Parasha 30
Kedoshim… (Soyez saints…)
La Torah: Lévitique 19:1 à 20:27
La Haftarah: Ezéchiel 20:2 à 20; 22:1 à 16
La Bessora: Marc 2:15 à 17
Luc 10:25 à 37
Romains 13:8 à 10
Galates 5:13 à 26
Jacques 2:1 à 9
1 Pierre 1:13 à 21
La Torah: notre instruction
Le Lévitique est écrit pour apprendre à vivre de manière sainte en étant mis à part, totalement séparé du mal et de ce qui est impur. C’est l’œuvre du Saint-Esprit.
« Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles; elle juge les sentiments et les pensées du cœur. » Héb. 4:12
Etre saint, c’est être mis à part et cela demande un choix:
– Apprendre à vivre d’une manière différente de ceux qui vivent dans le monde.
– Se séparer de tout ce qui est relatif à la mort, c’est-à-dire au péché sous toutes ses formes.
– Apprendre à mettre progressivement les lois de Dieu en pratique.
Mais l’homme ne peut pas se sanctifier tout seul. Il faut de la volonté et de la patience pour laisser le Seigneur agir comme Il le veut.
Il met à disposition les Ecritures, le sang de l’Agneau et la puissance du Saint-Esprit pour accomplir pleinement Son plan de transformation.
Ainsi, si nous nous laissons conduire par le Père, Il ne manquera pas d’accomplir ce qu’Il a promis, y compris au travers des épreuves que nous traversons.
La sanctification est une nécessité afin de pouvoir s’approcher de Dieu, être en communion avec Lui sur la base du sacrifice et non sur celle des mérites.
A plusieurs reprises, dans le livre du Lévitique, l’Eternel répète: « Soyez saints car je suis saint. »
A la fin de la Parasha, par exemple, Il l’exprime de la manière suivante:
« Vous serez saints pour moi, car je suis saint, moi, l’Eternel; je vous ai séparés des peuples, afin que vous soyez à moi. » Lév. 20:26
Ce qui rend pur, c’est d’accueillir les sacrifices accomplis par Yeshoua.
Ce qui rend saint, c’est le contact avec le sang et avec l’eau qui purifient du péché.
En étant en contact avec Celui qui est saint, l’être humain est alors rendu pur.
Par exemple, la femme qui avait une perte de sang a été comme « irradiée » et guérie en touchant les franges du vêtement de Yeshoua. Matt. 9:20-23
Les dix lépreux, mis au contact de la sainteté que dégageait Yeshoua, ont aussi été guéris.
De morts-vivants qu’ils étaient, ils sont revenus à la vie. Luc 17:11-14
Par conséquent, plus nous serons saints, plus nous laisserons l’Esprit vivre et agir au travers de nous, plus nous laisserons la Sainteté de Yeshoua rayonner et transformer des vies autour de nous.
« Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. » Jn 15:5
Cette déclaration souligne l’importance de s’offrir comme des sacrifices vivants, de ne rien faire par soi-même, mais de laisser Dieu agir.
« Je ne fais que ce que je vois faire au Père », disait Jésus. Jn 5:19
La sainteté est toujours une séparation entre ce qui est pur et ce qui est impur.
« C’est pourquoi ainsi parle l’Eternel: Si tu te rattaches à moi, je te répondrai, et tu te tiendras devant moi; si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est vil, tu seras comme ma bouche. C’est à eux de revenir à toi, mais ce n’est pas à toi de retourner vers eux. » Jér. 15:19
Lév. 19:1-22: deux parties
Comme dans les dix commandements, nous trouvons deux parties dans ce passage.
Dans la première est décrite la relation entre Dieu et les hommes.
La Torah souligne qu’aimer le pauvre et l’étranger est connecté au service d’Adonaï.
Yeshoua confirme cette réalité: « Toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. » Matt. 25:40
Dans la deuxième partie, il est question de la relation entre les hommes.
En interdisant les mélanges (v.19), la Torah relie ce thème à celui de de la séparation.
Ainsi être saint, c’est être séparé de certains mélanges et de certains compromis.
En effet, le mot hébreu « kadosh » signifie séparé, mis à part, sanctifié.
Dieu sépare dès le commencement
Dans Genèse 1, chaque étape de la création était délibérément marquée par des actes de séparation.
Dieu a créé en séparant les espèces, voulant que chacune d’entre elles se reproduise en son sein. Il est intéressant de noter que le mulet, hybride de l’âne et de la jument, est statistiquement stérile.
