 

Il ajoute que Noé s’est séparé du monde pervers pour marcher avec soi-même et avec Dieu.

« Fais-toi une arche de bois de gopher… tu l’enduiras de poix (kopher) en dedans et en dehors. » Gen. 6:14

Le mot arche se dit tevah en hébreu. Il a plutôt le sens de caisse en français.

Dans le Tanakh (Ancien Testament), deux passages parlent de caisse destinée à sauver: la première est celle que Noé est appelé à construire, la deuxième celle dans laquelle Moïse a été déposé pour échapper à la mort.

 

Tevah est un nom féminin. Le genre féminin assimile l’arche à un peuple, à un réceptacle prêt à recevoir la qehilah, l’Eglise, qui sera arrachée aux eaux de l’esprit du monde.

Pour précision, l’arche de l’Alliance de Moïse se dit aron et signifie coffre, arche, boîte. C’est une autre racine, donc un autre mot.

L’arche de Noé a été faite en bois de gopher, matériau sans intérêt et même inconnu. Par contre, la poix qui a enduit l’arche, kopher en hébreu, a une racine qui veut dire: rançon, rachat, présents, prix, poix, prix d’une vie, expiation…

Kopher vient de kaphar. Etant donné que les voyelles ne s’écrivent pas en hébreu, ces deux mots ont donc la même racine. De plus, kaphar a la même racine qu’un autre mot, kippour: expiation, expiatoire, rachat.

Jacques Sobieski conclut: « L’arche est recouverte et protégée par le prix de la vie de Yeshoua, comme prix d’expiation et de rachat. Kippour, le pardon à l’image de cette poix qui doit imprégner le bois, est la condition du salut, sinon l’arche coulera. L’arche qui transportera Noé, sa famille et les animaux seront couverts par le sang du sacrifice d’expiation. Et c’est au-dedans comme au-dehors que la couverture de la grâce sera effective. »

Chris

Le Filet du Maître est une association chrétienne interconfessionnelle qui a pour objectif de tisser un vaste filet d'hommes et de femmes de bonne volonté, unis ensemble, par des relations de cœur à cœur, et désirant servir pour le Royaume de Dieu... Elle a pour but de détecter les dons et les compétences de chacun, Leur apporter une formation théorique et pratique, Leur offrir le moyen de servir en équipe dans les églises, les cellules, et les groupes en connexion avec l'association à laquelle ils font appel pour son savoir-faire.