Parasha 28

Metzora…  (Personne malade de la tzaraat…)

La Torah: Lévitique 14:1 à 15:33

La Haftarah: 2 Rois 7:3 à 20

La Bessora: Marc 1:40 à 45

          Matthieu 9:20 à 26

          Luc 8:42b à 48

          Hébreux 13:4

 

La Torah: notre instruction

Dans la Parasha Tazria, nous avons vu qu’une personne était frappée de « tzaraat » (traduit par lèpre) lorsqu’elle entrait dans la médisance ou contestait l’autorité de celui qui avait été choisi et oint par l’Eternel.

Le metzora (traduit par lépreux) devait alors vivre en dehors du camp. Il était comme un mort-vivant, coupé de tout contact, loin de la présence de Dieu et séparé de toute source de la vie. Il agissait comme quelqu’un de mort et portait des signes de deuil comme déchirer ses vêtements, découvrir sa tête ou couvrir sa lèvre supérieure.

La lèpre est vraiment l’image du péché qui s’étend et corrompt tout le corps. Si elle n’est pas soignée, elle va corrompre également les sentiments et les pensées.

Aujourd’hui, ce fléau se manifeste encore par la médisance mais prend aussi le visage de la contamination doctrinale, d’un héritage spirituel dû à l’occultisme, d’une œuvre de destruction du malin…

La Parasha Metzora met l’accent sur la purification de celui qui est atteint de cette lèpre.

La purification de la tzaraat d’une personne Lév. 14:1-32

La personne ayant besoin de restauration et de purification venait avec deux oiseaux vers le sacrificateur: ils étaient purs et soulignaient deux étapes: l’un mourait, l’autre représentait la nouvelle vie de l’homme purifié de la tzaraat. Ces deux oiseaux étaient à voir comme un seul. 

Le premier était égorgé sur un vase de terre, dans lequel il y avait de l’eau vive. Lév. 14:5 

Son sang coulait sur cette eau vive. 

Cet épisode rappelle Yeshoua: Il est venu dans un vase de terre partageant notre condition humaine et, en même temps, Il est la source d’eau vive qui purifie et étanche notre soif. Son sang a coulé et, au travers de Son sacrifice à la croix, le chapitre 14 du Lévitique a été accompli.

Le sacrificateur trempait trois choses dans le vase:

– Le bois de cèdre, arbre le plus grand, symbolisant l’orgueil.

Il fait penser au bois de la croix sur lequel Yeshoua a été crucifié.

– L’hysope, arbre le plus petit, symbole d’humilité.

Une branche d’hysope a été tendue à Yeshoua alors qu’Il était cloué sur la croix.

– Le fil cramoisi: il s’agit de laine colorée représentant l’humilité que le pécheur a retrouvée en se repentant. Tiré du Houmach

Ce fil rappelle la couleur du sang versé par Yeshoua sur la croix.

 

Le sacrificateur trempait ces trois éléments dans le sang de l’oiseau égorgé et dans l’eau vive puis faisait sept fois l’aspersion sur celui qui venait pour être purifié de la lèpre. Lév. 14:4-7

Le péché était alors pardonné par le sang qui avait coulé. 

Le deuxième oiseau prenant son envol était l’image du péché ayant quitté l’homme repentant.

 

Tous ces parallèles montrent que Yeshoua le Sauveur nous purifie de la maladie de notre nature charnelle. Son côté a été percé, du sang et de l’eau ont coulé. 

En parlant de l’eau et du sang, Lévitique 14 est la préfiguration de l’accomplissent apporté par Yeshoua

 

Cette purification avait lieu le huitième jour, jour du renouveau. Lév. 14:10

En le recouvrant de sang, le sacrificateur purifiait l’homme repentant qui était alors pardonné et prêt à repartir dans une vie réhabilitée.

En l’oignant d’huile, le sacrificateur le mettait à part, le sanctifiait et le consacrait, appelant sur lui l’autorité nécessaire afin de mieux servir l’Eternel.

