Parasha 29
A’haré Mote… (Après la mort…)
La Torah: Lévitique 16:1 à 18:30
La Haftarah: Amos 9:7 à 15
La Bessora: Marc 2:1 à 14
Romains 3:19 à 28; 9:30 à 10:13
1 Corinthiens 5:1 à 13
2 Corinthiens 2:1 à 11
Galates 3:10 à 14
Hébreux 7:23 à 10:25
La Torah: notre instruction
« L’Eternel parla à Moïse, après la mort des deux fils d’Aaron, qui moururent en se présentant devant l’Eternel. » Lév. 16:1
Si la Parole ne cite pas les noms des deux fils d’Aaron, disant « les fils d’Aaron », c’est pour indiquer qu’Aaron avait aussi sa part de responsabilité dans la mort de ses fils.
Le rôle du père
Le père a un rôle très important dans l’éducation de ses enfants. En effet, ces derniers apprennent d’abord en observant leurs parents. Il incombe alors au père:
– D’être un modèle en les instruisant au travers de son comportement.
– D’avoir un rôle de prêtre ou de sacrificateur en amenant les siens devant Dieu, en priant, en demandant pardon avec le souci de les sanctifier et de les purifier.
Un exemple de père est l’attitude qu’a eue Job face à ses fils.
« Ses fils allaient les uns chez les autres et donnaient tour à tour un festin, et ils invitaient leurs trois sœurs à manger et à boire avec eux. Et quand les jours de festin étaient passés, Job appelait et sanctifiait ses fils, puis il se levait de bon matin et offrait pour chacun d’eux un holocauste; car Job disait: Peut-être mes fils ont-ils péché et ont-ils offensé Dieu dans leur cœur. C’est ainsi que Job avait coutume d’agir. » Job 1:4-5
En priant, veillant, instruisant, éduquant, le père joue donc une place essentielle au milieu de sa famille. En réalité, il a un rôle de prophète conduisant et enseignant dans les voies de Dieu ceux qui lui sont confiés. Il a également un rôle de roi avec la charge de diriger sa famille, de régner avec sagesse et intelligence et de juger avec justice.
Il est essentiel que l’épouse aide et encourage son mari à prendre la place qui lui revient en tant que responsable de la famille devant l’Eternel.
Yom Kippour
Le Yom Kippour est le jour des expiations appelé aussi le jour du Grand Pardon.
Le sacrifice était nécessaire pour obtenir le pardon.
C’est toujours le cas aujourd’hui. Le sang de Yeshoua lave les péchés commis si, du moins, il y a une réelle repentance.
Déroulement de la journée des expiations
– Le souverain sacrificateur n’entrait pas dans le lieu Très Saint avec ses vêtements sacerdotaux mais avec de simples vêtements de fin lin, le lin exprimant l’humilité. Il devait également se laver avant de revêtir cette simple tenue. Lév. 16:4
Se laver soulignait l’importance de s’examiner avant de s’approcher de Dieu et d’avoir une bonne conscience en se purifiant.
Le sacrificateur faisait d’abord l’expiation pour lui et pour sa famille en offrant un taureau. Lév. 16:6, 11
Puis il pouvait offrir et sacrifier deux boucs pour le peuple. Lév. 16:15
S’ensuivait la purification des objets, du propitiatoire, du sanctuaire et de l’autel des holocaustes. Lév. 16:15, 16, 18
– Les instructions de Yom Kippour étaient très importantes car elles révélaient comment être pardonnés et purifiés au travers du sacrifice.
Aujourd’hui, en accueillant le sacrifice de Yeshoua accompli sur la croix, nous sommes pardonnés, purifiés, réconciliés avec Dieu et nous acquérons Sa Sainteté. Par Sa grâce, nous recevons Sa nature.
Une fois purifiés, nous gardons par amour les ordonnances engendrant ainsi un statut actif dans notre vie.
Nous n’avons pas des choses à faire mais des personnes à devenir, avec des pensées renouvelées. C’est ainsi que nous parviendrons à maturité, ressemblant à Yeshoua.
Accomplissement de Yom Kippour
Certains versets de la lettre aux Hébreux montrent à quel point le Yom Kippour a été accompli par Yeshoua sur la croix.
« Et il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle. Car si le sang des taureaux et des boucs, et la cendre d’une vache, répandue sur ceux qui sont souillés, sanctifient et procurent la pureté de la chair, combien plus le sang de Christ, qui, par un esprit éternel, s’est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant! » Héb. 9:12-14
Quand nous gardons la conscience des œuvres mortes qui nous séparent de la Présence de Dieu, nous n’avons pas encore compris la plénitude de l’accomplissement par Yeshoua dans la Nouvelle Alliance.
