Parasha 5 Haye Sarah… (Les étapes de la vie de Sarah…)
La Torah: Genèse 23:1 à 25:18
La Haftarah: 1 Rois 1:1 à 31
La Bessora: Marc 11:1 à 14
Matthieu 8:19 à 22
Mathieu 27:3 à 10
Luc 9:57 à 62
La Torah: notre instruction
Le contexte
Cette Parasha commence par nous rapporter la mort de Sarah et se termine par la mort d’Abraham, la postérité d’Ismaël achevant également la portion de cette semaine.
Entre-deux, nous lisons l’histoire de Rebecca dans Genèse 24.
Il y a plusieurs similitudes entre Abraham et sa future belle-fille.
Rebecca vient du même pays idolâtre qu’Abraham, Ur en Chaldée.
Comme Abraham, elle quitte son pays, sa famille et sa culture.
Tous deux ont choisi de laisser le passé derrière eux afin d’obtenir une meilleure promesse.
Par ses choix, Rebecca montre qu’elle rejoint la foi d’Abraham.
Nous la voyons quitter un monde idolâtre, un monde rempli d’idoles et gouverné par Nimrod.
Pour devenir l’épouse d’Isaac et lui donner une descendance qui allait devenir le peuple d’Israël, Rebecca devait avoir le même type de foi que son futur beau-père.
La promesse d’une terre et d’un peuple nombreux nécessitait une préparation importante.
Avant d’être choisie, la future épouse d’Isaac a dû passer par un test conséquent: donner à boire au serviteur d’Abraham, et abreuver les dix chameaux qui l’accompagnaient.
Un chameau assoiffé peut boire jusqu’à 200 litres d’eau !
Par conséquent, Rebecca a fait preuve d’une hospitalité hors du commun, à l’image du premier patriarche.
En agissant promptement et avec cœur, Rebecca a réussi le test qu’elle devait passer pour devenir l’épouse attendue.
Le serviteur, certainement Eliezer, savait que la future mariée devait être de la même trempe qu’Abraham pour arriver à construire la nation voulue par Dieu.
Il a donc prié le Seigneur, demandant ce test extrême comme critère de choix.
Un autre critère concernait l’origine de Rebecca. Elle devait être de la même lignée que Terach.
Tony Robinson l’exprime ainsi: « Adonaï a choisi Avraham Avinu pour devenir une grande nation puissante, caractérisée par la droiture et la justice…
Les générations d’Adam à Noé représentent les relations entre Adonaï et l’humanité dans son ensemble. Par la suite, à travers les descendants de Shem, Adonaï commence à traiter avec la famille de Terach, et plus particulièrement avec Avraham… Les généalogies nous enseignent que la future nation d’Israël doit provenir des descendants de Terach. Cela explique également la raison pour laquelle, à partir du chapitre 12, l’accent n’est pas uniquement mis sur Avraham. Il est beaucoup question de Loth, de Rebecca et d’autres, dans la mesure où ils sont aussi des descendants de Terach. »
Rebecca répond donc à ce critère étant de la descendance choisie.
Election remarquable sachant qu’elle a quitté un milieu idolâtre, comme Abraham l’avait fait avant elle. Une idolâtrie visible déjà chez son frère Laban, dont l’argent était une motivation centrale.
Selon Rachi, à partir du moment où Rebecca reçut de nombreux cadeaux, Laban et sa mère auraient essayé de retenir Eliezer pour lui soutirer encore plus de richesses.
Yves Coënne ajoute: « C’est dans ce contexte familial pas très glorieux que Rebecca a grandi. Mais elle ne s’est pas laissée corrompre par ce milieu… L’Eternel l’a préservée: elle était vierge et Il l’a préparée pour Isaac, le fils de la promesse. »
Gen. 24:67: « Il conduisit Rebecca dans la tente de sa mère. »
Cette expression veut dire que Rebecca a vite appris ce qu’une femme doit savoir et qu’elle a reçu l’héritage spirituel de Sarah.
Rachi dit: « Elle en était digne et avait été préparée pour cela. »
Elle devint la femme d’Isaac qui fut consolé de la mort de sa mère.
Avec la mort de Sarah puis d’Abraham, une page se tourne.
Un jeune couple se forme. La promesse va continuer à se concrétiser.
Par la suite Rachel, fille de Laban quittera aussi ce même milieu idolâtre pour aller dans le pays de son mari Jacob, pays promis à Abraham.
