Parasha 32
Behar… (Au Mont Sinaï… Sur la montagne)
La Torah: Lévitique 25:1 à 26:2
La Haftarah: Jérémie 32:6 à 27
La Bessora: Marc 3:1 à 12
Luc 4:16 à 21
1 Corinthiens 7:21 à 24
Galates 6:7 à 10
La Torah: notre instruction
Le Shabbat, la Shemittah, le Yovel sont des temps de repos, de remise à zéro hebdomadaire, tous les sept ans ou tous les cinquante ans.
Ces temps mis à part pour l’Eternel signifient très concrètement qu’Il est premier dans nos vies et que notre confiance Lui est acquise.
Ce n’est qu’en vivant en communion avec l’Eternel, conscients qu’Il pourvoit, que nous pouvons être heureux.
Proclamer cette vérité: « Tu es le Maître de ma vie, des difficultés, des choses qui m’accablent » conduit vers le vrai repos, car Il règne et a autorité sur toutes les situations.
Cette entrée dans le repos est comparée au retour à l’état initial qu’Adam et Eve connaissaient avant la chute. En effet, ils ont été créés le sixième jour pour commencer à vivre à partir du repos.
La Shemittah, année sabbatique, est un retour au jardin d’Eden.
Donner du repos à la terre tous les sept ans est une manière d’honorer Celui qui l’a créée afin qu’elle produise une nourriture en abondance et de qualité pour tous les hommes.
Dans ce repos, la terre est régénérée, elle récupère des sels minéraux et de l’eau afin de donner à nouveau des récoltes saines.
Il est également connu que les cellules de l’être humain passent aussi par une régénération… et ceci tous les sept ans.
Ce renouvellement partiel que connaît la nature et le corps humain est une anticipation de ce que le Seigneur fera durant le millenium, temps dans lequel la restauration de toutes choses ira croissant. L’être humain, par exemple, vivra à nouveau plus longtemps, comme au début de la Genèse. Es. 65:20
La Shemittah est donc une préfiguration du règne messianique qui vient.
La Shemittah rappelle le Shabbat. Elle représente un acte de foi.
Cette année-là, les Israélites ne cultivaient pas leurs champs. Par leur attitude, ils montraient ainsi que leur survie ne dépendait que de l’Eternel. En effet, Il est le seul Maître subvenant à tous les besoins: « Ne vous inquiétez de rien, je suis Celui qui comble tous vos besoins. »
Dans Sa souveraineté, Dieu se souciait des Israélites en pourvoyant pour plusieurs années.
L’année de Shemittah était alors l’occasion de se souvenir qu’Adonaï prenait soin de Son peuple.
Il en est de même aujourd’hui: tout dépend de Sa main et il est important de s’en souvenir.
Par exemple, avoir chaque jour du pain sur la table manifeste la bonté de Dieu qui fait pousser le blé.
La Shemittah est donc l’occasion pour l’homme de reconnaître l’autorité d’Adonaï sur la terre dont Il est le propriétaire. Lév. 25:4-5
Observer la Shemittah permettait à la terre de se reposer, mais offrait aussi aux pauvres et aux animaux la nourriture dont ils avaient besoin.
« Pendant six années, tu ensemenceras la terre, et tu en recueilleras le produit. Mais la septième, tu lui donneras du relâche et tu la laisseras en repos; les pauvres de ton peuple en jouiront, et les bêtes des champs mangeront ce qui restera. Tu feras de même pour ta vigne et pour tes oliviers. » Ex. 23:10-11
Par conséquent, la terre en jachère était au repos. Cela permettait aux pauvres et aux animaux d’en manger les fruits.
Ainsi, ce qui appartenait aux propriétaires était donné gratuitement aux plus démunis.
Jésus pensait certainement à cet épisode lorsqu’il a dit: « Donnez, et il vous sera donné: on versera dans votre sein une bonne mesure, serrée, secouée et qui déborde; car on vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servis. » Luc 6:38
En obéissant aux instructions de la Shemittah, les Israélites voyaient l’action de l’Eternel. En effet, grâce aux bénédictions du Créateur, les Israélites pouvaient manger les récoltes de trois années, jusqu’à ce que celles de la neuvième année parviennent à maturité.
« Je vous accorderai ma bénédiction la sixième année et elle donnera des produits pour trois ans. Vous sèmerez la huitième année et vous mangerez de l’ancienne récolte… »
Lév. 25:21-22a
Si ces années n’avaient pas été sous le regard de l’Eternel, elles auraient pu provoquer un fort risque de famine. Donc, les bénédictions d’Adonaï garantissaient la vie durant ces trois années.
