Parasha 21

Ki Tissa…  (Quand tu feras…)

 

La Torah: Exode 30:11 à 34:35

La Haftarah: 1 Rois 18:1 à 39

La Bessora: Marc 15:29 à 41

          Luc 11:14 à 20

          Actes 7:35 à 8:1

          1 Corinthiens 10:1 à 13

          2 Corinthiens 3:1 à 18

 

La Torah: notre instruction

La Parasha de la semaine dernière intitulée Tétsavé décrivait les vêtements du souverain sacrificateur ainsi que plusieurs éléments du tabernacle:

– l’autel des holocaustes dans le parvis

– la table des pains de proposition, la menorah et l’autel des parfums dans le lieu saint

– l’arche, le lieu où Dieu règne, dans le lieu très saint.

La Parasha Ki Tissa aborde les éléments restants et approfondit quelques notions déjà vues.

 

Notre cheminement en lien avec la description du tabernacle 

Le rachat: Ex. 30:12, 16

Les Israélites, délivrés d’un ennemi plus fort qu’eux, étaient des rachetés de l’Eternel.

 « Chacun paiera le rachat pour sa personne. Chaque homme donnera à HaShem un pardon pour son âme. » Ex. 30:12

« Tu le donneras pour la tente d’Assignation… de façon à obtenir le pardon pour vos âmes. » Ex. 30:16

Chaque homme au-dessus de vingt ans payait donc un demi-sicle, petite somme dit Rachi.

Cet argent servait à la construction du tabernacle puis à son entretien. Ce demi-sicle signifiait que, pour être sauvé de la mort, une rançon devait être payée. Cette rançon apportée à l’Eternel était quelque chose d’extérieur à la personne, soulignant ainsi qu’elle ne pouvait pas se sauver par elle-même.

 

Dans ce passage, nous en déduisons que la Torah expliquait déjà qu’une rançon devait être payée pour être sauvé de la mort. 

En versant Son sang, Yeshoua a apporté la rançon demandée par le Père, accomplissant ainsi cette ordonnance. 

Ainsi ceux qui appartiennent à Yeshoua sont tous des rachetés de l’Eternel devant veiller à ne pas croire qu’ils peuvent se racheter eux-mêmes… Au contraire, étant rachetés par grâce, ils acceptent de se donner comme pierres vivantes afin de former le Temple de l’Eternel.

La cuve d’airain: Ex. 30:17-21

Le sacrificateur devait se laver les mains et les pieds dans cette cuve avant de pouvoir officier.

Dans Jean 13, Yeshoua lave les pieds de ses disciples afin qu’ils soient en communion avec Lui et puissent servir Dieu. 

Yves Coënne précise: « Laver les pieds a un rapport direct avec la marche. » Cela signifie qu’il faut apprendre à marcher à la lumière de Yeshoua. Notre Souverain Sacrificateur instruit par Sa Parole, eau vive qui enlève toute impureté. Non seulement elle purifie des mensonges et des mauvaises pensées, mais elle renouvelle l’intelligence afin de recevoir la pensée de Dieu.

 

Ainsi, en écoutant la Parole créatrice et en la mettant en pratique, elle produira des fruits qui demeurent.

L’expression « se laver les mains » a un rapport direct avec nos capacités. Ainsi, il s’agit d’apprendre à faire les œuvres préparées d’avance par l’Eternel, se lavant les mains dans

l’innocence avant de s’approcher de l’autel, ceci faisant référence à la pureté de celui qui s’approche de Dieu pour L’adorer et Le servir. Ps. 26:6

Etre oint: Ex. 30:22-32

Cette huile d’onction sainte réalisée selon l’art du parfumeur ne devait pas être répandue sur un étranger, c’est-à-dire sur un incroyant. Elle servait à oindre les sacrificateurs, les rois et tout ce qui touchait à la Présence de Dieu, libérant ainsi le parfum du Messie.