Comme nous l’avons vu dans la Parasha précédente, il faut d’abord quitter ce qui est ancien (le monde idolâtre, le confort… les lieux sur lesquels Dieu ne règne pas) afin d’entrer dans le nouveau.
Cette Terre Promise est l’image du Royaume de Dieu, cet endroit où nous Le laissons régner.
Nous verrons qu’à la troisième génération, le nom de Jacob sera changé en Israël. Par la suite, le peuple promis à Abraham qu’il a vu et salué de loin, apparaît alors. Héb. 11:13-16
Genèse 24
« Abraham cherche une épouse pour son fils unique. Il envoie Eliezer la chercher.
Dieu cherche une Epouse pour Son Fils unique. Il envoie le Saint-Esprit la chercher.
Genèse 24 est une image de la préparation de l’Epouse de la fin des temps. » Lucas Micciche
Rappelons que la Torah est prophétique. Elle décrit non seulement des événements qui ont réellement eu lieu, mais elle annonce aussi des événements à venir.
Héb. 10:1 nous dit qu’elle est l’ombre des choses à venir.
Dans ce sens-là, elle est prophétique. Elle nous enseigne sur la vie des descendants du peuple ainsi que sur la vie du Messie.
La Torah nous enseigne sur le Messie
Dans la Parasha Vayera, nous avons vu que la ligature d’Isaac était l’image prophétique du sacrifice de Yeshoua sur la croix.
Dans Genèse 24:63, nous voyons Isaac méditer, ce qui veut aussi dire prier. Il priait certainement pour sa future épouse.
En tant que Souverain Sacrificateur, Yeshoua prie également pour Sa future Epouse, afin qu’elle soit prête lors de Sa venue.
Le mariage d’Isaac et de Rebecca annonce donc les noces de l’Agneau.
Remarquons qu’après l’épisode de la ligature, la Torah ne mentionnera à nouveau Isaac qu’au moment de son mariage avec Rebecca.
On peut penser que le consentement d’Isaac à s’offrir volontairement comme un sacrifice a certainement fait partie d’une préparation pour son avenir, y compris celle de son mariage.
Son père l’a instruit dans les voies de l’Eternel, lui apprenant que notre vie ne nous appartient pas mais qu’elle appartient à Dieu.
La Torah nous enseigne sur des événements futurs
Dans cette Parasha, Abraham nous livre son dernier enseignement.
Il confie à Eliezer la mission d’aller choisir une épouse pour le fils unique !
L’histoire de Rebecca est appelée à nous ouvrir les yeux sur un grand mystère dont parle l’apôtre Paul dans Eph. 5:32 : « Ce mystère est grand; je dis cela par rapport à Christ et à l’Eglise. »
Il y a un parallèle saisissant entre Eliezer et le Saint-Esprit. Jean 14, 15 et 16
Tony Robinson fait remarquer d’autres éléments:
– Eliezer parle de son maître Abraham.
Le Consolateur rend témoignage de Yeshoua.
– Abraham envoie son serviteur pour qu’il instruise Rebecca appelée à devenir la mère d’une grande nation. Cette dernière sera lumière pour les autres nations. Le Sauveur du monde sera issu de cette nation.
Le Saint-Esprit est envoyé par le Père pour nous instruire sur le salut.
– Le serviteur décrit Isaac.
Le Saint-Esprit nous révèle le Fils.
– Le serviteur informe des promesses que Dieu a faites à Abraham.
Le Saint-Esprit parle des choses à venir.
– L’Epouse du fils unique ne doit pas être issue du pays de Canaan.
De même, l’Epouse de Christ doit sortir du monde idolâtre.
– Abraham envoie son plus fidèle serviteur pour aller la chercher.
De même, l’Esprit prépare l’Epouse pour l’Epoux.
– Rebecca a été préparée. Comme déjà dit, elle ne s’est pas laissé contaminer par le milieu idolâtre. Parce qu’elle était prête, sa réaction spontanée à la question posée: « Veux-tu aller avec cet homme ? » fut: « J’irai. » Gen. 24:58
L’Epouse en devenir est invitée à un choix semblable en disant:
Oui… allant ainsi jusqu’au bout du projet de Dieu pour les hommes ou
Non… préférant rester dans sa famille, sa culture et ses traditions.
– Rebecca était une vierge sortie d’un milieu idolâtre.