Le Seigneur garantit la vie, là où les circonstances pourraient mener à la mort. Le chiffre trois (trois années) renforce la connexion avec le signe du Messie, signe de la résurrection.
L’homme ne peut pas devenir maître de la terre. Dieu seul l’est.
Quand la terre est privée de la Shemittah, l’homme manifeste sa volonté d’être maître de la terre, lui demandant de le servir. Il vit alors en comptant sur sa sagesse et ses forces, refusant de dépendre du Créateur.
La Bible enseigne quelque chose d’important à ce sujet: Juda, n’ayant pas obéi aux ordonnances de Dieu, a été exilé à Babylone.
Avant l’exil, les Israélites avaient vécu quatre cent nonante années sans respecter la Shemittah, soit septante années de repos volées à la terre.
Rachi, commentateur juif, explique que les septante années d’exil à Babylone sont la conséquence des septante années sabbatiques non respectées par les enfants d’Israël.
Les temps de repos sont vraiment des signes entre l’Eternel et Son peuple. Au travers des instructions donnée à Son peuple, Dieu veut le protéger de la puissance et de l’esprit de rendement qui agissent dans ce monde. Ce qu’il désire avant tout est une profonde communion avec Ses créatures.
Dans Son amour, Il veut également sanctifier puissamment ceux qui Lui appartiennent.
En vivant l’attitude de repos dans Sa Présence, les enfants de Dieu goûtent ainsi à une préfiguration du temps messianique dans lequel les Shabbatot seront restaurés.
Yovel, le Jubilé
Quelques mots sur le Yovel
– Le mot liberté exprime bien la réalité du Jubilé.
« Et vous sanctifierez la cinquantième année, vous publierez la liberté dans le pays pour tous ses habitants: ce sera pour vous le Jubilé; chacun de vous retournera dans sa propriété, et chacun de vous retournera dans sa famille. » Lév. 25:10
« La parole fut adressée à Jérémie de la part de l’Eternel, après que le roi Sédécias eut fait un pacte avec tout le peuple de Jérusalem, pour publier la liberté… Vous, vous aviez fait aujourd’hui un retour sur vous-mêmes, vous aviez fait ce qui est droit à mes yeux, en publiant la liberté chacun pour son prochain, vous aviez fait un pacte devant moi, dans la maison sur laquelle mon nom est invoqué. Mais vous êtes revenus en arrière, et vous avez profané mon nom; vous avez repris chacun les esclaves et les servantes que vous aviez affranchis, rendus à eux-mêmes, et vous les avez forcés à redevenir vos esclaves et vos servantes. C’est pourquoi ainsi parle l’Eternel: Vous ne m’avez point obéi, en publiant la liberté chacun pour son frère, chacun pour son prochain. Voici, je publie contre vous, dit l’Eternel, la liberté de l’épée, de la peste et de la famine, et je vous rendrai un objet d’effroi pour tous les royaumes de la terre. » Jér. 34:8, 15-17
« Mais s’il fait à l’un de ses serviteurs un don pris sur son héritage, ce don lui appartiendra jusqu’à l’année de la liberté, puis il retournera au prince; ses fils seuls posséderont ce qu’il leur donnera de son héritage. » Ez. 46:17
« L’esprit du Seigneur, l’Eternel, est sur moi, car l’Eternel m’a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux; il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la liberté, et aux prisonniers la délivrance; pour publier une année de grâce de l’Eternel… » Es. 61:1-2b
Le Jubilé signifie la libération entière du peuple et des terres en vue d’un nouveau départ:
– Par le droit de rachat des personnes: les esclaves étaient libérés, la liberté donnée à tous les habitants, le pardon accordé et la remise effective des dettes prononcée.
– Par le droit de rachat des propriétés: le bien était restitué à son propriétaire initial.
La Shemittah et le Yovel sont thématiquement liés.
Ils contiennent tous les deux le thème du repos de la terre.
La terre et l’être humain pouvaient être rachetés l’année du Yovel parce qu’ils appartenaient tous les deux à l’Eternel.
Du temps des rois d’Israël, les habitants ne respectaient plus les lois de Dieu et profanaient le pays. La dégradation spirituelle étant complète, Dieu a alors envoyé Son peuple en exil.
Notre attitude aujourd’hui
De nos jours, nous vivons une situation nécessitant une repentance:
– De nombreux dérèglements dans l’Eglise, hors de l’Eglise… rendent les personnes esclaves du péché.
