Parasha 27
Tazria… (Elle concevra…)
La Torah: Lévitique 12:1 à 13:59
La Haftarah: 2 Rois 4:42 à 5:19
La Bessora: Marc 1:29 à 39
Matthieu 8:1 à 4; 11:2 à 6
Luc 2:22 à 24; 5:12 à 16; 7:18 à 23
La Torah: notre instruction
Le rabbin Daniel Abdelhak donne une introduction intéressante de cette parasha venant la plupart du temps après Pessah.
« – Shemini est en lien avec les animaux qui se mangent et ceux qui ne se mangent pas. Lév. 11
– Les parashiot Tazria et Metzora sont en rapport avec la lèpre et l’usage de la parole à mauvais escient.
Le thème commun de ces deux parashiot est la bouche.
Dans le mot Pessah, « Pè » signifie la bouche et « sah » veut dire qui parle.
Durant la fête de Pessah, les ordonnances, mizvot en hébreu, sont relatives à la consommation d’aliments et à la conversation en se rappelant ce qui s’est passé lors de la nuit de la délivrance en Egypte.
Ces trois parashiot encouragent à faire attention aux paroles prononcées et à la nourriture absorbée afin que l’âme soit préservée du malheur.
Cette maîtrise de soi, tant au niveau de l’alimentation que des paroles, est renforcée après Pessah au travers des Parashiot qui suivent. »
Lévitique 12
La femme a reçu la particularité de donner la vie comprenant deux étapes distinctes, celle de la conception et celle de l’enfantement.
La notion de pur et d’impur dans la pensée hébraïque
– L’état de pureté se manifeste chaque fois que le processus donnant la vie est enclenché; cet état reflète un caractère essentiel de Dieu qui aime et veut toujours donner la vie.
Par conséquent, être rituellement pur, « tahor » en hébreu, c’est être à nouveau prêt à donner la vie. « Tahor » a un rapport avec la lumière, la luminosité, « or » en hébreu.
Le pur est donc toujours en lien avec une notion de séparation et de clarté.
– A l’inverse, l’impur concerne ce qui est flou, avec l’impossibilité de distinguer clairement deux états différents. Chaque fois qu’un processus donnant la vie s’arrête ou est momentanément stoppé, l’état rituellement impur est aussi présent.
– Après avoir conçu et enfanté, la femme se retrouvait dans un état d’impureté parce qu’elle ne pouvait plus, pendant un certain temps, ni concevoir, ni enfanter. Elle était impure durant sept jours pour un garçon et quatorze jours pour une fille. Lév. 12:2 et 5
Le huitième jour, elle assistait à la circoncision de son fils, jour de consécration à l’Eternel.
Suite aux jours d’impureté, la femme vivait un temps de purification de son sang qui durait trente-trois jours pour un garçon et soixante-six jours pour une fille. Lév. 12:4-5
Ce processus d’impureté et de purification durait donc quarante jours pour un garçon et huitante jours pour une fille.
Rachi précise: « Le corps de la femme, une fois qu’il a expulsé ce qui n’était plus propice à la vie, doit être préparé à une nouvelle conception et à un nouvel enfantement.
Le corps de la femme se purifie progressivement dans le but de concevoir et d’enfanter de nouveau… » Quand les jours de la purification étaient terminés, elle retournait au temple pour offrir l’holocauste et le sacrifice d’expiation. Lév. 12:6-7
L’holocauste servait à exprimer sa volonté de se rapprocher de Dieu dans une relation de cœur à cœur.
Le sacrifice d’expiation marquait la fin de son temps d’impureté rituelle.
En venant avec le sacrifice pour l’holocauste et celui pour l’expiation, elle montrait qu’elle s’offrait à nouveau à Dieu, prête et disposée à dépenser de l’énergie pour donner encore la vie, encourager et fortifier les personnes de son entourage.
Pour le dire autrement, elle retrouvait un état de pureté rituelle afin de servir l’Eternel dans ce qu’Il avait prévu.
Le Mishkan, sainteté et pureté
– Une des principales fonctions du Mishkan, le tabernacle, était de maintenir l’expérience de la révélation survenue au Mont Sinaï.
L’Eternel n’est pas facilement approchable… à moins d’avoir une couverture adéquate.
Les Ecritures rappellent qu’Il est saint. Par conséquent, les hommes qui veulent s’approcher de Lui doivent être saints à leur tour.
Marcher dans la sainteté était la garantie de ne pas devenir impur, « tamei » en hébreu, et permettait d’entrer dans le Mishkan pour adorer l’Eternel.
