Parasha 8 

Vayishla’h… (Et il envoya…)

La Torah: Genèse 32:3 à 36:43

La Haftarah: Abdias 1:1 à 21

La Bessora: Marc 12:7 à 12

          Marc 12:13 à 17

          1 Corinthiens 5:1 à 13

          Apocalypse 7:1 à 12

 

La Torah: notre instruction

Cette Parasha commence avec le message que Jacob fait envoyer à Esaü. Elle se poursuit avec une rencontre mystérieuse et la réconciliation avec son frère.

L’histoire s’enchaîne avec le viol de Dina, la naissance de Benjamin sur la route de Bethlehem et les retrouvailles de Jacob avec son père Isaac. Elle se termine avec la descendance d’Esaü qui est Edom. Gen. 36:1-5

 

Un enjeu majeur de cette Parasha est celui du choix. Jacob et Esaü ont pris des décisions très différentes. Les conséquences en ont été considérables.

 

Le choix de Jacob

 

Lorsque Rebecca était enceinte des jumeaux, le texte dit « qu’ils se heurtaient » dans son sein. En réalité, le terme hébreu parle de « se fracasser ». Gen. 25:22

C’est pourquoi, elle est allée consulter l’Eternel qui lui a répondu: « Deux nations sont dans ton ventre, et deux peuples se sépareront au sortir de tes entrailles; un de ces peuples sera plus fort que l’autre, et le plus grand sera assujetti au plus petit. » Gen. 25:23

Plus tard nous lisons que les yeux d’Isaac s’étaient affaiblis au point qu’il ne voyait plus. 

Gen. 27:1

Cette cécité n’était pas uniquement physique mais avait aussi un aspect spirituel: Isaac était prêt à donner la bénédiction à Esaü plutôt qu’à Jacob, héritier de la promesse.

Pour concrétiser la promesse faite à Abraham, Dieu a choisi Jacob. Le caractère de ce dernier contribue certainement à la décision divine.

Le deuxième fils d’Isaac et de Rebecca était un homme habitant « sous les tentes », cela revient à dire qu’il méditait les paroles reçues de Dieu.

Son cœur était alors nourri et certainement rempli de bonnes dispositions à l’égard du projet divin. L’Eternel ayant parlé à Rebecca lorsqu’elle était enceinte, elle devait aussi être particulièrement sensible à la volonté de Dieu.

Tous deux ont donc senti le danger lorsqu’Isaac a envoyé Esaü à la chasse. Il se préparait à donner sa bénédiction à Esaü, lui que l’Eternel n’avait pas désigné comme héritier de la promesse. Il fallait empêcher la décision d’Isaac d’aboutir. Gen. 27:3-4

Jacob n’a donc pas volé la bénédiction. C’était la volonté de Dieu qu’il la reçoive. Elle faisait suite aux promesses données à Abraham et à Isaac.

Par conséquent, Jacob suit les conseils de sa mère, se rend chez son père qui ne voit plus afin d’obtenir cette bénédiction.

Dans la suite du récit, nous observons une synchronisation parfaite: au moment où Jacob quitte son père après avoir été béni, Esaü rentre de la chasse et prépare le gibier.  

Isaac était prêt à donner sa bénédiction à Esaü alors qu’il est écrit quelques chapitres plus loin: « Esaü, c’est Edom. » Gen. 36:1,8,1 Dieu n’a pas permis que cela se passe. 

L’Histoire confirme qu’il n’est pas possible de négocier avec Edom 

Que fallait-il que Jacob fasse ? Son père aurait-il changé d’avis si Jacob lui avait parlé, rappelé la promesse du Seigneur et Son plan ? Ou cette bénédiction était-elle à arracher ?

Jacob était orienté dans la bonne direction, même si son comportement devait certainement être encore purifié.

Avant de devenir Israël, il a dû passer par un émondage, une métamorphose profonde. L’origine de la nation devait être posée sur des bases saines et solides.

L’épisode de la lutte de Jacob avec l’ange fait partie de cette transformation nécessaire. 

Gen. 32:24-32

En hébreu, le sens des mots est très important. Le nom dit quelque chose de la personnalité et de la destinée de celui qui le porte.

Jacob (qui veut dire usurpateur, qui talonnera) devient Israël, le prince de Dieu, le vainqueur de Dieu.

