Parasha 24

Vayikra…  (Il appela…)

La Torah: Lévitique 1:1 à 5:26

La Haftarah: Esaïe 43:21 à 44:23

La Bessora: Marc 1:1 à 8

          Romains 8:1 à 13

          Hébreux 10:1 à 14

          Hébreux 13:10 à 16

La Torah: notre instruction

 

Pour les Juifs, le Lévitique est considéré comme le cœur de la Torah. 

Il est tellement important que les enfants juifs commencent à lire la Torah dans ce livre.

Le livre du Lévitique explique comment s’approcher de Dieu et vivre une hygiène de vie qui L’honore au travers des différentes offrandes. D’ailleurs, en hébreu, offrande se dit « corban ». La racine de ce mot (kof, resh, beth) signifie « s’approcher de… »

C’est une confirmation que le Lévitique a été écrit pour les sacrificateurs que nous sommes dans la Nouvelle Alliance. Il explique comment s’approcher de Dieu.

 

La Parasha Vayikra s’adresse à l’ensemble des Israélites.

La question centrale est « comment faire une offrande ? » le but de l’offrande étant d’enseigner à l’adorateur la façon d’approcher Adonaï.

Cinq sacrifices sont présentés: 

– L’holocauste ou offrande d’élévation (olah): Lév. 1

– L’offrande végétale, offrande de fleur de farine (minchah): Lév. 2

– L’offrande de paix ou sacrifice d’actions de grâces (sh’lamim): Lév. 3

– Le sacrifice expiatoire, sacrifice pour le péché commis par inadvertance ou offrande de faute (chatat): Lév. 4

– Le sacrifice de culpabilité ou offrande de transgression (asham): Lév. 5

 

Tout le système des sacrifices n’avait pour but que de ramener les enfants d’Israël à leur Dieu afin qu’ils soient comblés et heureux.

Avant d’offrir un sacrifice, il y a une préparation à vivre

– Construire l’autel où siège Adonaï.

Avec la Nouvelle Alliance, l’autel c’est notre cœur. En invoquant le Nom du Seigneur par la louange et l’adoration, en L’invitant à vivre en nous, cet autel se construit et Son règne vient s’établir dans notre vie.

– Une fois l’autel construit, le sacrificateur mettait l’offrande dessus, après avoir lavé les entrailles et les parties inférieures des jambes. 

Cela rappelle l’épisode où Yeshoua a lavé les pieds de ses disciples.

Pour nous, cela souligne l’importance d’être constamment lavé au fur et à mesure de notre marche avec Dieu. Notre vie ainsi purifiée est complètement à la disposition du Seigneur qui peut l’embraser et « y mettre le feu » !

L’odeur de ce sacrifice plaît à l’Eternel car c’est une vie totalement consacrée qui est devant Lui. 

 

Les cinq sacrifices pour se rapprocher de Dieu

L’holocauste ou offrande d’élévation (olah)

– Dans ce sacrifice l’animal était complètement consumé. 

Au travers de son offrande, c’est comme si le coupable repentant offrait entièrement sa vie sur l’autel. 

Dans Rom. 12:1-2, l’apôtre Paul explique ce que signifie s’offrir totalement à Dieu dans la Nouvelle Alliance: « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. » 

– L’animal offert en sacrifice devait être sans défaut. 

Pour nous, sans défaut signifie vivre une vraie repentance, s’offrir sans aucune arrière-pensée, sincèrement et spontanément.

– Cet animal était coupé en morceaux et devait être entièrement consumé. 

Cette précision montre que notre orgueil doit être coupé en morceaux, étant aussi entièrement consumé par le feu de Dieu.

 

L’holocauste est donc l’image de l’adorateur s’offrant lui-même dans une complète soumission aux commandements d’Adonaï ce qui Lui permet de poursuive et d’accomplir ce qu’Il a commencé.

« Je suis persuadé que celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus Christ. » Phil. 1:6

C’est aussi une manière de se mettre entièrement à la disposition du Seigneur, étant des lumières et des témoins puissants dans ce monde.

L’offrande végétale (minchah)

C’était une offrande de nourriture qui accompagnait d’autres offrandes.

Une partie était brûlée et le reste servait de nourriture aux sacrificateurs.

L’offrande de paix ou sacrifice d’actions de grâces (sh’lamim)

Cette offrande était faite pour exprimer le remerciement ou la reconnaissance.

L’offrande d’actions de grâces se faisait avec du pain levé alors que l’offrande de nourriture qui l’accompagnait était composée de gâteaux sans levain. 

Il est intéressant de noter qu’elle était brûlée sur l’autel, par-dessus l’holocauste. Cette indication souligne l’importance d’offrir nos vies en priorité afin que notre action de grâces soit un parfum de bonne odeur pour l’Eternel. Lév. 3:5

Ces sacrifices étaient offerts par ceux qui marchaient avec Adonaï, étant réconciliés avec Lui, vivant dans la paix et la plénitude de Sa présence. 