Pour devenir l’épouse du fils unique, Il fallait qu’elle ait les mêmes traits de caractère qu’Abraham, le père des croyants.
Pour devenir l’Epouse du Fils unique, il nous faut aussi avoir les traits de caractère du Père, recevant la même nature que Lui. Le Saint-Esprit opère ces transformations. Nous ne pouvons que nous laisser faire dans cette œuvre de re-création.
– Rebecca était prête à partir sur le champ ! Et ceci malgré un changement de culture important, une véritable mort à elle-même.
Même si à l’image de Rebecca, nous sommes sortis de l’idolâtrie, nous devons nous laisser transformer afin d’avoir la même nature que notre Epoux. Cette préparation est primordiale !
Nous lisons cette exhortation dans Rom. 12:2:
« Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. »
Préparons-nous encore…
2 Cor. 3:18 donne cet encouragement et cette promesse:
« Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l’Esprit. »
L’expression « de gloire en gloire » inclut aussi le sens d’étape en étape, de victoire en victoire afin de Lui ressembler.
Pour le choix d’une épouse en faveur d’Isaac, Abraham a donné des critères très clairs à Eliezer.
Ces indications sont aussi précieuses pour nous aujourd’hui, afin de devenir cette Epouse rayonnante et glorieuse.
L’épouse du fils unique qu’est Isaac n’aura pas une nature païenne.
De même, l’Epouse de Yeshoua doit quitter sa vieille nature et en particulier la mentalité gréco-romaine dans laquelle elle est née, afin de revêtir la nature de son Epoux.
Cette réalité a été rendue possible par le sacrifice de Yeshoua à la croix, mort non seulement pour nos péchés mais également pour nos héritages. 1 Pie. 1:18-19
Même si Rebecca vient des nations, elle a la nature d’Abraham.
Le fidèle serviteur l’a repérée au puits et l’amène vers Isaac.
De même, le Saint-Esprit vient nous chercher pour nous conduire vers l’Epoux afin de former un seul Corps.
Isaac a intercédé vingt ans pour avoir une descendance. Gen. 25:21,26
Sa prière devait être profonde et comprenait un enjeu essentiel: l’existence de la postérité promise à Abraham.
De nos jours aussi, l’intercession fait partie intégrante de la préparation à Son retour.
Etre prêt soi-même… mais aussi intercéder pour qu’un maximum de personnes reçoivent la révélation du Messie et entrent dans la VIE.
L’Epouse est appelée à vivre une profonde intimité avec Son Epoux.
Elle est invitée à vivre un retour aux racines juives de la foi, à recevoir la même nature que Son Epoux pour ne former qu’UN avec Lui.
Méditons ce que nous dit Paul dans le chapitre 11 des Romains.
Les versets 16 à 18 apportent un éclairage important:
« Or, si les prémices sont saintes, la masse l’est aussi; et si la racine est sainte, les branches le sont aussi. Mais si quelques-unes des branches ont été déchirées, et si toi, qui étais un olivier sauvage, tu as été enté parmi eux, et rendu participant de la racine et de la graisse de l’olivier, ne te glorifie pas aux dépens de ces branches. Si tu te glorifies, sache que ce n’est pas toi qui portes la racine, mais que c’est la racine qui te porte. »
Le Saint-Esprit travaille nos cœurs en nous révélant la nécessité de former un seul peuple avec Israël, nous préparant ainsi au retour du Messie, la Torah vivante.
Parce que Rebecca a été préparée, elle a pu reconnaître son futur époux sans l’avoir vu.
Nous aussi, préparés par l’Esprit, nous reconnaîtrons notre Epoux quand Il reviendra. Nous serons habillés dignement pour L’accueillir.
Réflexion et prière
– Par rapport à cette préparation commencée la semaine dernière, que quitter de paganisé dans ma vie ?
– Comment développer une intimité avec Lui, la Torah vivante ?
La Haftarah: un regard complémentaire
Un point commun important à relever entre la Torah et la Haftarah est celui d’un combat dans le domaine de l’élection.
L’ennemi essaie toujours d’écarter ceux qui sont choisis par Dieu afin de freiner, voire d’empêcher par tous les moyens le Plan du Seigneur de se réaliser. Son but est de régner à la place du Créateur.
