« Laisse la colère, abandonne la fureur, ne t’irrite pas, ce serait mal faire, car les méchants seront retranchés, et ceux qui espèrent en l’Eternel possèderont le pays ». Ps 37 ; 8-9 Il y a de nombreuses façons pour aborder l’été. Si l’on travaille en ville, le travail se fera à un autre rythme mais on gardera avant tout, le souci de maintenir un minimum d’activité. Si l’on vit à la campagne, le travail à la ferme sera des plus intenses et il y aura fort peu de place pour souffler, à moins que l’on travaille en équipe si c’est un travail saisonnier.

Cependant je pense que la plupart d’entre nous, ont l’occasion en été de souffler, et prendre un autre rythme dans ses activités, professionnelles ou non. Puis il y a tous ceux qui parmi nous, ne travaillent pas, ou ne sont pas astreints à un travail aux horaires réguliers. C’est pourquoi, cette période de l’été est indispensable pour le repos de notre corps mais aussi pour  fortifier  notre âme.

Pour toutes sortes de raisons (pressions familiales, professionnelles et financières, problèmes de santé, l’entourage, les divers engagements…), notre corps et notre mental sont véritablement emprisonnés par  un environnement qui nous laisse fort peu de répit, de moments de solitude, de silence, de quiétude. De plus, nous avons pris l’habitude de nous laisser agresser par les mauvaises nouvelles (médias, entourage…) et doucement, nous construisons autour de nous une espère de carapace pour échapper aux agressions  externes… sans parler du bruit, qui est aussi un dangereux agresseur !

C’est pourquoi, l’été est la saison que nous préférons tous. Mais un autre danger nous guette : les fausses détentes où nous pouvons aussi nous étourdir pour uniquement nous faire oublier le quotidien. Derrière ces fausses détentes se cachent des idoles.

Mais oublier le quotidien n’est pas une mauvaise chose, aussi longtemps que l’on sache revenir à notre réalité. C’est pourquoi, le Seigneur a donné le shabbat à son peuple. Le shabbat était si important parmi les commandements de D.ieu. C’était un ordre, et cet ordre a dans les Ecritures une valeur de libération pour le corps comme  pour l’âme. Le Shabbat est avant tout relationnel. Il est un acte social et il nous relie à Dieu car il est une forme de louange qui s’exprime dans la  joie et la jouissance de la création de Dieu. Le shabbat, nous aide à relativiser les six jours de sueur, de tension et de fatigue. Il commémore le premier acte de Dieu : sa création en six jours. Cet acte trouve sa source dans sa grandeur et sa miséricorde.

Le shabbat, comme toutes les années sabbatiques, nous renvoie à la manifestation de la grâce de Dieu qui fut accomplie pour nous en Jésus Christ à Golgotha, et jusqu’au matin de Pâques. En tant que disciples de Christ, nous comprenons alors, que tout est accompli en Christ, et que par conséquent la création est comme « parachevée » en Christ. Il nous est possible de vivre nos shabbat, nos vacances comme notre été, comme un avant- goût du millénium, où la création vivra alors en parfaite harmonie, lorsque Jésus sera revenu sur terre, et règnera sur toute la création.

Mais concrètement que signifie, en tant que disciple de Jésus, vivre la saison de l’été, avec (ou sans) ses vacances. Un temps où nous pouvons vivre le temps sans qu’il nous soit imposé, et rechercher ce qui nous a le plus manqué. Les relations ou au contraire, la solitude. Un temps où le temps devient plus élastique, un temps où les relations avec la famille, les amis, sont meilleurs. Un temps où le temps avec le Seigneur devient plus libre dans la louange, dans la consécration et dans l’écoute. En cette saison où la vie explose à travers la beauté et  l’exubérance de  la création, celle-ci  raconte la gloire de Dieu. Mais aussi faut-il savoir la contempler, et même la rechercher à travers des voyages, de belles randonnées ou toutes sortes de découvertes.  Malgré la main de l’homme, si enclin à souiller tout ce que Dieu a créé, la création garde  la marque, la signature de son Divin Auteur.

Voilà déjà la rentrée qui approche, voilà le temps où de nouveaux engagements vont être pris. Il faut l’été, avec ses longs moments de réflexion, de communion, de louange aussi, pour se préparer à redescendre dans nos réalités sociales et humaines.

Quel départ devons-nous envisager pour cette rentrée ? Il serait si simple si nous avions à suivre une course comme pour un marathon. Bien que le principe soit le même, il nous faut cependant reconnaître que notre départ, pour nous engager de nouveau dans les combats de la vie, et triompher des obstacles, est infiniment plus compliqué que pour un Marathon. Cependant, pour que le départ soit bon, c’est là que se trouve notre rendez-vous avec l’été. Qu’est-ce donc que vivre un shabbat avec l’été ? Quelle place le Seigneur va tenir durant cette saison ? Là où se trouvent mes faiblesses, c’est là où le Seigneur veut mettre sa force. Or l’été est la meilleure saison pour se retrouver face à face avec Dieu, et lui crier nos limites.  Dans ces temps où le Seigneur veut visiter son peuple, l’été est aussi une saison d’une extraordinaire opportunité non seulement pour prendre d’importants engagements avec Dieu ou son entourage, mais plus encore, pour être guéri. L’été c’est la saison par excellence des pardons donnés, des mises au point, des temps intenses d’écoute et de murmure avec D.ieu où solitudes imposées et temps de partages fructueux, s’entremêlent et se nourrissent mutuellement. L’été ne finit pas le 21 Septembre, non, il finit dans notre cœur, lorsque les engagements, les décisions (parfois les renoncements aussi), basculent soudainement lorsque la trompette de départ a sonné. Nous attendions une autre vie, au départ des vacances, et doucement le Seigneur nous a fait regarder notre avenir avec Lui, où le « Tout accompli » de Jésus, nous a redonné la paix. Cette paix  qui s’est transformée en force, en courage pour regarder en face le retour dans la vallée, avec dans notre cœur, cette assurance que tout est sous son contrôle et que sa justice l’emportera sur les murs qui semblent parfois se dresser autour de nous. Alors, restons pleins d’espoir, de foi et de courage, nourris par les richesses de cet été pour affronter le labeur et les engagements de nos vies.

 

Pierre-Daniel MARTIN



Bao (Alice) Tan