Plusieurs situations pouvaient rendre « tamei »:
– Consommer, toucher la carcasse de certains animaux. Lév. 11:1-47
– Entrer en contact avec un cadavre. Nbres 5:2
– Donner naissance. Lév. 12:1-8
– Avoir certains flux corporels. Lév. 15:1-33
– Contracter certaines maladies de peau. Lév. 13:1-59
Le thème commun reliant ces différents vécus était la mort sous une forme ou une autre.
Lorsqu’il y avait eu un contact avec la mort ou une forme de mort (une perte importante de sang conduit à la mort), la personne était rituellement impure. Rappelons que la mort, au sens hébraïque, est la séparation d’avec le Créateur, source de la vie.
Ainsi, l’impureté rituelle était reliée à la mort.
En résumé, une personne devenait tamei, rituellement impure, lorsqu’elle péchait ou entrait en contact avec la mort ou avec une certaine perte de vie. Il lui était alors demandé de vivre une purification avant de pouvoir à nouveau entrer dans la sainte présence de Dieu.
Lévitique 13
Ce chapitre parle des lois qui concernent la lèpre.
Tony Robinson fait une remarque intéressante: « Le mot hébreu traduit par lépreux n’a rien à voir avec la maladie que nous connaissons sous le nom de lèpre. La lèpre, ou maladie de Hansen, est une maladie infectieuse chronique qui prédomine au niveau de la peau ou des nerfs et qui provoque des infirmités sévères. Une personne atteinte de la lèpre perd son habilité à ressentir le monde physique…»
Selon les sources rabbiniques, la cause de la « tzaraat » (traduit par lèpre) a des racines spirituelles se manifestant dans le physique.
Les sages d’Israël ajoutent qu’il y a un lien entre cette maladie de la peau et la médisance. La « tzaraat » reflète donc la condition spirituelle de la personne qui l’a contractée.
Une personne était également frappée de « tzaraat » lorsqu’elle rejetait ou défiait l’autorité de celui qui avait été choisi et oint par l’Eternel.
Myriam, par exemple, a été atteinte de lèpre lorsqu’elle a contesté l’autorité de Moïse.
Nbres 12:1-2, 9 à 16
La Torah la compare à quelqu’un de mort: « Oh ? Qu’elle ne soit pas comme l’enfant mort-né, dont la chair est à moitié consumée quand il sort du sein de sa mère. » Nbres 12:12
Le roi Ozias a aussi été frappé de lèpre lorsqu’il a voulu officier comme sacrificateur en offrant des parfums. Il est resté lépreux jusqu’au jour de sa mort, demeurant dans une maison à l’écart, car il fut exclu de la maison de l’Eternel. 2 Chron. 26:16-21
Le lépreux, « metzora » en hébreu, devait donc vivre en dehors du camp quand il était touché de « tzaraat ». Il était coupé de tout contact, loin de la présence de Dieu, séparé de la source de la vie.
Le metzora agissait alors comme quelqu’un en deuil, déchirant ses vêtements, découvrant sa tête et couvrant sa lèvre supérieure.
Accomplissement
S’approcher d’Adonaï
On ne peut pas s’approcher d’Adonaï sans être correctement protégé, d’où les sacrifices que Moïse demandait et qui permettaient à celui qui les offrait de s’approcher de Dieu.
Le seul pouvant nous protéger est notre Souverain Sacrificateur, Yeshoua, qui est devenu péché pour nous et qui a porté nos péchés.
En agissant de la sorte, Il nous a pris avec Lui dans Sa mort. Nous sommes désormais morts à notre nature déchue ainsi qu’à nos péchés en même temps que Lui sur la croix.
En Le ressuscitant le troisième jour, Dieu a prouvé qu’Il acceptait le sacrifice de Son Fils. La mort a été vaincue et la Vie peut être accueillie.
S’il est devenu possible de s’approcher de Dieu aujourd’hui, c’est parce qu’Il nous voit au travers de Yeshoua. La vieille nature est morte à la croix, la nouvelle création a reçu la nature divine. Désormais nous sommes justes aux yeux de Dieu, non à cause de nos bonnes œuvres, mais parce qu’Il nous rend justes par Sa Grâce.
Le sens de l’holocauste et du sacrifice d’expiation
Yeshoua a parfaitement accompli l’holocauste en s’offrant totalement. Il a aussi accompli le sacrifice d’expiation et de culpabilité en prenant la nature déchue de l’homme ainsi que son péché.