La loi sur les mélanges interdits est en réalité un enseignement sur le thème de la sainteté, de la mise à part: « Vous observerez mes lois. Tu n’accoupleras point des bestiaux de deux espèces différentes; tu n’ensemenceras point ton champ de deux espèces de semences; et tu ne porteras pas un vêtement tissé de deux espèces de fils. » Lév. 19:19
Le premier mélange est rapporté dans Genèse 3 lorsque Satan mêle la vérité au mensonge.
« Alors le serpent dit à la femme: Vous ne mourrez point; mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » v. 4-5
En écoutant le serpent et en mangeant du fruit de la connaissance de l’arbre du bien et du mal, les yeux d’Adam et Eve se sont ouverts. Le serpent a menti en disant qu’ils ne mourraient point.
Il est vrai qu’ils ne sont pas morts physiquement à ce moment-là, mais, ils sont morts spirituellement en étant séparés de la présence de Dieu, source de la vie.
La sainteté est quelque chose de très pratique
Le plus grand but de la Torah se trouve dans ces paroles: « Tu aimeras… »
Par conséquent, la plus grande sainteté est démontrée au travers d’un comportement axé sur la justice, l’éthique sociale, l’amour manifesté en actes et en paroles.
C’est pourquoi la médisance est très grave aux yeux de l’Eternel, car « la mort et la vie sont au pouvoir de la langue. » Prov. 18:21
En critiquant un être à l’image de Dieu, nous détruisons quelque chose que Dieu a créé.
Matt. 5:21-22
Notre position doit être celle d’Abraham: « Seigneur, Tu es venu pour les sauver. »
Dieu a été touché par l’attitude d’Abraham et lui a dit: « Pour toi, Abraham, qui intercèdes, je ne détruirai pas la ville. »
Avec miséricorde, Abraham a intercédé pour le salut de cette ville, pas pour le jugement.
Le récit rapporte qu’il n’est pas descendu au-dessous de dix.
En effet, dans le monde juif, le nombre dix est le minimum requis pour émettre des jugements qui amèneraient une population à sortir de son péché.
S’il n’y a pas dix justes, ce principe de repentance au travers du jugement des dix ne peut pas voir le jour. C’est pour cela qu’Abraham n’est pas descendu au-dessous de ce nombre.
L’attitude d’Abraham nous encourage à prier avec ferveur pour nos familles, les nations ou toute autre instance que Dieu déposera sur nos cœurs.
Tant que nous pouvons intercéder en faveur du peuple, à l’image d’Abraham qui a demandé miséricorde, faisons-le, car un jour, les jugements de Dieu tomberont.
« Ne détruis pas encore, Seigneur… »
Conclusion
Les chapitres 1 à 17 du Lévitique concernent la sainteté d’Adonaï.
Dans la suite du livre, l’Eternel montre comment le peuple peut participer à Sa sainteté en obéissant à Ses commandements.
Saints vous serez… pour être lumière dans ce monde !
Réflexion et prière
Réfléchissons au sens de nos épreuves et demandons au Seigneur Son éclairage pour comprendre ce qu’Il a fait dans nos vies jusqu’à présent:
– Quelles transformations Dieu a-t-Il opérées au travers de situations douloureuses ?
– Dans quels domaines nous a-t-Il sanctifiés ? De quelle manière L’avons-nous vu agir ?
– Demandons un cœur rempli de miséricorde, à l’exemple d’Abraham qui intercédait de tout son cœur pour que Sodome soit épargnée.
La Haftarah: un regard complémentaire
Le commentaire de cette Haftarah est tiré d’un enseignement donné par Raphaël Sadin, dont le but est de nous entraîner à devenir saints.
Ce rabbin fait remarquer que lorsqu’il s’agit de sainteté, la hiérarchie entre les hommes n’existe plus: tous sont à la même enseigne. C’est pourquoi il est précisé dans le Lévitique que tout le peuple sera rassemblé pour entendre les paroles de l’Eternel.
Pour Sadin, la sainteté (kedousha) est composée de trois niveaux.
Le premier implique la séparation du mal, du monde ainsi qu’un travail intérieur.
– Séparation du mal venant de l’extérieur:
Le mal c’est perdre la perspective du sens, c’est être captif d’un système de jouissance qui se suffit à lui-même. La notion de mal signifie que quelque chose a été coupé. Ainsi la jouissance momentanée et sans but est coupée d’un processus d’élévation donnant du sens. L’être humain dépourvu de sens dans la vie est mort, car la vie implique toujours une direction: elle va vers la lumière et vers un but.