Le sang et l’huile sur l’oreille droite, le pouce droit et l’orteil droit étaient le signe de cette vie restaurée et de l’équipement donné. Lév. 14:25, 28

 

L’oreille symbolise l’écoute de l’Eternel.

Le pouce symbolise la puissance afin d’accomplir de bonnes œuvres.

Le gros orteil symbolise la puissance de marcher selon l’Eternel.

 

La tzaraat des maisons et la purification Lév. 14:33-57

La lèpre des maisons manifestait un danger spirituel à vivre à l’intérieur.

Rappelons que les Israélites arrivaient dans un territoire qui avait été occupé par des Cananéens, un peuple aux mœurs très dépravées et que Dieu avait décidé de juger.

Par conséquent, si les habitants persistaient à vivre dans une maison impure sans la nettoyer, la corruption spirituelle pouvait atteindre les occupants ou les empêcher de recevoir les bénédictions promises. 

Ces maisons, souillées par les Cananéens, devaient donc être purifiées. Certaines maisons pouvaient être nettoyées, d’autres devaient être en partie refaites, d’autres encore étaient jugées définitivement inhospitalières à cause de leur passé idolâtre. Dans ce cas, elles devaient être totalement détruites.

En effet, les malédictions peuvent empêcher les bénédictions. Elles sont des portes ouvertes à Satan qui peut introduire une lèpre spirituelle porteuse de malédictions.

La purification des maisons se faisait de la même manière que la purification des hommes. Lév. 14:49-53

 Lois sur les impuretés de l’homme et de la femme  Lév. 15

Ce chapitre décrit les écoulements pouvant se produire chez l’homme et chez la femme. La Torah voit ce genre de problème comme une perte de vie, ce qui met la personne dans un état rituellement impur. Ce genre de situation ne la rend pas impure à cause d’un péché commis, mais parce que la vie est sortie d’elle.

En effet, Dieu étant le Dieu de la Vie, toute forme de mort Lui est étrangère. C’est pourquoi la mort apparue à la chute a rendu le système de reproduction impur. 

Néanmoins la priorité n’est pas de mettre l’accent sur l’impureté. Dieu la connaît et, dans Sa grâce, Il a donné des instructions afin que l’être humain retrouve un état de pureté. L’essentiel est donc de se tourner vers Lui afin d’être purifié.

 

Nous avons un droit légal de nous approcher de Dieu, car Yeshoua a accompli les chapitres 14, 15 et 16 du Lévitique.

Nous n’abolissons rien, nous confirmons tout: notre état d’impureté sans Dieu et notre statut de pureté retrouvé au travers de Yeshoua ayant accompli les Ecritures. 

Dieu veut que nous nous sanctifions pleinement car Il nous a déjà rachetés. Au travers de Yeshoua, le Père nous voit purs.

Néanmoins, il faudra attendre le retour de Yeshoua à la fin des temps pour être complètement transformés. Ce jour-là, il ne sera alors plus question d’impureté. 

« Je suis persuadé que celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ. »  Phil. 1:6

 

Réflexion et prière

– Que me montre l’Esprit concernant ma manière de parler de mon prochain ?

– Quel pas m’encourage-t-Il à entreprendre afin de vivre une purification, une restauration ? 

La Haftarah : un regard complémentaire

Dans son commentaire de 2 Rois 7 qu’il intitule « La parole c’est la vie », Raphaël Sadin aborde les deux leçons que donne cette Haftarah.