« Grâces soient rendues à Dieu, qui nous fait toujours triompher en Christ, et qui répand par nous en tout lieu l’odeur de sa connaissance! Nous sommes, en effet, pour Dieu la bonne odeur de Christ, parmi ceux qui sont sauvés et parmi ceux qui périssent: aux uns, une odeur de mort, donnant la mort; aux autres, une odeur de vie, donnant la vie. » 2 Cor. 2:14-16

Cette onction vient de Dieu et vit en Ses enfants. Il ne faut donc pas la répandre sur n’importe quoi ou sur n’importe qui. L’apôtre Paul rend Timothée attentif à ce sujet: « N’impose les mains à personne avec précipitation, et ne participe pas aux péchés d’autrui; toi-même, conserve-toi pur. » 1 Tim. 5:22

 

Les parfums

Comme l’huile, le parfum était fabriqué selon les consignes très précises de Dieu. Il fallait le confectionner uniquement pour les usages prévus par Dieu. 

2 Cor. 2:15 rappelle que nous sommes la bonne odeur de Christ. En apportant nos prières au Seigneur, c’est un parfum qui s’élève jusqu’à Son trône: « Et un autre ange vint, et il se tint sur l’autel, ayant un encensoir d’or; on lui donna beaucoup de parfums, afin qu’il les offrît, avec les prières de tous les saints, sur l’autel d’or qui est devant le trône. La fumée des parfums monta, avec les prières des saints, de la main de l’ange devant Dieu. » Apoc. 8:3-4

 

Yves Coënne fait un commentaire intéressant à ce sujet: 

« Les prières témoignent devant Dieu de notre amour pour Lui et de notre amour pour les autres… Certaines de ces prières ne sont pas parfaites comme le « galbane » inclus dans la composition divine du parfum offert à l’Eternel. Nos prières, malgré tout, sont toujours agréées par Lui dans le nom de Yeshoua dès lors que notre attitude de cœur est sincère, que nous cherchons à Lui être agréables et à faire Sa volonté. 

Ainsi qu’il est dans Jean 9:31: « Nous savons que Dieu n’exauce pas les pécheurs; mais, si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce. » Ainsi, cela veut bien dire que si nos prières honorent Dieu dans le nom de Yeshoua et correspondent à Sa volonté, elles seront exaucées même s’il y a du « galbane » en elles; c’est-à-dire des choses qui ne sont pas forcément d’une agréable odeur à Dieu. »

Etre correctement vêtu: Ex. 28:40-43

La Parasha Tétsavé parle de la signification des habits du souverain sacrificateur.

Dans cette Parasha, il est souligné l’importance d’être correctement vêtu pour entrer dans la Présence d’Adonaï. Les prêtres qui s’approchaient de Dieu sans s’être lavés risquaient la mort. Ils devaient répondre aux conditions de sainteté afin de s’approcher de l’Eternel. 

Dans la nouvelle alliance, les enfants de Dieu sont invités à revêtir Christ, le seul chemin vers le Père, le seul médiateur entre Dieu et les hommes.

 

Le veau d’or ou le piège du syncrétisme

La fabrication du veau d’or a été une faute extrêmement grave. En effet, Dieu venait de donner les dix Paroles, les avait développées dans des ordonnances, des jugements et des lois puis avait fait une alliance avec le peuple en le prenant pour Sien. Ensuite Il avait donné Ses instructions pour construire le tabernacle, lieu dans lequel Il avait promis de venir habiter. 

C’est dans ce contexte que le veau d’or a été moulé et qu’il a été placé au milieu du peuple qui s’est écrié: « Israël! voici ton dieu, qui t’a fait sortir du pays d’Egypte. » Ex. 32:4b

Le peuple a ensuite offert des sacrifices, s’est assis pour manger et boire puis s’est levé pour se divertir. Ex. 32:6

En réalité, cet épisode a été une anti-alliance, l’ennemi cherchant toujours à copier ce que fait le Créateur.

Tony Robinson le fait remarquer par les connexions thématiques qui existent entre l’établissement de la vraie alliance dans Exode 24 et la copie qu’en a faite l’ennemi au travers du veau d’or dans Exode 32:

« – Bien que les anciens du peuple d’Israël virent le Dieu d’Israël les délivrer du joug égyptien, ils regardent maintenant un veau d’or, en proclamant que c’est lui qui les a sortis d’Egypte.

– En Exode 24:4-5 Moïse se lève de bon matin pour bâtir un autel sur lequel il offre des holocaustes. En Exode 32:6, le peuple d’Israël se lève de bon matin pour bâtir un autel et pour offrir des holocaustes au veau.