Peniel signifie face de Dieu. C’est le nom donné par Jacob au lieu où il a lutté avec l’ange. 

Selon un commentaire de Tony Robinson, Jacob avait besoin d’une rencontre et d’une réconciliation avec Esaü afin de continuer son chemin pour devenir la nation que Dieu avait en vue. En début de nuit, il doit se battre pour apprendre à ne pas fuir la situation qui est devant lui. En fin de nuit il lutte, ne voulant pas quitter ce lieu avant d’être béni.

C’était une manière de dire : « Je n’y arriverai pas tant que je n’aurai pas Ta bénédiction. »

La Torah mentionne quelques points de cette métamorphose:

Jacob ne « talonnera » plus pour que le plan de Dieu s’accomplisse

Alors que l’aurore se lève, il demande la bénédiction de Dieu. 

Tony Robinson ajoute:

C’est comme s’il disait: « Je vais suivre ta voie mais je sais que je n’y arriverai pas tant que tu ne m’auras pas béni. Je ne bougerai donc point tant que je n’aurai pas eu ta bénédiction. »

Son nom est changé

Il devient Israël ce qui signifie: Dieu s’est montré fort, Prince de Dieu ou encore Dieu prévaut, lutteur avec Dieu.

Dans la pensée juive, lorsqu’il est question de Jacob, il s’agit de l’homme, le père de famille, alors qu’Israël désigne le peuple en devenir ainsi que sa destinée.

Jacob se met dans une position de serviteur face à Esaü  Gen. 33:1-15

– Il se prosterna en terre sept fois. v.3

– Il dit: « ce sont les enfants que Dieu a accordés à ton serviteur. » v.5

Les servantes et leurs enfants se prosternèrent. v.6

– Léa et ses enfants, Jacob et Rachel se prosternèrent. v.7

– « Accepte de ma main mon présent car c’est pour cela que j’ai regardé ta face comme on regarde la face de Dieu. » v.10

– « Accepte donc mon présent. » v.11

– Il l’appelle « mon seigneur. » v.13, 14

– Il se considère comme le serviteur d’Esaü.  v.14

– « Que je trouve seulement grâce aux yeux de mon seigneur. » v.15

 

Séir signifie « seigneur » en akkadien (cette langue fait partie de la famille des langues sémitiques parlées en Mésopotamie). Séir est la région montagneuse où s’est installé Esaü après avoir quitté le pays de Canaan.

 « Par ces paroles et attitudes, plusieurs éléments sont à signaler:

– La demande de pardon, l’humilité de la part de Jacob envers Esaü.

– Cette attitude a suscité une transformation chez Esaü.

Nous pouvons dire que la bénédiction change autant Jacob qu’Esaü.

La lutte avec l’ange est la clé de compréhension de la transformation de Jacob en Israël et d’Esaü en un homme enclin à pardonner à son frère. Esaü a changé car Jacob a changé. Jacob a compris qu’il devait avoir une attitude de service pour diriger. » Tony Robinson

 

Jacob est devenu Israël, prince de Dieu. Il appartient vraiment à Dieu par la foi. Le vœu qu’il avait fait à l’Eternel en quittant ses parents s’accomplit. Gen. 28:20-22

Après sa réconciliation avec Esaü, Jacob s’installe pour un temps à Succoth (ce qui signifie « tentes »). 

A cet endroit, il élève un autel qu’il appelle El-Elohé-Israël, ce qui veut dire « Dieu est le Dieu d’Israël ». Gen. 33:20 Ainsi Dieu est devenu son Dieu. Son vœu est confirmé. 

Il se rend ensuite à Sichem dont la signification est « épaule de la colline ». C’est là qu’a lieu le viol de Dina. Gen. 34

Poursuivant ses pérégrinations, il arrive à Bethel (rêve de l’échelle). Rachel accouche sur le chemin de Bethlehem. Jacob poursuit sa route en direction de Migdal-Eder (Migdal = la tour, Eder = le troupeau) puis arrive enfin à Mamré (= vision, vigueur) où il retrouve son père Isaac.