Au travers du don total de notre vie, nous nous rapprochons de plus en plus de notre Souverain Sacrificateur en nous offrant à Lui, tel un holocauste vivant, en L’adorant et en Le servant Lui Seul.
Quant au sacrifice d’expiation, il est manifesté par notre repentance de ne pas être toujours disponibles pour servir notre Dieu comme Il le voudrait.
Réflexion et prière
– Demandons une révélation de cet échange de nature à la croix: nous sommes devenus justice de Dieu, nous avons reçu Sa nature, nos péchés ont été pardonnés, nous avons été adoptés. Par conséquent, nous avons reçu le droit légal de nous approcher de Lui dans la mesure où nous sommes en Yeshoua, unis à Lui.
– Continuons de développer l’intimité avec le Père.
– Sachons attendre devant Lui jusqu’à ce que le temps soit venu pour nous de Le servir dans ce qu’Il a préparé d’avance.
La Haftarah: un regard complémentaire
Le texte proposé cette semaine présente le chef de l’armée du roi de Syrie, Naaman, atteint de la lèpre. Le rabbin Haïm Ouizemann fait remarquer que les nations peuvent tout autant qu’Israël être frappées de lèpre (tzaraat). Comme déjà évoqué, cette maladie d’origine spirituelle est en lien avec la médisance et la contestation de l’autorité.
Après cette introduction, Ouizemann entraîne ses auditeurs dans le cheminement qu’Elisée propose à Naaman. Venu de Syrie en grande pompe, ce chef d’armée imaginait un accueil chaleureux, une prière adressée à Adonaï suivie d’une guérison surnaturelle. Face au message qu’Elisée fait transmettre par son serviteur, Naaman ne comprend pas en quoi les eaux du Jourdain seraient plus appropriées à sa guérison que les fleuves de son pays.
Néanmoins, Elisée a certainement perçu que la lèpre du Syrien trouve son origine dans un orgueil profond. En l’obligeant à patienter à l’extérieur de sa tente sans contact direct avec lui, la stratégie du prophète vise l’orgueil de ce chef. Elisée le fait ensuite descendre dans le Jourdain, une démarche au sens très fort. En effet, Jourdain signifie « descendre » et l’expression hébraïque « Nchar HaYarden » veut dire « rivière de la peine, du jugement ». Il lui suggère par là de descendre, dans un profond acte d’humilité, jusqu’au fleuve et de s’y tremper sept fois afin d’être rendu pur, sept étant non seulement le chiffre de l’accomplissement, mais aussi celui de l’alliance avec l’Eternel, le Dieu d’Israël.
L’incarnation de ce processus est très parlante. Le Jourdain est un fleuve prenant sa source au Mont Hermon (2’814 m) pour se jeter, 360 km plus loin, dans la mer Morte (-430m).
L’orgueil, pour être éradiqué, nécessite un cheminement exigeant, où l’humilité prend progressivement la place au cœur de l’homme repentant.
En d’autres termes, il s’agit de descendre jusqu’à la mort, seul état susceptible d’accueillir la vie de résurrection.
L’immersion de Naaman évoque un ressourcement absolu ainsi qu’un retour vers l’Eternel, fait remarquer le rabbin. La stratégie d’Elisée semble avoir réussi: il reconnaît le Dieu d’Israël et ne veut servir que Lui.
Il conclut en disant: « Seule la reconnaissance de l’Eternel en tant que Seigneur d’Israël ouvre la voie à la guérison. Ce ne sont donc point les eaux du Jourdain qui conduisent Naaman à la guérison mais la teshouva (la repentance), le chef de l’armée se tournant vers l’Eternel. »
Introduction à l’alphabet hébraïque
PEI: dix-septième consonne de l’alphabet
Sens premier: bouche
Sens dérivé: parole humée comme un baiser, parole ruminée qui nourrit, parole-rencontre qui ajuste et rend libre
Valeur numérique: 80, re-naître d’en-haut
Chris
Le Filet du Maître est une association chrétienne interconfessionnelle qui a pour objectif de tisser un vaste filet d'hommes et de femmes de bonne volonté, unis ensemble, par des relations de cœur à cœur, et désirant servir pour le Royaume de Dieu... Elle a pour but de détecter les dons et les compétences de chacun, Leur apporter une formation théorique et pratique, Leur offrir le moyen de servir en équipe dans les églises, les cellules, et les groupes en connexion avec l'association à laquelle ils font appel pour son savoir-faire.