Tout d’abord, il explique que tout ce qui paraît inébranlable est sujet à disparaître d’un jour à l’autre. En très peu de temps, des situations imprévisibles peuvent s’effondrer. Rien n’est absolument définitif dans ce monde si ce n’est la volonté de Dieu. Tout est dans Sa main et quand Il parle tout devient possible. Il conclut ce premier point en affirmant:

« Le Juif est celui qui est capable d’inscrire sa vie, sa parole, sa pensée, son action dans une perspective de la parole de Dieu. Il n’investit pas dans le réel simplement, mais son vrai investissement dans l’existence c’est l’éternité divine. Il sait que ce réel n’est qu’une figure du moment pour tester notre crainte de Dieu et notre foi. »

Sadin s’interroge ensuite sur le rapport entre un effondrement qui peut être subit et le metzora. Ce mot, difficilement traduisible en français, a les mêmes racines hébraïques que motzera signifiant « sortir le mal ». Il y aurait donc un rapport entre dire du mal et être malade, telle est sa première conclusion.

Ce rabbin définit ensuite une vraie parole comme étant le souffle de vie qui s’exprime. L’âme, créée par le souffle de Dieu, est le murmure divin dans l’homme. Par conséquent, la parole fait vivre en l’être humain la présence même du Créateur en lui. Sadin l’exprime encore d’une autre manière : « La parole est l’instant où les deux dimensions se mélangent, l’alliance révolutionnaire du spirituel et du matériel. »

D’où la gravité du péché de médisance qui, dans les Ecritures, est lié à la lèpre (tzaraat).

La parole fait partie du monde spirituel. Par conséquent, utiliser le souffle divin pour créer du négatif est une profanation, explique Sadin. 

« La parole c’est la vie, la parole donne la vie. Le monde a été créé par la parole… Mettre de la médisance dans la parole est comparable à mettre de la mort dans la vie, c’est rendre mortel ce qui aurait dû être à l’origine de la vie. »

La tzaraat n’existe plus de nos jours. Par contre, nous sommes de plus en plus confrontés à la maladie qu’est le cancer. Plusieurs origines naturelles et physiques peuvent être liées à cette maladie (fumée, mauvaise alimentation, stress, pollution… pour ne citer que quelques exemples). Mais Sadin fait réfléchir quant aux possibles causes spirituelles de ce mal. Le cancer se caractérise par un développement anarchique de cellules qui, au lieu d’être porteuses de vie, vont se développer sans limites, devenant destructrices et menant régulièrement à la mort.

Dans le même sens, l’utilisation négative de la parole, dont le but est d’être vecteur de vie, va également amener la mort. Prov. 18:21

Sadin conclut en disant que tout est question de parole dans cette Haftarah. L’officier du roi de Samarie ne croit pas à la parole de Dieu annoncée par le prophète Elisée. » 2 Rois 7:2, 18-20

En conclusion, la vie que vit l’être humain est créée à partir de sa façon de parler. Pour le dire autrement, la manière dont il s’adresse à autrui va conditionner la façon dont la vie va se comporter avec lui. Ainsi, la parole est à l’origine de la vie ou de la mort, de la guérison ou de la maladie.

 

Retrouver la capacité de communiquer, être en relation, donner et recevoir, aimer la vie et les autres en souhaitant les rendre heureux… voilà quelques exemples qui nous amènent sur le chemin d’une santé intellectuelle, spirituelle autant que physique.

 

Introduction à l’alphabet hébraïque

TSADE: dix-huitième consonne de l’alphabet

Sens premier: harpon

Sens dérivé: harponner son incomplétude et faire de son double cœur le point d’ancrage d’une construction juste.

Valeur numérique: 90, arrêt du mouvement dérivant pour viser la cible

Chris

Le Filet du Maître est une association chrétienne interconfessionnelle qui a pour objectif de tisser un vaste filet d'hommes et de femmes de bonne volonté, unis ensemble, par des relations de cœur à cœur, et désirant servir pour le Royaume de Dieu... Elle a pour but de détecter les dons et les compétences de chacun, Leur apporter une formation théorique et pratique, Leur offrir le moyen de servir en équipe dans les églises, les cellules, et les groupes en connexion avec l'association à laquelle ils font appel pour son savoir-faire.