– Une politique de surexploitation empêche la terre de se reposer.
L’exemple de Juda exilé à Babylone annonce prophétiquement ce qui va arriver à cette terre dans les temps à venir.
Dieu va entrer en jugement en Son temps en disant stop à toute cette injustice, à toute cette surexploitation.
Cette réalité doit nous inciter à supplier Dieu en Lui demandant:
– Que Sa grâce se manifeste afin que beaucoup d’hommes entrent encore dans l’arche du Salut.
– Qu’il y ait une réelle prise de conscience face à ce que vit notre planète, nécessitant une rectification de notre style de vie.
Il est temps d’intercéder, comme Abraham l’a fait.
Afin d’avoir une intercession efficace, il est essentiel d’avoir un cœur rempli de compassion pour les gens, pour notre pays, pour le monde qui se perd.
En effet, Yeshoua a eu compassion des hommes qu’Il rencontrait.
La compassion, issue de l’amour déposé dans les cœurs par le Saint-Esprit, est le chemin qui permet à Dieu d’opérer des miracles au travers de nos personnes.
Si Yeshoua n’avait pas été rempli d’amour et ému de compassion, il n’y aurait pas eu de repentance ni de miracles, car c’est la bonté de Dieu qui pousse à la repentance. Rom. 2:4
C’est pourquoi le chemin des miracles passe obligatoirement par l’amour et la compassion.
Le Shabbat et l’accomplissement
On peut se demander pour quelles raisons Yeshoua a souvent guéri le jour du Shabbat.
En réalité, Il est le Maître du Shabbat, de ce temps de repos, de restauration de toutes choses, du retour à l’état initial. Cette journée mise à part est donc un temps fort pour la guérison et la délivrance.
Lorsque Dieu a racheté Son peuple à la mer Rouge, Il a dit de rester sur place, de se reposer, d’être dans le Shabbat et de regarder Son salut, car Il allait agir Lui-même.
De la même façon, le Shabbat est vécu lorsque nous cessons de faire nos propres œuvres, avec nos forces et que nous apprenons à nous reposer dans l’œuvre que le Messie a accomplie sur la croix.
Le Yovel et l’accomplissement
Le Yovel est une période de liberté et de rédemption qui a lieu tous les cinquante ans par le rachat des esclaves et de la terre, par la remise des dettes.
Bien que la Torah parle de rédemption physique, d’esclaves physiques, le sens profond du Yovel est son accomplissement dans le Messie venu nous racheter spirituellement du péché et de ses conséquences, la maladie en faisant partie.
« Il se rendit à Nazareth, où il avait été élevé, et, selon sa coutume, il entra dans la synagogue le jour du sabbat. Il se leva pour faire la lecture, et on lui remit le livre du prophète Esaïe. L’ayant déroulé, il trouva l’endroit où il était écrit: L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur. Ensuite, il roula le livre, le remit au serviteur, et s’assit. » Luc 4 :16-20a
La Shemittah, le Yovel et le millenium
« Mais il est une chose, bien-aimés, que vous ne devez pas ignorer, c’est que, devant le Seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour. » 2 Pie. 3:8
Une interprétation Sod (cachée) est que mille ans équivalent à un jour…
– « Pendant six mille ans, vous ensemencerez vos champs… »
L’homme a travaillé les champs sur l’ensemble de la surface du globe comme bon lui semblait.
Depuis Adam et Eve, l’histoire des hommes est vieille d’environ six mille ans.
– On peut comprendre que la septième année est à comparer avec le septième millénaire qui sera un Shabbat, un grand temps de repos pour la terre…
Cette période aura lieu au retour de Yeshoua, Maître du Shabbat, qui régnera sur la terre durant mille ans.
Durant ce royaume millénaire, l’humanité et les animaux bénéficieront de la loi et du règne du Messie, le Maître du Shabbat.
« J’estime que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous. Aussi la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise à la vanité, – non de son gré, mais à cause de celui qui l’y a soumise, – avec l’espérance qu’elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Or, nous savons que, jusqu’à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l’enfantement. Et ce n’est pas elle seulement; mais nous aussi, qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps.
Car c’est en espérance que nous sommes sauvés. Or, l’espérance qu’on voit n’est plus espérance: ce qu’on voit, peut-on l’espérer encore? » Rom. 8:18-24
– Ce que produira la terre pendant ce Shabbat servira de nourriture pour l’homme et la bête.
Il semblerait que les instructions concernant la Shemittah contiennent en fait un message messianique concernant les 1’000 ans du royaume millénaire.
Le Yovel a lieu après la septième période de sept ans.