– Séparation des mauvais penchants intérieurs:
Ces mauvais penchants sont multiples (orgueil, jalousie…) et proviennent d’une frustration due à un manque de reconnaissance parentale, frustration qui projette ensuite sa violence vers la jalousie des autres. Lorsque l’être humain comprend qu’il n’est pas seulement le produit de l’indélicatesse des parents mais qu’il est avant tout un fils ou une fille de Dieu, il peut alors se positionner différemment. En créant l’homme, Dieu l’a créé de façon parfaite par rapport à ce qu’il devait être. Par conséquent, tout est bien, tout est à sa place et chacun peut accomplir sa destinée en fonction des dons reçus.
– Séparation des pensées négatives:
Il s’agit de veiller à ce que les pensées ne soient pas motivées en dernière instance par des intérêts égoïstes. Elles doivent devenir libres, séparées de tout égocentrisme et se développer dans le souci de la vérité.
Le deuxième niveau est en lien avec la séparation du monde.
Sadin rend ses auditeurs attentifs au fait que cette séparation est différente de l’ascétisme en affirmant: « Quelqu’un qui vit sans plaisir est un homme mort. »
En réalité, être séparé du monde signifie ne pas tomber dans le divertissement qui fait perdre le sens véritable de la vie, précise-t-il. Comment alors se séparer du monde ?
Il s’agit de créer un espace intérieur dans lequel on essaie, derrière chaque événement qui surgit, de déceler le visage de Dieu et le sens biblique de ce qui est vécu à cet instant, se remémorant que « tout est pour le bien. » Dans la même mouvance, l’être humain apprend à voir ce que Dieu attend de lui dans telle circonstance. En d’autres termes, l’homme créé à l’image de Dieu est invité à se poser la question suivante: « Quel est le sens de ce que je vis, comment puis-je le traduire en travail divin, en lien avec mon Créateur ? »
Lorsque l’homme peut ainsi réinterpréter le monde, ce dernier n’est plus collé à lui et il devient saint. C’est possible de se décoller de ce monde en laissant la conscience s’éveiller et en prenant une décision: « A partir de maintenant, je vais traduire ce qui m’arrive en mission, en nécessité de dépassement, en travail spirituel. »
Celui qui atteint le troisième niveau, poursuit Sadin, peut faire des miracles.
Après avoir été séparé du mal, l’homme vit dans la sainteté, ce qui se manifeste par l’étude de la Torah et la mise en pratique des commandements dans sa vie quotidienne. En vivant de cette manière, il va développer son intelligence et recevoir une nouvelle compréhension des choses. Néanmoins, ces développements et découvertes devront aussi passer par une rupture et être soumis à la lumière de l’Absolu.
En réinterrogeant ces nouveaux éléments, des implosions peuvent se produire là-même où des certitudes étaient solidement ancrées. Pourtant c’est ainsi que la croissance pourra se poursuivre afin d’être toujours plus en contact avec la lumière divine.
Ce travail intérieur persévérant dévoilera alors la véritable identité de l’homme, qui il est vraiment.
Il est intéressant de noter que « Brit » signifiant « alliance » a pour racine étymologique « Briat » voulant dire « création ».
Ainsi, dans une « Brit », chacun donne une partie de lui-même. C’est pourquoi Dieu a commencé par donner une partie de Sa lumière à Ses enfants, ce qui les a rendus saints.
En travaillant sur cette lumière, les hommes vont la Lui rendre afin qu’elle soit le centre de gravité de leur existence. C’est à ce moment-là qu’ils deviennent saints, explique ce rabbin.
Il conclut cette Haftarah en ces termes: « Ma vraie identité c’est la lumière divine en moi. Quand je prends cette décision: à partir de maintenant, je me définis par rapport à cette lumière divine, c’est le début de la sainteté. »
Introduction à l’alphabet hébraïque
RECH: vingtième consonne de l’alphabet
Sens premier: tête
Sens dérivé: conscience qui émerge et pointe le but dans le balancement de la marche
Valeur numérique: 200, force créatrice
Chris
Le Filet du Maître est une association chrétienne interconfessionnelle qui a pour objectif de tisser un vaste filet d'hommes et de femmes de bonne volonté, unis ensemble, par des relations de cœur à cœur, et désirant servir pour le Royaume de Dieu... Elle a pour but de détecter les dons et les compétences de chacun, Leur apporter une formation théorique et pratique, Leur offrir le moyen de servir en équipe dans les églises, les cellules, et les groupes en connexion avec l'association à laquelle ils font appel pour son savoir-faire.