– En Exode 24:9-11 Moïse et les anciens mangent et boivent devant Adonaï. En Exode 32:6, le peuple d’Israël se lève pour boire et manger.

– Le peuple se tient au pied de la montagne (Exode 19 et 24) pour recevoir la Torah.

En Exode 32:19, le peuple est au pied de la montagne et adore le veau d’or.

– Nous savons que le peuple d’Israël portait des ornements lors du Matan Torah (don de laTorah).

En Exode 32:3, ils utilisent ces ornements pour façonner le veau d’or.

– Pour la fabrication du Mishkan, le peuple d’Israël fait une collecte d’or et d’argent (Exode 25:1-7). Ils font de même pour la fabrication du veau d’or (Exode 32:2-4). » 

Le peuple avait « revêtu ses ornements » pour accueillir la Torah. Par son comportement idolâtre, il a brisé l’alliance faite avec l’Eternel. C’est pourquoi le Seigneur lui a demandé d’ôter ses ornements. 

« Et l’Eternel dit à Moïse: Dis aux enfants d’Israël: Vous êtes un peuple au cou roide; si je montais un seul instant au milieu de toi, je te consumerais. Ote maintenant tes ornements de dessus toi, et je verrai ce que je te ferai. » Ex. 33:5

Dieu ne peut pas demeurer dans le péché et la rébellion car Il est le Dieu trois fois Saint.

L’alliance étant brisée, la menace d’annihilation est réelle.

C’est pourquoi Dieu ne peut plus monter en Canaan avec le peuple, car Il risque de les anéantir en chemin.

« Monte vers ce pays où coulent le lait et le miel. Mais je ne monterai point au milieu de toi, de peur que je ne te consume en chemin, car tu es un peuple au cou roide. » Ex. 33:3

 

Tony Robinson explique pour quelle raison I’Eternel ne va pas accompagner le peuple:

« Pourquoi les menace-t-Il donc ? Parce qu’Il s’est révélé à eux sous le Nom de YHVH. Dans cette révélation, l’extrême Sainteté de YHVH est en jeu. Il ne peut demeurer parmi le péché et la rébellion. Un des deux doit disparaître: Lui ou le péché. La question est celle de Sa Sainteté. S’Il ne demeure pas au milieu d’Israël, il n’y a pas de problème. En revanche, s’il y a un Dieu Saint au milieu d’une nation profane, il y a danger de mort. Adonaï ne peut plus demeurer parmi le peuple, cela nous montre à quel point la relation a été brisée suite à l’incident du veau d’or. Ils ont cassé l’alliance ! »  

Moïse insiste auprès de Dieu disant qu’Israël est Son peuple. Il désire voir Dieu rétablir une relation profonde avec Ses enfants.

Actualisation du veau d’or aujourd’hui

Autrefois comme aujourd’hui, l’homme a tendance à introduire des éléments païens dans sa manière de vivre une relation avec le Créateur. Ce paganisme peut avoir différents visages:

– Remplacer Yeshoua par le syncrétisme, une religion ayant une apparence de piété mais conduisant au péché.

– Eriger un tabernacle païen en mettant le nom de l’Eternel dessus.

– Avoir des substituts de Dieu, des choses ou des personnes qui prennent Sa place.

– Essayer d’expérimenter la Présence de Dieu par des moyens humains.

 Dès lors, il y a un cri à adresser à Dieu afin que Sa nature devienne la nôtre, Lui exprimant notre désir d’être complètement transformés afin de refléter Son image. Remplis de Sa Vie, nous serons alors en mesure de refuser tout mélange afin de ne plus souiller Son Nom. 

 

Dieu contracte une nouvelle alliance

Suite à l’intercession fervente de Moïse, Dieu contracte une nouvelle alliance avec le peuple. Ex. 34

Moïse monte sur la montagne pour recevoir les nouvelles tables; cette deuxième alliance est une alliance de grâce. 

L’Eternel répondit: Voici, je traite une alliance. Je ferai, en présence de tout ton peuple, des prodiges qui n’ont eu lieu dans aucun pays et chez aucune nation; tout le peuple qui t’environne verra l’œuvre de l’Eternel, et c’est par toi que j’accomplirai des choses terribles. » 

Ex. 34:10

Cette nouvelle alliance est la préfiguration de l’alliance renouvelée, accomplie en Yeshoua.