Après certaines Shemittah, suivait une huitième année, celle du Yovel.
Le chiffre 8 est le chiffre du renouveau.
Nous pourrions comprendre que la 8000ème année marquerait le commencement de l’éternité.
Le Yovel était marqué par un retour à la terre, par la rédemption de tous ceux qui avaient été asservis.
De la même manière, lorsque l’état éternel commencera le huitième jour, Yeshoua remettra toutes choses à Son Père. » Tony Robinson
Réflexion et prière
– Comment manifester de l’amour pour notre pays et pour nos compatriotes ?
– Quelles sont les portes de sainteté par lesquelles Dieu nous fait passer afin que nous soyons prêts à recevoir une nouvelle onction du Saint-Esprit, une nouvelle révélation des Ecritures ?
La Haftarah: un regard complémentaire
Dans son enseignement sur la Haftarah intitulé « le chiffre 7 », Raphaël Sadin explique l’importance de ce chiffre, secret de la spiritualité.
En introduction, il fait remarquer que le chiffre 7 se retrouve souvent dans les Ecritures. Par exemple, il y a sept générations d’Adam à Enoc, d’Abraham (le père des croyants) à Moïse (à qui Dieu a donné la Torah). David, ancêtre du Messie, était le septième fils d’Isaï. Lors du septième mois (Tischri), trois temps forts sont célébrés : la fête des trompettes, Yom Kippour et Souccot.
Le Créateur a également découpé le temps hebdomadaire en semaines composées de sept jours (en réalité six jours de travail et un jour de repos), montrant ainsi à l’homme créé à Son image un modèle à suivre dans sa manière de vivre.
Sadin développe ensuite sept caractéristiques donnant une ligne de conduite pour la vie quotidienne.
La première, nommée miséricorde (hesed), fait appel à la notion de dépassement en sortant de soi-même. « Un homme incapable de sortir de lui-même, vivant en vase clos, n’a jamais existé, fait remarquer Sadin (… ) En me donnant, je m’apparais à moi-même sur ma véritable silhouette (…) Comme l’homme est fait à l’image de Dieu et que Dieu ne fait que donner, l’homme se rapproche de Son image quand il donne. »
La deuxième, appelée rigueur, se manifeste lorsque l’être humain exige des choses de lui-même. S’il n’exige plus rien de lui en se laissant aller, il ne fait rien de sa vie et n’est plus un homme, ajoute ce rabbin.
Par conséquent, une troisième caractéristique peut émerger à partir de cette rigueur: avoir un projet spirituel qui motive et enrichit le prochain.
La quatrième prend en compte la notion d’héritage. Un homme n’est pas un homme s’il ne se construit qu’à partir de lui-même. Il doit être capable de se faire l’écho de ce qu’il a reçu de ses ancêtres et de ce qu’il est devenu. En agissant de la sorte, il devient alors le dépositaire d’une identité qu’il peut faire rayonner avec reconnaissance dans ce monde.
Quant à la cinquième caractéristique, elle est en lien avec une activité céleste le protégeant de tomber dans le piège du monde qui présente la vie comme un défilé d’amusements et de distractions.
La sixième caractéristique a pour objectif d’incarner cette spiritualité dans le quotidien: partager un bien matériel, offrir un sourire, venir en aide à son prochain… en un mot être capable d’assumer sa vie.
La septième caractéristique, quant à elle, vient articuler les précédentes afin qu’un sens profond soit donné à la vie.
Ce chiffre 7, très présent dans cette Parasha, est aussi en lien avec la sanctification du temps.
Le septième jour de la semaine, le Shabbat, est un jour de repos. La septième année, la Shemittah, est un temps particulier de repos pour la terre. Quant au Jubilé, il s’inscrit après quarante-neuf années (7×7), décrétant la libération des esclaves ainsi que le retour à la terre de ses ancêtres.
Dieu a créé un rythme pour l’être humain. Le briser amènerait un déséquilibre dans la création. Lors de la révolution française, par exemple, les hommes ont voulu se séparer de Dieu et ont tenté de mettre en place des décades, cassant ainsi le rythme hebdomadaire donné par Dieu (six jours de travail, un jour de repos). L’histoire a montré que l’être humain n’a pas pu entrer dans un rythme différent de celui prévu par le Créateur.