Après avoir renvoyé Agar et Ismaël (Gen. 21:9-14) et envoyé au loin les fils de ses concubines munis de cadeaux, Abraham donne tout ce qu’il possède à Isaac. Gen. 25:5-6
Pour agir ainsi, il avait compris les dangers qu’il y avait à laisser ses autres fils côtoyer le fils de la promesse.
Dans 1 Rois 1, c’est un combat pour la royauté que nous découvrons. Adonija, frère aîné de Salomon, tente de s’attribuer cette position en se faisant proclamer roi, alors que David avait choisi Salomon pour lui succéder.
Face au choix confirmé de David, Adonija va se réfugier au temple, saisissant les cornes de l’autel. Ces dernières recevaient le sang d’un animal, montrant ainsi qu’elles étaient liées aux sacrifices, manifestant un symbole de grâce et de salut. Lév. 4:7
En agissant en opposition au roi choisi par Dieu, Adonija se rend coupable de rébellion et risque la mort. Dans sa miséricorde, Salomon promet d’épargner sa vie à condition expresse que le prétendant au trône ait une bonne conduite.
Chez tous les peuples païens, l’autel était un lieu de refuge où l’on se plaçait sous la protection divine. Mais la Torah n’admettait pas cet usage pour le peuple qu’Adonaï s’était choisi pour Le manifester au monde, (Exode 21:14) elle avait seulement établi des villes de refuge pour ceux qui avaient commis un meurtre involontaire. Par conséquent, si Salomon fait grâce à Adonija, c’est pure bienveillance de sa part.
La suite du récit montre que le frère du roi ne s’est pas repenti, quand il demande à épouser Abischag. 1 Rois 2:20-25
Cette requête peut paraître innocente à première vue. En réalité, elle manifeste que le royaume est mis en péril. Salomon se doit donc d’écarter celui qui est une menace pour le règne que Dieu a prévu et Adonija est mis à mort. 1 Rois 2:23-25
Les enjeux sont d’autant plus grands que le règne de paix de Salomon est une préfiguration du règne millénaire où Israël connaîtra enfin la paix face à ses ennemis.
A plusieurs reprises, les Ecritures affirment qu’il y aura toujours un successeur sur le trône du roi David, dans la mesure où ses descendants marchent de tout leur cœur dans les voies de l’Eternel.
1 Rois 2:4 ; 2 Chron.6:16 ; Pa.112:12
Le Messie promis, acclamé comme étant le fils de David lors de sa première venue, a pleinement respecté et accompli la Torah. Par conséquent, il est le successeur digne de régner sur Israël et sur le monde entier.
De nos jours, le combat se fait de plus en plus intense. En réalité, les temps troublés que nous vivons ne manifestent-ils pas un combat spirituel entre deux royaumes: le Royaume de Dieu ayant le Messie comme chef des armées de l’Eternel et le royaume de l’ennemi qui a toujours contesté ce Règne en voulant prendre la place de Dieu ?
Depuis la guerre qui a éclaté au Proche-Orient le 7 octobre 2023, plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer le cœur du problème: il s’agit en réalité d’une guerre spirituelle, d’une tentative manifeste des forces du mal de s’opposer au Règne qui vient.
A leur époque déjà, Abraham et Salomon écartaient les hommes qui tentaient d’usurper la place de ceux que Dieu avait choisis pour accomplir Son Plan.
La Bessora: une Alliance allant vers son accomplissement
Dans Marc chapitre 11, il est rapporté l’entrée à Jérusalem de Yeshoua monté sur un âne. Cet événement nous rappelle celui de Salomon assis sur une mule et proclamé roi. 1 Rois 1:33-35
Dans 1 Rois 1:37, il est écrit: « Qu’il élève son trône au-dessus du trône de mon seigneur le roi David. »
Cette acclamation fait étrangement penser à la foule accueillant Yeshoua avec des branches de palmier. Matthieu rapporte que le Messie aura un trône au-dessus de celui de Salomon: « La reine du Midi se lèvera, au jour du jugement, avec cette génération et la condamnera, parce qu’elle vint des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon, et voici, il y a ici plus que Salomon. » Matt. 12:42
C’est l’annonce de l’accomplissement ! La foule reconnaît deux choses:
– Yeshoua est Celui qui vient au nom du Seigneur. Dieu l’a donc Lui-même choisi pour régner.
– Yeshoua est le successeur de David. La promesse faite à David qu’il aura toujours un successeur sur son trône est en train de s’accomplir.