L’Exode parle déjà de deux alliances :

– La première alliance apparaît dès Exode 20.

« Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point; car moi, l’Eternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me haïssent, et qui fais miséricorde jusqu’en mille générations à ceux qui m’aiment et qui gardent mes commandements. Tu ne prendras point le nom de l’Eternel, ton Dieu, en vain; car l’Eternel ne laissera point impuni celui qui prendra son nom en vain. » Ex. 20:5-7

Ce passage décrit plusieurs attributs de Dieu: Il est jaloux, Il punit ceux qui pèchent mais fait miséricorde à ceux qui L’aiment, Il ne laisse pas impunis ceux qui prennent Son Nom en vain.

Ces attributs sont des attributs de jugement; ils s’accompagnent de réprimandes pour ceux qui désobéissent, de récompenses pour ceux qui obéissent.

 

– La deuxième alliance se trouve entre Exode 33:19 et 34:5-7.

« L’Eternel répondit: Je ferai passer devant toi toute ma bonté, et je proclamerai devant toi le nom de l’Eternel; je fais grâce à qui je fais grâce, et miséricorde à qui je fais miséricorde (… )

L’Eternel descendit dans une nuée, se tint là auprès de lui, et proclama le nom de l’Eternel. Et l’Eternel passa devant lui, et s’écria: L’Eternel, l’Eternel, Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité, qui conserve son amour jusqu’à mille générations, qui pardonne l’iniquité, la rébellion et le péché, mais qui ne tient point le coupable pour innocent, et qui punit l’iniquité des pères sur les enfants et sur les enfants des enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération! » 

Ce passage relève d’autres attributs de Dieu. Il est un Dieu de grâce, de miséricorde, de compassion, lent à la colère, riche en bonté et fidélité, conservant Son amour jusqu’à mille générations. Il est aussi un Dieu qui pardonne mais qui ne tient point le coupable pour innocent, et qui punit l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération.

« – Au lieu de se présenter comme un Dieu jaloux, Il se décrit comme un Dieu miséricordieux.

– Au lieu d’être prêt à punir le péché, Il déclare être prêt à pardonner l’iniquité, la rébellion et le péché.

– Au lieu de faire miséricorde uniquement à ceux qui L’aiment, Il conserve Son amour jusqu’à mille générations. Il est riche en bonté et en fidélité.

Ses attributs sont des attributs de grâce qui vont permettre à Adonaï de demeurer avec le peuple, de l’accompagner jusqu’en Canaan. 

La nouvelle alliance est basée sur ces attributs-là… 

La nouvelle alliance contient les mêmes lois et les mêmes attentes, mais Adonaï honorera Sa partie de l’alliance en accord avec les attributs divins soulignés dans cette Nouvelle Alliance. » Tony Robinson

En résumé

L’épisode du péché du veau d’or préfigure la nécessité d’une nouvelle alliance.

La Torah restera la même mais la différence principale vient du lieu où elle est inscrite.

« Voici, les jours viennent, dit l’Eternel, où je ferai avec la maison d’Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle, non comme l’alliance que je traitai avec leurs pères, le jour où je les saisis par la main pour les faire sortir du pays d’Egypte, alliance qu’ils ont violée, quoique je fusse leur maître, dit l’Eternel. 

Mais voici l’alliance que je ferai avec la maison d’Israël, après ces jours-là, dit l’Eternel: je mettrai ma loi au dedans d’eux, je l’écrirai dans leur cœur; et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. Celui-ci n’enseignera plus son prochain, ni celui-là son frère, en disant: connaissez l’Eternel! Car tous me connaîtront, depuis le plus petit jusqu’au plus grand, dit l’Eternel; car je pardonnerai leur iniquité, et je ne me souviendrai plus de leur péché. » Jér. 31:31-34

Dans l’alliance mosaïque, la Torah était écrite sur des tables de pierre, alors que dans la Nouvelle Alliance elle est inscrite dans le cœur des personnes.

 

A cause du cœur humain, Adonaï a dû ainsi faire deux alliances avec Son peuple.

La première alliance était fondée sur Ses attributs de jugement.

Après qu’Israël ait rompu cette alliance, Adonaï en a établie une autre basée sur Ses attributs de miséricorde, de grâce, de compassion et de pardon.