Une personne tournée constamment vers son impureté n’a pas encore réalisé la plénitude de ce que Yeshoua a accompli au travers de cette Nouvelle Alliance.
« Il était donc nécessaire, puisque les images des choses qui sont dans les cieux devaient être purifiées de cette manière, que les choses célestes elles-mêmes le fussent par des sacrifices plus excellents que ceux-là. Car Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait de main d’homme, en imitation du véritable, mais il est entré dans le ciel même, afin de comparaître maintenant pour nous devant la face de Dieu. Et ce n’est pas pour s’offrir lui-même plusieurs fois qu’il y est entré, comme le souverain sacrificateur entre chaque année dans le sanctuaire avec du sang étranger; autrement, il aurait fallu qu’il eût souffert plusieurs fois depuis la création du monde, tandis que maintenant, à la fin des siècles, il a paru une seule fois pour abolir le péché par son sacrifice. » Héb. 9:23-26
Le sacrifice pour le péché étant accompli une fois pour toutes, il n’y a désormais plus besoin de sacrifices chaque année, comme du temps de la Première Alliance. En effet, c’est à Yom Kippour que les Juifs recevaient le pardon pour les péchés de l’année écoulée.
C’est pourquoi Jean-Baptiste a dit en voyant Yeshoua: « Voici l’Agneau de Dieu qui ÔTE le péché du monde… » Il n’a pas dit: « Voici l’Agneau de Dieu qui couvre le péché du monde… »
« C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus Christ, une fois pour toutes. » Héb. 10:10
Il n’y a plus besoin d’un autre sacrifice. Dieu nous regarde comme si nous n’avions jamais péché et Il nous donne Sa nature.
« Car, par une seule offrande, il a amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiés. » Héb. 10:14
En étant sanctifiés d’étape en étape, nous sommes amenés à la perfection. En accueillant ce sacrifice, nous recevons le statut de juste.
Jérémie prophétisait déjà cette Nouvelle Alliance:
« Voici, les jours viennent, dit l’Eternel, où je ferai avec la maison d’Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle… Mais voici l’alliance que je ferai avec la maison d’Israël, après ces jours-là, dit l’Eternel: Je mettrai ma loi au dedans d’eux, je l’écrirai dans leur cœur; et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. Celui-ci n’enseignera plus son prochain, ni celui-là son frère, en disant: Connaissez l’Eternel! Car tous me connaîtront, depuis le plus petit jusqu’au plus grand, dit l’Eternel; car je pardonnerai leur iniquité, et je ne me souviendrai plus de leur péché. » Jér. 31:31, 33, 34
« Je ne me souviendrai plus… » dit l’Eternel.
Yeshoua a accompli le Yom Kippour par son sang versé, supérieur au sang des animaux.
Une fois pour toutes… afin qu’il n’y ait plus de conscience du péché en vivant sous la Nouvelle Alliance.
« Or, là où il y a pardon des péchés, il n’y a plus d’offrande pour le péché. Ainsi donc, frères, puisque nous avons, au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire par la route nouvelle et vivante qu’il a inaugurée pour nous au travers du voile, c’est-à-dire, de sa chair, et puisque nous avons un souverain sacrificateur établi sur la maison de Dieu, approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d’une mauvaise conscience, et le corps lavé d’une eau pure. » Héb. 10:18-22
Ce passage révèle l’accomplissement des lois du chapitre 16 du Lévitique. A la mort de Yeshoua, le voile du temple s’est déchiré. En entrant dans le lieu Très Saint, le Messie a accompli le Yom Kippour.
Nous avons donc une libre entrée dans le sanctuaire, alors « Approchons-nous avec un cœur sincère… les cœurs purifiés d’une mauvaise conscience. » Héb. 10:22
Une autre facette de l’accomplissement du chapitre 16 est le récit des deux boucs en lien avec le sacrifice d’expiation. Lév. 16:5
Le premier bouc était égorgé, son sang était amené par le souverain sacrificateur dans le lieu Très Saint afin de faire l’expiation du peuple le jour du Yom Kippour. Lév. 16:15-17
Le deuxième bouc recevait tous les péchés du peuple puis était envoyé au désert pour y mourir. Lév. 16:20-22
Les deux boucs peuvent aussi être vus comme une image des deux Adam:
– Le bouc s’en allant dans le désert peut représenter Adam qui, ayant échoué, doit quitter le jardin d’Eden.