Les textes de la Bessora enseignent aussi que, pour suivre ce Roi, il est nécessaire de devenir un disciple, ce qui implique un prix à payer: quitter son confort, faire passer la relation avec le Seigneur avant toutes autres relations, « prendre congé des siens » en renonçant à regarder en arrière… afin d’aller annoncer le Royaume de Dieu. Matt. 8:19-22
En d’autres termes, il s’agit d’entendre l’appel adressé, appel pouvant être accompagné de persécutions, mais auquel s’attachent aussi de merveilleuses promesses et récompenses.
Le mot prophétique
« Adonija eut un entretien avec Joab (…), et avec le sacrificateur Abiatar; et ceux-ci se rallièrent à Adonija. Mais le sacrificateur Tsadoq (…), le prophète Nathan (…) et les vaillants hommes de David ne furent pas avec Adonija. » 1 Rois:7-8
Abiatar & Tsadoq… deux sacrificateurs de même rang, de même lignée, de même vêtement, de même consécration… Ensemble ils ramènent l’Arche de l’Alliance à Jérusalem. (1Chr. 15.11) Hommes de prière, appelés à porter la présence de Dieu au milieu du peuple, ils servent l’Eternel ensemble, attachés tous deux à David: Tsadoq (= le juste) et Abiatar (= mon père / l’abondance), le prêtre rescapé à la dette de reconnaissance envers David. 1 Sam. 22:23
Et pourtant… la royauté vacille, le trône est convoité, et voici Abiatar dans l’autre camp. C’est sa vie qu’il a ainsi jouée. Salomon sera clair: « … tu mérites la mort, mais je ne te ferai pas mourir aujourd’hui parce que tu as porté l’Arche du Seigneur l’Eternel devant mon père David, et parce que tu as eu part à tous les tourments de mon père. » (1Rois 2:26) Il garde sa vie, mais perd son sacerdoce. Destitué, dépouillé de sa prêtrise, il est banni, rejeté définitivement. 1 Rois 2:27
Abiatar & Tsadoq… deux sacrificateurs de haut rang au service de l’Eternel, ayant chacun reconnu l’onction sur David dès la première heure… aux destinées finales opposées.
David avait accueilli Abiatar alors en fuite par ces mots: « Reste avec moi, sois sans crainte, car celui qui en veut à ma vie en veut aussi à ta vie; près de moi tu seras bien gardé. » 1 Sam. 22:23
Cette parole est celle de Christ pour nous dans ces temps troublés où nos positionnements se font déterminants. Unis à Jésus, le regard fixé sur ce que fait le Père, l’oreille tendue sur ce que prie le Fils, pendant que nos pas suivent l’Esprit, le défi est majeur aujourd’hui. Notre sacerdoce est disputé ! C’est de notre vie dont il s’agit.
Justifier au Jour du Seigneur des miracles accomplis en Son nom, des arches que nous aurons portées, de l’aide et du soutien offerts au pauvre parmi nous, n’aura pas valeur d’immunité. Porter l’Arche même n’a pas valeur de passe-droit indiscutable. Seule la fidélité qui entraîne notre cœur à s’attacher à Christ jusqu’au bout est susceptible de nous ouvrir l’accès à une Eternité en Sa présence.
Etrange économie du Royaume où l’ouvrier de la dernière heure recevra le même salaire que les autres, mais où le serviteur de toujours sera laissé dehors s’il n’est pas trouvé fidèle au dernier jour.
La fidélité… le critère final. C’est elle qui nous lie si fort à un lieu, à une personne. Tsadoq dont le nom signifie « juste » est descendant d’Eleazar, le fils d’Aaron, lui-même fidèle à ce Dieu que son père va suivre. Par sa fidélité à David, Tsadoq devient l’image du juste qui s’attache fidèlement à son Dieu, qui s’accroche à Celui qui va le bénir.