Ce changement en profondeur concerne chacun de nous

Yeshoua a dit à Ses disciples que tous ceux qui veulent être premiers doivent devenir serviteurs de tous. Matt. 20:26 et Matt. 23:11

Avec notre consentement, l’Esprit est prêt à continuer de nous transformer à l’image de Yeshoua afin que des changements profonds s’opèrent dans nos cœurs et que nous grandissions dans cet esprit de service, ce qui nous conférera une autorité plus grande de la part du Seigneur. 

Ce changement est également vrai pour les familles, les pays.

L’Israël d’aujourd’hui, appelé à être lumière des nations, doit aussi passer par cette métamorphose.

« Sur le plan prophétique, la nation juive ne sera jamais respectée par les pays arabes tant qu’elle ne sera pas transformée en Israël, celle qui l’a emporté sur Elohim. Israël devra être le serviteur des nations, car c’est son appel. Cela arrivera seulement lorsque le peuple d’Israël sera rassemblé par le Messie, Yeshoua. La paix avec Esaü pourra alors avoir lieu. » Tony Robinson

 

Le choix d’Esaü 

Comme nous l’avons vu, Jacob a été transformé dans sa manière de voir Esaü et l’a signifié par son comportement. 

Esaü a été touché par l’humilité et la repentance de son frère. Il l’a embrassé et a voulu l’accompagner sur le chemin du retour. Rachi traduit Gen. 33:12 par: « J’irai à ton côté » plutôt que « J’irai devant toi ». Esaü voulait marcher à côté de son frère, être en accord avec lui.

Par la suite, il a fait d’autres choix. Il a quitté le pays de Canaan et son père (Gen. 36:6) pour habiter le pays de Séir qui deviendra le pays d’Edom.

Il s’en alla loin de Jacob, son frère. Cela signifie qu’il voulait aussi s’éloigner spirituellement de Jacob.

Selon Rachi, Esaü s’est rendu compte qu’il avait perdu son héritage par sa propre faute et en avait honte. Il estimait ne plus avoir le droit d’être avec son frère sur cette terre où il avait vécu. C’est pourquoi il est écrit qu’il s’en alla loin de Jacob.

Si Esaü ne montrait plus d’agressivité envers Jacob, il n’en sera pas de même avec sa descendance. Amalek, comme descendant d’Esaü, en est l’exemple. Gen. 36:12

A plusieurs reprises, les Amalécites se comporteront avec violence contre la descendance de Jacob. Par la suite, la descendance d’Esaü sera appelée « Edom ».

Esaü, c’est Edom est-il répété à plusieurs reprises, comme si l’Eternel insistait sur une prise de conscience nécessaire.  Gen. 36:1,8,19

Ce peuple se comportera avec dureté et violence à l’égard d’Israël. Jér. 49:7-22

Par les prophètes, nous voyons qu’Esaü s’est condamné lui-même.

Ez. 35 – Amos 1:11-12 – Abdias – Es. 34 – Ez. 25:12-14

Pourquoi Dieu a-t-Il à cœur de nous dire qu’Esaü c’est Edom ? Que sommes-nous appelés à comprendre concernant Edom ?

Esaü et Jacob deviendront Edom et Israël, représentant ainsi les deux nations ennemies annoncées à Rebecca. Esaü devenu Edom a toujours combattu la volonté de Dieu concernant la destinée d’Israël. Cette manifestation du refus du plan divin a pris plusieurs visages au cours du temps. Nous sommes au cœur de ces enjeux aujourd’hui !

Lorsque Jacob devient Israël, c’est la naissance d’un peuple qui est en jeu. C’est un commencement nouveau.

 

Réflexion et prière

– Jacob a lutté avec l’ange. Comment vivre nos luttes ?

– Jacob a été béni. Qu’est-ce qui amène la bénédiction dans ma vie ?

– Dans ces temps mouvementés, quel nouveau chemin prendre ?

La Haftarah: un regard complémentaire

Le texte proposé est celui d’Abdias, le livre le plus court du Tanakh. Il relate la relation d’Esaü et de Jacob dans l’histoire du salut.