– On peut voir dans le sang du bouc amené dans le lieu Très Saint le nouvel Adam. Réconcilié avec Dieu, il a de nouveau accès à Sa Présence, dans le lieu Très Saint (comme au jardin).
Par Son sacrifice, Yeshoua a fait mourir le vieil Adam.
Par Sa résurrection, Il est devenu le nouvel Adam qui nous entraîne dans une nouvelle humanité.
Dit autrement, deux choses ont lieu lors de la mort et de la résurrection de Yeshoua:
– Son sang versé fait fuir le péché loin de nous.
– Le jour de Sa Résurrection, Il a apporté Son propre sang dans le lieu Très Saint du Tabernacle céleste en le présentant au Père. Parce que ce sacrifice a été accepté, ce sang nous couvre et nous donne accès au lieu Très Saint. Héb. 9:11-12
C’est pourquoi il a demandé à Marie de Magdala de ne pas Le toucher car Il n’était pas encore monté vers Son Père. Jean 20:15-17
Un jour de Yom Kippour dans la Nouvelle Alliance
Un paralytique guéri par Yeshoua (Marc 2:1-12)
« Jésus, ayant aussitôt connu par son esprit ce qu’ils pensaient au dedans d’eux, leur dit: Pourquoi avez-vous de telles pensées dans vos cœurs ? Lequel est le plus aisé, de dire au paralytique: Tes péchés sont pardonnés, ou de dire: Lève-toi, prends ton lit, et marche? Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés: Je te l’ordonne, dit-il au paralytique, lève-toi, prends ton lit, et va dans ta maison. »
Marc 2:8-11
Le Yom Kippour était un jour férié, comme un Shabbat. Les gens, n’étant pas obligés de se rendre à Jérusalem ce jour-là, se rassemblaient dans de grandes villes. Beaucoup de personnes étaient donc assemblées au bord du lac, à Capernaüm, pour écouter Yeshoua. Cet épisode a vraisemblablement eu lieu un jour de Yom Kippour.
Yeshoua, ayant guéri le paralytique et proclamé le pardon de ses péchés à Yom Kippour, annonçait un message clair: Son sacrifice sur la croix allait être source de pardon, de purification mais aussi de guérison.
Ainsi Yeshoua a pleinement accompli cette fête:
La maison pleine de monde souligne la volonté de Dieu de vouloir sauver tous les hommes.
– Le pardon et la guérison reçus par le paralytique manifestent le désir divin d’offrir un plein salut.
La Parasha se termine avec les chapitres 17 et 18.
Après avoir reçu le Grand Pardon, l’homme est invité à garder les commandements d’Adonaï afin de ne pas se souiller à nouveau.
Ayant reçu à grand prix la sainteté de Dieu, il est maintenant appelé à veiller à ce que cette sainteté reste active dans sa vie.
Ce sera le titre de la prochaine Parasha « Kedoshim » qui veut dire « Saints ».
Réflexion et prière
– Suite à la lecture de la Haftarah p.7, quelles sont les motivations intérieures que j’observe, bonnes ou discutables ?
– Quel pourrait être le défi à relever ?
La Haftarah: un regard complémentaire
Originaire de Tekoa, petit village à une vingtaine de kilomètres de Jérusalem, Amos était berger et cultivait les fruits du sycomore. Tandis qu’il faisait paître ses troupeaux, cet homme fut appelé par Dieu. En un premier temps, il prophétisa dans le royaume du Nord à l’époque de Jéroboam II (785-744 av. J.C.) puis fut envoyé dans le royaume de Juda sous le règne d’Ozias. (780-740 av. J.C.)
Le lien avec la Torah s’inscrit autour du thème de la sainteté. En effet, dans la mesure où Israël demeurait fidèle à l’Eternel, il avait l’assurance de rester dans le pays promis à ses ancêtres. Toutefois si le peuple imitait les nations l’ayant précédé, il subirait le même sort qu’elles et serait chassé de son lieu d’habitation. Lév.18:24-29 donne un avertissement solennel à ce sujet.
Les Israélites ne se repentiront pas. C’est pourquoi le Royaume du Nord partira en captivité en 722 av. J.C. pour s’installer (et s’assimiler pour la plupart) en Assyrie, ce qui correspond au Nord-Est de l’Irak actuel. Quant au royaume du Sud, il sera déporté en trois vagues (en 597, 587 et 882 av. J.C.) à Babylone (située sur l’Euphrate, à 200 km au Sud-Est de Bagdad aujourd’hui).