La grâce et la vérité étaient déjà clairement manifestées dans l’alliance mosaïque. Si cela n’avait pas été le cas, Israël aurait été anéanti, mais Dieu a exaucé la prière fervente de Moïse.

Yeshoua est la source de la grâce et de la vérité à la fois dans l’ancienne et dans la nouvelle alliance. En d’autres termes, les attributs d’Exode 34 trouvent leur pleine expression à travers Yeshoua qui est le but de la Torah.

« Car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ. » 

Jn 1:17

Pour souligner encore cet aspect de grâce que porte la Torah, le Seigneur a fait coïncider le don de la Torah à Israël avec le déversement du Saint-Esprit sur les apôtres. En effet, c’est à Shavouot (Pentecôte) que ces deux événements ont eu lieu.

Dans le premier, trois mille personnes ont été tuées suite à l’incident du veau d’or.

Dans le deuxième, trois mille personnes ont été sauvées.

L’Esprit a été donné ce jour-là pour montrer que la Torah devait être mise en pratique à la lueur de l’Esprit, même si cet Esprit ne pouvait pas être pleinement déversé avant que l’œuvre du Messie soit accomplie.

 

Conclusion

Le Seigneur nous demande un cœur entier et pur.

Comme Abraham, Il nous appelle à marcher avec détermination dans Sa Présence, afin de Lui être agréable et de faire Sa volonté.

Lorsque Dieu émonde notre cœur, souvent par les épreuves, c’est qu’Il continue de nous transformer d’étape en étape, de gloire en gloire, afin que nous soyons UN, entier, à l’image de Son Fils.

Dieu veut habiter au milieu de Son peuple. Son but est de restaurer la relation qu’il y avait dans le jardin d’Eden. C’est la finalité de la Torah !

 

Réflexion et prière

Tout comme Moïse a tardé à redescendre du sommet de la montagne, Yeshoua « tarde » à revenir. Comment vivons-nous l’attente de Son Retour ?

– Avons-nous des veaux d’or dans nos vies ? 

– Comment nous occupons-nous du Temple du Saint-Esprit que nous sommes ? 

 

La Haftarah: un regard complémentaire

Plusieurs similitudes sont à signaler entre les événements vécus au Mont Horeb et ce qui s’est passé en Samarie:

– Tout comme le peuple se demandait où était Moïse absent depuis quarante jours, Achab ne sait pas où est Elie et part à sa recherche. 

– Comme le peuple se divertissait autour du veau d’or, les prophètes de Baal et d’Astarté offrent un sacrifice à leurs dieux.

Dans les deux cas, le peuple sera amené à faire un choix clair entre le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob et les faux dieux de la région…

Moïse est sûr de la bonté de l’Eternel (Ex. 33:17,19), et Elie a la même confiance envers son Dieu. Il rassemble le peuple comme l’a fait Moïse et rétablit l’autel avec soin. En prenant douze pierres, le prophète veut certainement manifester que les douze tribus font partie intégrante de l’offrande. En effet, un holocauste présenté sur l’autel, entièrement consumé par le feu, est une image de celui qui consacre sa vie à l’Eternel. Enfin, Elie fait remplir quatre cruches d’eau à trois reprises, ceci afin de souligner clairement l’intervention miraculeuse d’Adonaï. Le feu tombe du ciel, consume l’holocauste et le bois, puis absorbe l’eau. L’offrande est ainsi agréée, dans le timing parfait de Dieu, entre les deux soirs. 1 Rois 18:29 (cf Ex. 29:38-39)

En s’adressant avec simplicité et respect à l’Eternel, Elie n’a qu’un but: que Dieu soit glorifié et que le peuple revienne de tout son cœur à Celui qui a fait alliance avec Israël. Devant la majesté du Seigneur, les Israélites tombent sur leur visage et s’écrient: « C’est l’Eternel qui est Dieu ! C’est l’Eternel qui est Dieu ! » 1 Rois 18:39

Quelques mots encore sur un personnage peu connu nommé Abdias: son nom signifie « celui qui sert, qui honore l’Eternel ». Il est un homme important à la cour du roi, un craignant Dieu qui Le sert avec fidélité. Sa rencontre avec Elie est primordiale. 