Dès les premiers versets, l’Eternel annonce qu’Il va détruire Edom car ce dernier a usé de violence envers son frère Jacob. Cette dualité entre frères n’est pas nouvelle. Elle existait déjà entre Caïn et Abel. Rony Akrich fait remarquer que Caïn était nombriliste et égoïste. Par conséquent, il devait apprendre à écouter son prochain. Quant à Abel, il avait conscience de l’existence de son frère aîné et devait donc apprendre à parler. Au final, Caïn n’entendra rien et Abel ne parlera pas. Akrich poursuit en disant que les deux frères sont dans un dialogue de muets, précisant qu’en hébreu muet se dit ilem et violent alim. Ainsi, quand il n’y a pas de communication, la violence éclate. Tant chez Caïn et Abel que chez Esaü et Jacob, la problématique n’a pas été réglée, la violence ayant engendré une incapacité de s’écouter.

Ces situations non résolues chez Esaü ont engendré des comportements répréhensibles chez ses descendants. En effet, Edom se voit reprocher de la violence ainsi qu’un choix de se tenir loin du désespoir de son frère… Ce qui va causer la perte d’Edom c’est « l’attitude de non-attitude et des non-dits », conclut Akrich. A propos d’Edom, il s’interroge en paraphrasant le verset 14: « Comment n’as-tu pas pu prendre en considération ces fuyards qui voulaient devenir des immigrants ? »

L’iniquité, le profit, le mensonge manifestés par l’ennemi d’Israël ne peuvent pas avoir d’avenir; par conséquent, ils doivent être détruits.

Si les deux frères se sont réconciliés, leurs descendants sont toujours restés en guerre: le combat pour être dans la position de l’aîné demeure jusqu’à ce jour. Edom dont la racine hébraïque peut vouloir dire rouge ou sang (sang se dit dam et rouge adom) est un nom associé à la violence. La bénédiction que Jacob va donner à son fils aîné sera d’ailleurs aussi liée à l’épée. Gen. 27:39-40 

Lorsqu’Esaü parle du potage qu’il veut manger, il le nomme « ce roux-là », en lien avec les lentilles. Mais derrière cette expression, c’est la couleur du sang et de la violence que les commentateurs y voient. Gen. 25:30 

Précisons que le mot traduit par « manger » a un sens très fort en hébreu. Ce mot n’apparaît qu’une fois dans le Tanakh et veut dire « s’empiffrer ». Le mot Edom est donc relié à la couleur du potage qui renvoie à la gloutonnerie de celui qui a vendu son droit d’aînesse pour un mets. 

 

D’après des données rabbiniques très anciennes, Edom c’est Rome.

Selon le midrash (méthode d’exégèse rabbinique), Romulus et Remus avaient une ascendance édomique. L’Histoire montre d’ailleurs que la civilisation romaine, basée sur la violence et le sang, s’est incarnée dans les empires qui lui ont succédé. Il est interpellant de découvrir que le mot « Occident » vient du mot « occir » qui veut dire tuer.

Ainsi, l’épée d’Esaü, condition de sa survie, sera maniée sans ménagement par ses descendants. Plusieurs prophètes (Amos, Esaïe, Jérémie, Ezéchiel, Malachie) apporteront des messages de condamnation à ce peuple rempli d’orgueil et de fausse assurance. Abdias reprend une prophétie de Jérémie (Jér. 49:7-22) pour souligner ce qui arrivera à Edom. 

Ce prophète annonce aussi le jugement qui attend toutes les nations à la fin des temps et dont Edom est le précurseur. Abdias 1:1

Son message illustre des vérités fondamentales de la révélation biblique: le règne souverain de Dieu (v.21), l’élection d’un reste à qui le Seigneur veut faire justice.

A l’Israël de Dieu est promis le salut, la restitution des héritages ainsi que la manifestation du règne de l’Eternel. v.17, 21

 

La Bessora: une Alliance allant vers son accomplissement

Les passages retenus pour la Bessora soulignent également une notion de combat entre le Royaume de Dieu et celui des hommes rebelles à Son autorité.

Dans l’Evangile de Marc, Yeshoua raconte la parabole des vignerons qui ne respectent pas l’autorité de leur maître allant jusqu’à tuer son propre fils. Il est intéressant de noter que ce récit se situe entre l’autorité de Yeshoua contestée par les responsables religieux qui lui demandent « Par quelle autorité fais-tu ces choses ? » (Marc 11:28) et ces mêmes hommes qui le tentent en lui demandant « Est-il permis ou non de payer le tribut à César? » Marc 12:14

Yeshoua déjoue ces pièges en montrant que l’autorité déléguée par Dieu est en rapport avec la mission qui est confiée.