 

Ces trois sortes de sacrifices, olah, minchah et sh’lamim, étaient des offrandes volontaires, consumées par le feu. L’adorateur, déjà en règle avec Dieu, avait le choix de son offrande. 

Par contre, les deux sortes de sacrifices suivants, chatat et asham, dépendaient d’un péché commis.

Le sacrifice expiatoire, sacrifice pour le péché ou offrande de faute (chatat)

Les péchés des responsables spirituels ayant reçu une autorité de Dieu pouvaient avoir des conséquences sur le peuple. En effet, en négligeant de confesser leurs fautes, ces responsables pouvaient amener des malédictions sur l’assemblée.

Ces sacrifices étaient donc là pour expier les fautes commises par inadvertance. C’était un péché de nature involontaire, par omission ou encore par légèreté de parole.

Le représentant du peuple devait alors poser sa main sur la tête de l’animal pour que son offrande soit acceptée. Ce geste symbolisait le transfert de son péché sur l’animal sacrifié.

Aujourd’hui, l’offrande a été accomplie par Yeshoua. Son sacrifice ouvre le chemin de la réconciliation avec le Père et vient remplacer une fois pour toutes les sacrifices du Lévitique, ces derniers étant l’ombre des choses à venir.

Par conséquent, le transfert de nos péchés se fait, non en posant nos mains sur un animal, mais en confessant nos péchés, les déposant à la croix, là où ils ont été portés et mis à mort. Yeshoua est l’offrande qui permet d’avoir une relation de paix avec Adonaï. 

« Etant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ. » Rom. 5:1

« Car Dieu a voulu que toute plénitude habitât en lui; il a voulu par lui réconcilier tout avec lui-même, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix. » Col. 1:19-20

Le sacrifice de culpabilité ou offrande de transgression (asham)

Les péchés apportant un préjudice à l’Eternel ou au prochain nécessitaient une réparation et un sacrifice d’expiation. C’était un délit involontaire envers le sacré, un abus de confiance, une fausse déposition traduite par la culpabilité.

Là encore, l’animal portait et couvrait le péché apporté par la personne.

Dans la Première Alliance, le souverain sacrificateur devait chaque année, à Yom Kippour, apporter du sang dans le Saint des saints. Les péchés de l’année écoulée étaient alors complètement recouverts par ce sang. Cela permettait de commencer l’année suivante en étant purifiés et libres. 

Dans la Seconde Alliance, Yeshoua n’a pas seulement recouvert le péché, Il l’a ôté. Il a donc accompli la Torah, comme il est écrit dans Jean 1:19: « Voici l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde. » 

 

Réflexion et prière

– Que notre vie soit totalement offerte au Seigneur, afin qu’Il puisse en disposer pour terminer l’œuvre qu’Il a commencée (Phil. 1:6) et pour faire de nous des témoins puissants dans Ses mains.

– Que nous sachions offrir des sacrifices d’actions de grâces en toutes circonstances. 

 

La Haftarah: un regard complémentaire

Dans Es. 43:23, le prophète mentionne trois offrandes (olah, minchah et sh’lamim) toutes trois faisant partie des offrandes volontaires.

Elles pouvaient être apportées au sacrificateur dans la mesure où celui qui amenait son sacrifice était en règle avec Dieu.

« En mentionnant clairement ces offrandes, le prophète sous-entend que les péchés du peuple d’Israël empêchaient l’offrande de tels sacrifices. » Tony Robinson

« Israël a souvent négligé le culte cérémoniel, et il a manqué en ne l’offrant pas comme il le devait. Mais ce n’est pas là-dessus qu’ont porté les reproches que Dieu lui a adressés, car ce n’était pas là le service auquel il tenait. Ce qu’il voulait, et ce qu’il n’a pas obtenu, c’était la fidélité du cœur: c’est par ses iniquités qu’Israël l’a irrité. Les censures prophétiques frappent les vices moraux bien plutôt que les négligences dans le culte. Je t’avais bien ordonné ces cérémonies, semble dire ici l’Eternel, mais je n’ai pas insisté là-dessus, et si tu eusses fait le reste, je ne t’en aurais pas même parlé. 

Jérémie (7:22-23) va plus loin encore dans l’expression de la même pensée: car je n’ai point parlé avec vos pères et je ne leur ai donné aucun ordre, le jour où je les ai fait sortir du pays d’Egypte, au sujet des holocaustes et des sacrifices, mais voici l’ordre que je leur ai donné: Ecoutez ma voix, et je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple; marchez dans toutes les voies que je vous prescris, afin que vous soyez heureux. » levangile.com

En fin de compte, il nous est rappelé que l’attitude de cœur est primordiale devant le Seigneur. Avoir un cœur repentant et brisé, voilà des sacrifices agréables à Dieu. 