Rony Akrich fait remarquer que ces deux hommes sont aux antipodes l’un de l’autre. D’un côté, Elie se retire, refusant de s’immiscer dans des affaires qu’il considère comme dévoyées et contrariant le projet divin. De l’autre, Abdias apparaît comme un homme travaillant au palais, au cœur d’une situation délicate mais restant fidèlement à son poste, ce qui lui permet aussi de nourrir les prophètes qu’il a cachés afin de les soustraire à la haine meurtrière de Jézabel. 1 Rois 18:4

A l’écart, Elie se fait pourtant envoyer par Dieu qui lui demande de confronter Achab. En effet, l’Eternel ne veut pas que son prophète cherche la facilité mais, au contraire, qu’il dénonce l’ambiguïté existant entre le pouvoir temporel et spirituel. 

En un premier temps, Elie envoie Abdias pour l’annoncer au roi. Craignant pour sa vie, le fidèle serviteur tente d’argumenter. Akrich prête des paroles au prophète permettant d’imaginer ce qui peut se passer dans son cœur: « Elie, tu ne peux pas vouloir que je parle à Achab en ton nom… Je suis responsable de ces prophètes que j’ai cachés; de par leur rôle, ils sont porteurs d’un devenir en Israël. Me tuer reviendrait à les tuer et empêcherait ce devenir. Cela donnerait raison à Jézabel. »

Cet historien-philosophe conclut la Haftarah en posant une question pertinente et en tirant une précieuse leçon pour les hommes d’hier et d’aujourd’hui: « Si chaque fois que nous sommes confrontés à la problématique d’une réalité nous nous enfuyons, qu’allons-nous devenir ? Quel exemple allons-nous donner à notre entourage ? Le fait de se retirer, le refus d’accepter de se mesurer au dilemme est une erreur fondamentale. »

 

La Bessora: une Alliance allant vers son accomplissement

 

En lisant 1 Cor. 10:1-13, il est manifeste que le peuple vivait déjà une forme d’accomplissement dans le désert: la nuée dans laquelle Dieu était présent, la mer devenue un passage en direction d’une vie nouvelle, le baptême immergeant le peuple dans la Présence de Dieu, le baptême noyant les ennemis et le contact avec le Messie en buvant au rocher spirituel. Par ces expériences, le peuple recevait ce dont il avait besoin pour entrer en terre promise et être le témoin du seul vrai Elohim.

 

Au travers de son sacrifice, Yeshoua s’est donné totalement afin que nous suivions son exemple. C’est pourquoi l’apôtre Paul exhorte les croyants à offrir leur corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu. Transformés par le Seigneur, ils deviennent alors le nouveau temple, celui dans lequel le Seigneur vient habiter et régner. En faisant des hommes un temple pur et saint, Dieu manifestera Sa gloire et les signes de Son Royaume.

C’est pourquoi il est essentiel de savoir qui nous voulons servir…

 

En fabriquant un veau d’or, les Israélites ont tourné leur cœur vers l’Egypte et ont choisi de servir des idoles. Ac. 7:39-41

Alors Dieu s’est détourné et les a livrés au culte de l’armée du ciel. Ac. 7:42-43

Servir le seul vrai Dieu nécessite un retour à Celui qui est le Créateur. Dans 2 Cor. 3, Paul explique que cette nouvelle alliance est gravée dans notre cœur, que Sa Parole devient vivante en nous. L’Esprit devient alors l’enseignant qui nous apprend à honorer Dieu, mettant Sa Parole en pratique. L’Esprit illumine constamment le temple que nous sommes devenus, la lumière de Sa Menorah brille de façon permanente au travers de nos vies offertes, le Pain vivant descendu du ciel nourrit régulièrement ceux qui en ont besoin. Cette communion ininterrompue avec le Père fait de nous des êtres par lesquels la vie coule sans cesse, rejoignant les besoins de notre prochain, et manifestant alors les fruits du Royaume.

Chris

Le Filet du Maître est une association chrétienne interconfessionnelle qui a pour objectif de tisser un vaste filet d'hommes et de femmes de bonne volonté, unis ensemble, par des relations de cœur à cœur, et désirant servir pour le Royaume de Dieu... Elle a pour but de détecter les dons et les compétences de chacun, Leur apporter une formation théorique et pratique, Leur offrir le moyen de servir en équipe dans les églises, les cellules, et les groupes en connexion avec l'association à laquelle ils font appel pour son savoir-faire.