Dans l’épître aux Corinthiens, le combat se situe à l’intérieur du croyant qui tolère le péché et le mélange. Paul encourage les personnes concernées à faire disparaître le vieux levain qu’est le péché afin de devenir une pâte sans levain, empreinte de pureté et de vérité.

1 Cor. 5:7-8 

Il ajoute que notre responsabilité n’est pas de juger « ceux du dehors » mais « ceux du dedans »… juger signifiant donner l’occasion à une brebis de changer, de grandir, tout en préservant la santé de tout le troupeau afin qu’il ne soit pas contaminé. 1 Cor. 5:12

Dans Apocalypse 7, on voit se profiler la manifestation de la victoire divine sur le mal. Quatre anges reçoivent l’ordre de retenir les quatre vents de la terre jusqu’à ce que les serviteurs de Dieu soient marqués d’un sceau sur le front. 

Peu après, une grande foule crie devant le trône: « Le salut est à notre Dieu qui est assis sur le trône, et à l’agneau. »  Apoc. 7:10

D’un même coeur, les anges adorent Dieu: « La louange, la gloire, la sagesse, l’action de grâces, l’honneur, la puissance, et la force, soient à notre Dieu, aux siècles des siècles ! Amen ! » Apoc. 7:12

 

Le mot prophétique

Jacob ou Israël… récit d’un combat fondamental, d’une lutte indispensable, d’une confrontation féconde. La lutte sera âpre, persévérante et décisive. Jacob y gagnera la bénédiction désirée, mais plus encore c’est un nom nouveau qui dira combien cette lutte a fait de lui un autre homme. Un homme nouveau qui se lève, dans une nouvelle identité… 

Dans le corps-à-corps de cette nuit, c’est bien un face-à-face avec Dieu qui va permettre aux promesses faites à ses pères de s’accomplir. De ce combat étrange qui marquera à jamais Jacob dans sa chair, c’est un peuple qui voit le jour. Cette lutte devient naissance, un peuple est amené à l’existence…. Israël « le peuple que l’Eternel s’est choisi » …. « le moindre parmi tous les peuples »… Un peuple dont le nom, pourtant, dit l’identité profonde: « celui qui a lutté avec Dieu… »

Cette lutte traversera toute son histoire. Etre le peuple de l’Eternel, c’est être mis à part, sanctifié pour une destinée qui se distingue par une singularité difficile à assumer. Le prix de la différence est élevé. C’est à ce prix que ce peuple traversera les siècles, résistant à toute assimilation. Un vrai miracle !

En 1948 il se trouve replanté sur sa terre. Retour d’un long exil… nouvelle saison qui verra le pays reverdir, une armée se lever, un vent de créativité souffler, faisant de lui l’un des pays les plus innovants, dont les inventions seront bénédiction pour les nations. Temps de restauration après une Seconde Guerre mondiale dévastatrice. 

Et aujourd’hui ? Qu’est devenu l’appel premier de l’Eternel disant: « Si vous écoutez ma voix et si vous gardez mon Alliance, vous m’appartiendrez en propre (…) vous serez pour moi un royaume de sacrificateurs, une nation sainte. » Exode 19.5-6  

« Sur le plan prophétique, la nation juive ne sera jamais respectée par les pays arabes tant qu’elle ne sera pas transformée en Israël, celle qui l’a emporté sur Elohim. » Tony Robinson

Etre transformée en Israël… à l’image de son ancêtre Jacob dont la lutte avec l’ange précéda la réconciliation avec le frère ennemi. Etre transformée en Israël, recevoir un nom nouveau, signifierait donc la transformation incontournable pour devenir à la fois saint… et sacrificateur … Ceci afin de réunir ce qui est divisé et séparé…

A qui s’adresse ainsi l’appel de la sacrificature ? Moïse l’adresse au peuple juif à sa sortie du désert… et Pierre, aux croyants des nations. 1 Pierre 2.9                             

Israël n’est donc plus seul à porter cet appel, c’est l’ensemble de ceux qui appartiennent à l’Eternel qui sont inscrits dans cette destinée d’exception: être un peuple saint, à l’image de leur Dieu. C’est le peuple élu rejoint par le peuple des élus qui devient le porteur d’une Lumière pour les nations. 