Sadin donne une définition pertinente de la sanctification du temps : « Chaque seconde qui passe va vers l’éblouissement messianique, chaque seconde a un sens (…) Le monde va vers son sens (…) La direction du monde va vers le sens profond de pourquoi il s’écoule. »
Il termine en relevant la leçon essentielle de cette Haftarah: « En prenant trop, on perd tout. Si on n’est pas capable de laisser un espace de Shemittah, un espace de retrait au conjoint, à un enfant, à un ami, on le perdra… l’espace de retrait étant la capacité de laisser à l’autre une part de mystère. »
Il approfondit la réflexion en affirmant que chacun doit avoir en lui une partie indicible, un lieu où il se retrouve seul avec Dieu. Cette activité spirituelle doit être « laissée en friche », c’est la liberté et le mystère propres à chacun, un espace permettant le ressourcement et arrachant l’homme à sa fonction… un septième qui n’est pas réduit à la fonction, sinon on assèche la terre et la soif spirituelle.
Lorsqu’un être humain ne s’intéresse plus à rien, qu’il est sans force et sans enthousiasme, c’est probablement qu’il a été asséché comme une terre dont la Shemittah n’a pas été respectée.
« Pour échapper à cet assèchement, à cette mort spirituelle, il est indispensable d’avoir un espace privé, un lieu de Shemittah où la fonction n’existe plus. Je suis quelqu’un qui a une relation verticale avec Dieu », ajoute Sadin.
Il conclut en disant : « Si on veut que la relation foisonne, il faut laisser à l’autre un espace, un mystère de solitude, de grandeur, une relation exclusive avec Dieu qui va lui permettre d’être un homme vivant, une femme vivante, qui va rendre la relation vivante. Ce système de kedoucha (sainteté) qui est partout doit exister en nous de façon existentielle par le fait qu’une partie de notre existence ne doit pas être fonctionnelle. Cela passe par une activité spirituelle. »
La Bessora: une Alliance allant vers son accomplissement
Les textes des évangiles rapportent plusieurs actions que Yeshoua a faites un jour de Shabbat. Dans Marc, il est question de guérisons et de délivrances reçues par beaucoup de gens. Luc, quant à lui, rapporte l’épisode dans lequel Yeshoua a lu un passage d’Esaïe 61, ajoutant: « Aujourd’hui cette parole de l’Ecriture, que vous venez d’entendre, est accomplie. »
Par cette affirmation, Yeshoua révèle l’entrée dans une année de grâce dont les fruits seront la guérison et la libération. N’est-Il pas en train de publier un Jubilé, année où les esclaves sont libérés, où les Israélites ayant dû vendre leurs terres les retrouvent ?
« … je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. » Matt. 5:17
Un premier accomplissement à relever est en lien avec la réalité de l’esclavage. En effet, l’être humain peut maintenant être pleinement libéré de l’emprise du péché et de la domination de l’ennemi pour retrouver l’entier de son héritage spirituel reçu à la Création.
L’apôtre Paul précise que l’esclave ayant donné sa vie au Seigneur est un affranchi de Dieu. Il ajoute que l’homme libre devient un esclave de Christ. Ainsi, la vraie liberté peut se définir de la façon suivante: « Est libre celui qui n’est plus sous la juridiction de Satan. Il devient alors capable de prendre des décisions en toute liberté. En faisant le choix de vivre dans la dépendance de l’Esprit, il lui est possible d’obéir pleinement à la volonté du Père pour sa vie. »
Un deuxième accomplissement est la profondeur du Shabbat qu’Adonaï veut donner à notre vie. « Le septième jour, la septième année, tous les sept fois sept ans » marquent un temps de repos qui n’est pas simplement la cessation d’un travail quotidien. Il est aussi une mise à part afin de se ressourcer, d’être au bénéfice d’une restauration, d’une restitution.
« Et cette femme, qui est une fille d’Abraham, ne fallait-il pas la délivrer de cette chaîne le jour de Shabbat ? » Luc 13:16
Introduction à l’alphabet hébraïque
TAV: vingt-deuxième consonne de l’alphabet
Sens premier: signe
Sens dérivé: marque sur le front, signe de vie qui porte vers la lumière
Valeur numérique: 400, couronne, réalisation, aboutissement d’une Vie
Chris
Le Filet du Maître est une association chrétienne interconfessionnelle qui a pour objectif de tisser un vaste filet d'hommes et de femmes de bonne volonté, unis ensemble, par des relations de cœur à cœur, et désirant servir pour le Royaume de Dieu... Elle a pour but de détecter les dons et les compétences de chacun, Leur apporter une formation théorique et pratique, Leur offrir le moyen de servir en équipe dans les églises, les cellules, et les groupes en connexion avec l'association à laquelle ils font appel pour son savoir-faire.