Ezéchiel parlera de la lignée de Tsadoq comme les seuls sacrificateurs autorisés à se tenir dans la présence de l’Eternel, en raison d’un cœur droit, circoncis, ne s’étant pas pervertis comme d’autres lignées de prêtres : « Mais les sacrificateurs, fils de Tsadoq, qui ont pris soin du service de mon sanctuaire quand les Israélites s’égaraient loin de moi (…), ceux-là s’approcheront de moi pour être à mon service et se tiendront devant moi pour m’offrir la graisse et le sang… » Ez. 44.15-16
Être « un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple racheté » (1Pie. 2:9) c’est demander la grâce d’une loyauté, d’une fidélité capable de fixer les regards au-delà des pressions et de l’adversité, pour s’accrocher à Celui qui bénit. Le prêtre est celui qui sert d’abord Dieu dans le lieu saint avant de faire son service devant les hommes. Il est celui qui amène le ciel sur la terre. C’est ce que l’Ecriture affirme de nous… et ce dont l’humanité a tant besoin.
Quelques perles révélées à partir de l’hébreu
« La vie de Sarah fut de 127 ans: telles sont les années de la vie de Sarah. » Gen. 23:1
En hébreu, il est écrit: « La vie de Sarah fut de cent ans, vingt ans et sept ans, les années de la vie de Sarah. »
La langue hébraïque cherche ainsi à souligner des étapes de vie chez la première matriarche: une première étape de 100 ans, une deuxième de 20 ans et une troisième de 7 ans. Pourquoi trois étapes ? Cette question reste un mystère…
L’expression « telles sont les années » est donnée par le mot ְְש ֵֵני shney, pluriel de shana (semaine). En hébreu, shney peut se traduire par années ou deux. Ainsi, comme le relève Jacques Sobieski, une compréhension du texte pourrait être la suivante:
« Ainsi, Sarah (princesse, noble) représente deux vies:
– d’abord une vie terrestre avec la naissance du fils de la promesse, préfigurant le peuple d’Israël…
– ensuite une vie spirituelle avec la nouvelle naissance d’un «peuple réceptacle» duquel viendra sur terre, le Messie pour sauver toute l’humanité de ses péchés… »
Si un mot hébreu peut être traduit par plusieurs mots en français, il peut également avoir une signification profonde, ce qui donne un relief particulier au texte.
Ainsi le mot Makhpéla désigne le lieu où Abraham enterrera son épouse, mais est porteur d’une autre information si nous en creusons le sens: Makhpéla vient d’une racine (kaphal) qui veut dire double. La suite de l’histoire révèle que les patriarches enterrés à Hébron le sont par couple: Abraham et Sarah; Isaac et Rébecca; Jacob et Léa.
Quant au mot Béer-ha’hay-Roï, il signifie puits du Vivant qui voit. Comme son nom l’indique, ce lieu recelle vie et promesses. En effet, c’est l’endroit où les prières d’Agar ont été exaucées, où Isaac est allé prier alors qu’Eliézer était parti lui chercher une épouse. C’est aussi le lieu dans lequel il a séjourné après la mort d’Abraham.
Enfin, cette Parasha contient le mot vie dans son titre qui s’écrit ַַח ֵֵיי en hébreu.
ח (hét) désigne une barrière qui délimite l’intérieur de l’extérieur, marquant ainsi la séparation des choses. Elle a comme valeur numérique le 8, jour du renouveau, de la résurrection et de l’éternité.
ֵֵי (youd) signifie main. Cette lettre symbolise la création du monde par dix Paroles.
Sa valeur numérique, le 10, symbolise l’unité, une totalité et une plénitude.
En conclusion, le mot vie en hébreu est porteur d’un message large et profond. La main de Dieu et Sa Parole créent un jour nouveau, séparant ce qui est profane de ce qui est saint et annonçant la vie éternelle.
Elabortion et rédaction: Catherine Lambert
Vision et mot prophétique: Cathy Raeber Grobéty
Relecture et intercession: Hansjörg et Lucienne Wolfer
Mot prophétique: Cathy Raeber Grobéty
Relecture et intercession: Hansjörg et Lucienne Wolfer
Sources: Tony Robinson: www.restora5ono6orah.org
Lucas Micciche: www.bethyeshoua.org
Jacques Sobieski: www.bethyeshoua.org
Chris
Le Filet du Maître est une association chrétienne interconfessionnelle qui a pour objectif de tisser un vaste filet d'hommes et de femmes de bonne volonté, unis ensemble, par des relations de cœur à cœur, et désirant servir pour le Royaume de Dieu... Elle a pour but de détecter les dons et les compétences de chacun, Leur apporter une formation théorique et pratique, Leur offrir le moyen de servir en équipe dans les églises, les cellules, et les groupes en connexion avec l'association à laquelle ils font appel pour son savoir-faire.