Se pourrait-il que ce soit dans l’union entre les deux que se joue le salut du monde ? Serait-ce dans la réconciliation d’Israël et de l’Eglise que résiderait le secret de Son retour ?

Israël le serviteur souffrant, à l’image de son Messie… et l’Eglise, corps de croyants soumis à Christ, la tête… Oui, certes ces deux peuples ont un appel commun et un Dieu unique, l’Eternel. Réconciliation impensable que seule une transformation magistrale rendrait possible… une transformation radicale, un changement d’identité de chacun de ces deux peuples aujourd’hui, la séparation des siècles s’étant faite si profonde et définitive.

La réconciliation entre l’Eglise et Israël c’est la nôtre, chacun est concerné. La bénédiction en serait-elle la clé ? Désirer à tout prix la bénédiction de Dieu… au point d’en devenir une personne nouvelle, dont l’identité deviendra source d’unification, de réconciliation. Ce pourrait bien être là le plan d’origine sur le cœur d’un Père qui toujours unit et réconcilie les siens.

Quelques perles révélées à partir de l’hébreu

Le mot « Israël » ressemble au mot « yeshareélah ». Les deux mots sont composés des mêmes consonnes hébraïques: /s/, /r/, /l/

Comme déjà mentionné, Israël signifie: Dieu s’est montré fort, Prince de Dieu ou encore Dieu prévaut, lutteur avec Dieu.

Le mot yeshareélah signifie droit devant Dieu. Il a une consonne de plus à la fin, le « hé », cette consonne hébraïque ayant comme sens premier « le souffle ». Le souffle indique toujours la présence d’Adonaï. Ainsi Dieu a rendu Jacob, devenu Israël, droit devant Lui. 

Sources Yves Coënne

 

Séir, lieu de résidence d’Esaü, signifie velu, ébouriffé, broussailleux. Sources: EMCI TV

Il peut aussi vouloir dire bouc (sayir).

Souccoth, lieu où s’installe Jacob, sont les tentes en hébreu. Jacques Sobieski commente:

« Souccoth représente la fin d’un parcours:

– pour Jacob

– du peuple hébreu qui partira en Exode 400 ans plus tard

– de toute une vie dans le Seigneur: cette fête représentera aussi, pour tous les peuples, la fête qui représente la protection définitive de Dieu sur chacun. »

 

Avant sa lutte nocturne avec un homme, Jacob fait passer le torrent de Yabboq à toute sa famille. Gen. 32:22-24

Passer se dit Abar et a la même racine que Eber qui signifie de l’autre côté.

Jacques Sobieski fait remarquer qu’Abar indique le caractère des Hébreux, voulant dire: qui provient de l’autre côté, qui traverse.

Ainsi le nom Eber, de l’autre côté, montre déjà à l’avance que ce peuple hébreu ne fait pas partie des nations mais qu’il est de l’autre côté, de l’au-delà, remarque cet enseignant.

 

Pour terminer, ajoutons que Yabboq signifie: celui qui se vide, qui coule.

« Là où doit passer le peuple hébreu, quelque chose va se passer, un prix devra être payé, et ici c’est le Yabboq qui va devoir en payer le prix du dépouillement (…) Si on veut prendre possession d’un héritage qui est le nôtre, ou tout simplement d’une promesse que Dieu nous a faite, il nous faut entrer dans le torrent. » Jacques Sobieski

 

Elabortion et rédaction: Catherine Lambert
Vision et mot prophétique: Cathy Raeber Grobéty
Relecture et intercession: Hansjörg et Lucienne Wolfer

Mot prophétique: Cathy Raeber Grobéty

Relecture et intercession: Hansjörg et Lucienne Wolfer

Sources:  Tony Robinson: www.restora5ono6orah.org

Lucas Micciche: www.bethyeshoua.org

Jacques Sobieski: www.bethyeshoua.org

Chris

Le Filet du Maître est une association chrétienne interconfessionnelle qui a pour objectif de tisser un vaste filet d'hommes et de femmes de bonne volonté, unis ensemble, par des relations de cœur à cœur, et désirant servir pour le Royaume de Dieu... Elle a pour but de détecter les dons et les compétences de chacun, Leur apporter une formation théorique et pratique, Leur offrir le moyen de servir en équipe dans les églises, les cellules, et les groupes en connexion avec l'association à laquelle ils font appel pour son savoir-faire.