« Les sacrifices qui sont agréables à Dieu, c’est un esprit brisé… » Ps. 51:19

A ce moment-là, Dieu peut agir: « L’Eternel est près de ceux qui ont le cœur brisé, et il sauve ceux qui ont l’esprit dans l’abattement. » Ps. 34:19

 

Cette attitude de cœur est fondamentale pour plaire à Dieu mais aussi pour accomplir ce pour quoi nous avons été créés. La destinée d’Israël et de tous ceux qui se reconnaissent comme greffés sur ce peuple consiste à raconter la grandeur et la gloire de l’Eternel, à accepter de remplir une mission qui nous dépasse. La question peut alors se poser: « Sommes-nous plus grand ou plus petit que la vie que nous menons ? Exploitons-nous notre plein potentiel ? Vivons-nous la vie pour laquelle nous avons été créés ? 

Le test d’une vie réussie, affirme Raphaël Sadin, est de vivre des événements au-delà de nous-mêmes et qui nous dépassent. Parce que nous nous serons connectés à l’infini de la révélation divine, la vie s’ouvrira à quelque chose de merveilleux et d’infiniment plus grand. 

Un autre rabbin, Haïm Ouizemann, ajoute qu’être témoin c’est être l’œil, l’oreille, la bouche de Dieu dans ce monde. C’est également être porteur du message des dix Paroles et passeur de mémoire. En témoignant de la sorte, Israël transmet le nom de l’Eternel qui est mémoire.

Devenir le réceptacle et le véhicule de la Parole reçue au Sinaï est une responsabilité que certains ont préféré ne pas assumer, d’où l’idolâtrie reprochée par Esaïe.

L’idolâtrie, rappelle Sadin, est l’action de déplacer la centralité de Dieu à quelque chose d’autre. Malgré cela, le Seigneur promet de ne jamais détruire Israël. 

Le prophète fait ensuite remarquer l’aberration de l’idolâtrie, poursuit Sadin: une partie du bois est utilisée pour griller de la viande ou cuire du pain, et l’autre pour en faire une statue qui sera adorée. Ainsi, chaque fois que nous faisons un geste spirituel à des fins utilitaires, nous sommes dans l’idolâtrie, conclut-il. 

Alors la question suivante se pose: fondamentalement, pour quelle raison faisons-nous les choses ? Lorsque nous parvenons à être dans le service uniquement pour Lui, de manière totalement désintéressée et par amour, nous commençons à être « kadosh », c’est-à-dire mis à part.

 

La Bessora: une Alliance allant vers son accomplissement

Comme l’exprime l’auteur de l’épître aux Hébreux au chapitre 10, la première alliance est incomplète: ceux qui la pratiquaient gardaient une conscience du péché (v.2), le souvenir du péché était renouvelé chaque année (v.3) car les sacrifices ne pouvaient pas ôter les péchés (v.4). Dans la nouvelle Alliance, Yeshoua a offert un seul sacrifice, sa vie (v.12) qui amène ceux qui sont sanctifiés à la perfection (v.14).

Dans l’Evangile de Marc, il est question du baptême, d’immersion, symbole d’une mort totale de la nature pécheresse, cette mort conduisant à une nouvelle nature, une nouvelle humanité confirmée par l’immersion dans le Saint-Esprit. La puissance, les signes et les prodiges du Royaume peuvent alors se manifester, le disciple étant devenu comme le Maître.

Paul l’exprime de la manière suivante dans Romains 8: 

« … aucune condamnation (v.1)… la justice accomplie en nous (v.4)… » L’Esprit donnant la vie permet de s’affectionner aux choses d’en-haut. Il devient alors possible de n’avoir plus que les désirs de Dieu dans le cœur. La mort précédant la vie est une réalité pour le croyant, la résurrection des corps étant l’étape ultime de ce chemin vers une vie pleine et entière.

Héb. 10:14 souligne: « Car, par une seule offrande, il a amené à la perfection, pour toujours ceux qui sont sanctifiés. » Si la première facette du sacrifice de Yeshoua a été de porter le châtiment des hommes afin qu’ils retrouvent une communion avec le Père, la deuxième facette de son offrande a été pédagogique. Par sa vie, Yeshoua a montré le chemin du service, de l’amour et du don de soi… Il a eu une attitude exemplaire, laissant à ceux qu’il a appelés « mes amis » un modèle à suivre.

« … car je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait. En vérité, en vérité, je vous le dis, le serviteur n’est pas plus grand que son seigneur, ni l’apôtre plus grand que celui qui l’a envoyé. Si vous savez ces choses, vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez. » Jean 13:15-17

Introduction à l’alphabet hébraïque

NOUN: quatorzième consonne de l’alphabet

Sens premier: poisson

Sens dérivé: dans la profondeur de nos eaux intérieures, reconnaître des possibilités inouïes enfouies en chacun; la vie peut fleurir !

Valeur numérique: 50, la Sagesse est le terme du voyage.

 

Chris

Le Filet du Maître est une association chrétienne interconfessionnelle qui a pour objectif de tisser un vaste filet d'hommes et de femmes de bonne volonté, unis ensemble, par des relations de cœur à cœur, et désirant servir pour le Royaume de Dieu... Elle a pour but de détecter les dons et les compétences de chacun, Leur apporter une formation théorique et pratique, Leur offrir le moyen de servir en équipe dans les églises, les cellules, et les groupes en connexion avec l'association à laquelle ils font appel pour son savoir-faire.