Malgré cet avenir quelque peu dramatique, Adonaï laisse toujours entrevoir une réelle porte d’espérance: un reste reviendra sur la terre promise aux patriarches. Amos 9:11-15
Raphaël Sadin explique que le lien entre les deux textes bibliques a également à faire avec la motivation profonde de l’être humain. En d’autres termes, qui est au service de quoi ? Une motivation dont le but est de s’approcher de Dieu et de mettre à Son service les dons reçus est une attitude louable et porteuse de puissance. Par contre, si la motivation première est une volonté de toute puissance, un besoin d’être reconnu, elle ne peut alors mener qu’à la mort spirituelle. Sadin ajoute que ce type de comportement n’est autre que de la profanation et de l’abomination.
Le rabbin poursuit sa réflexion en soulignant un autre élément mettant en lien la Torah et la Haftarah: l’importance de la sainteté sans laquelle il est impossible d’échapper à une motivation négative. Il définit la sainteté de la manière suivante:
« La sainteté est la capacité d’être, à un moment donné, structuré au plus profond de soi par quelque chose qui n’est pas de l’intérêt personnel… afin que sa propre vie gravite autour d’un point palpitant qui est Dieu Lui-même. »
Abraham, enchaîne-t-il, rempli de miséricorde, est prêt à tuer son fils parce que Dieu le lui a demandé. En réalité, il a découvert que la relation avec son Créateur n’a aucun rapport avec ce qu’il est lui-même. Il ne comprend pas ce qui lui arrive, mais parce que Dieu lui en a donné l’ordre, il obéit, convaincu qu’Adonaï est plus grand que ses traits de caractère humains.
Il évoque également la puissance de la mémoire collective des enfants d’Israël: « Si le peuple juif a pu supporter autant de souffrances sans se révolter contre Dieu, cela vient d’Abraham notre père. Dieu lui a promis une terre magnifique, Abraham arrive sur place et constate que règne la famine. Le fait qu’Abraham n’ait pas commencé à questionner Dieu, à se révolter et qu’il a accepté s’inscrit dans une sorte de patrimoine génétique au cœur de l’identité juive: nous savons que tout ce qui nous arrive est pour le bien. »
Alors, comment vivre la joie dans la sainteté et la développer ? s’interroge Sadin…
Il rappelle l’importance de vivre trois qualités centrales dans notre vie de foi:
La première est la bonté, la miséricorde qui se traduit par des actes désintéressés. En agissant de la sorte, l’être humain s’habitue à donner sans retour et exprime alors une grandeur divine.
La deuxième est le respect des lois. Dans certaines situations, il s’agit de mettre les émotions de côté afin d’agir avec droiture. Si quelqu’un doit de l’argent à son prochain par exemple, l’attitude juste sera d’exprimer de l’honnêteté et de rendre l’argent emprunté.
Enfin la troisième rejoint la bonté mais coûte davantage car on « s’oblige » à donner. En effet, comment laisser quelqu’un avoir faim en lui souhaitant une bonne journée alors qu’on a de quoi lui faire l’aumône ?
Des siècles plus tard, l’apôtre Jean l’exprimera de la façon suivante:
« Nous avons connu l’amour, en ce qu’il a donné sa vie pour nous; nous aussi, nous devons donner notre vie pour les frères. Si quelqu’un possède les biens du monde, et que, voyant son frère dans le besoin, il lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeure-t-il en lui ? »
1 Jn 3:16-17
Sadin conclut son enseignement en disant: « Lorsqu’on est capable de vivre ces trois dimensions, on devient saint. »
Introduction à l’alphabet hébraïque
QOPH: dix-neuvième consonne de l’alphabet
Sens premier: singe
Sens dérivé: passer par la porte étroite du discernement, la hache qui émonde pour accéder à l’être unique que je suis
Valeur numérique: 100, accomplissement après trans-formation
Chris
Le Filet du Maître est une association chrétienne interconfessionnelle qui a pour objectif de tisser un vaste filet d'hommes et de femmes de bonne volonté, unis ensemble, par des relations de cœur à cœur, et désirant servir pour le Royaume de Dieu... Elle a pour but de détecter les dons et les compétences de chacun, Leur apporter une formation théorique et pratique, Leur offrir le moyen de servir en équipe dans les églises, les cellules, et les groupes en connexion avec l'association à laquelle ils font appel pour son savoir-faire.


